30Déc/11Off

Impressions chiliennes et argentines

Chili

Ce pays tout en longueur s'étale sur pas loin de 5000km. Des parcs désertiques du Nord au Cap Horn à l'extrémité sud, la variété des paysages est énorme et d'où qu'on soit, on peut avoir une vue sur la Cordillère. Malgré cette taille impressionnante, le pays reste à échelle humaine, jusqu'à sa capitale, Santiago, où il fait bon flâner. Nous y avons rencontré les gens les plus charmants du voyage et nous savons déjà que nous y reviendrons.

Les plus Les moins
La Carretera Australe, un paradis pour les cyclos Les gens du Nord, surtout les atacamenos un peu froid
Les parcs désertiques du Nord avec leurs volcans enneigés et leur vigognes. Torres del Paine est magnifique mais beaucoup de monde et l'accès assez cher
Les gens du Sud et leur hospitalité impressionnante les agences chiliennes non fiables. 3 sorties, 2 annulées en dernière minute ...
La forêt de Cochamo, ses arbres gigantesques et ses ballades aériennes
Puerto Williams et le circuito de las Dientes, le vrai bout du monde
Chiloe et ses habitants
La tranquille Santiago
Les pinguoins de Punta Arenas
L'observation des étoiles à San Pedro de Atacama
les vins Chiliens
la région des lacs entre lacs et volcans enneigés
La simplicité de ce pays où tout est possible

Ce qu'on aurait voulu faire

  • Gravir un sommet dans la region des lacs comme l'Osorno
  • Aller voir les fjords chiliens
  • Faire un tour du côté d'Iquique au centre du pays

Indépendance énergétique

La Patagonie est une région sauvage et peu peuplée mais qui offre de nombreuses ressources à ceux qui ont l'envie de s'y installer. Ses habitants y ont appris à être autonomes et auto suffisants. Voici quelques images des solutions les plus courantes qu'ils ont mises en œuvre.

Énergie renouvelable

Un pays d'artistes ?

Même la DDE chilienne se laisse aller à un peu d’imagination lorsqu'elle fait ses panneaux de signalisation. Voici un exemple qui ne montre que les panneaux d'annonce de descente un peu raide ! Il faut dire qu'il y en a quelques unes sur le parcours.

Attention descente

Paysages chiliens

Vue du Lascar, Atacama

Vue du Sairecabur, Atacama

Vue de Patagonie, Carretera Australe

Vue d'un lac, Patagonie, Carretera Australe

Bivouac

Vue sur la vallée, Villa Cerro Castillo, Carretera Australe

Vue sur Caleta Tortel, Patagonie

Vue sur le glacier O'Higgins

Vue sur le Lago Nordenskjöld, Parc Torres Del Paine

Vue sur la Laguna Martillo, Isla Navarino

Argentine

Difficile de nous prononcer sur ce pays que nous avons traversé si furtivement. Nous n'en avons vu qu'une infime partie, à l'ouest, principalement le long de la route 40 avec sa pampa si sèche. Dans l'ensemble, nous n'avons pas eu le même coup de cœur que nous a inspiré le Chili et il faudrait sans doute y revenir pour voir le reste de ce pays si vaste.

Les plus Les moins
Le glacier Perito Morino La conduite sportive et agressive des argentins
Salta, vivante, dynamique et accueillante Ushuaïa, la ville la plus touristique qu'on ait vu et qu manque d'authenticité
la pampa Argentine désertique et inhabitée, un havre de paix à coté de El Chaten ou El Calafate El Calafate, construite pour les touristes et qui manque de charme
La traversée de la frontière par le lac Nahuel Huapi Le parc de la terre de feu, où l'on peut faire quelques ballades. Tout est faisable en une journée, mais le prix est aussi élevé que pour Torres del Paine
La région des lacs autour de Bariloche La complexité des Argentins. Beaucoup de choses sont impossibles, c'est la faute au "Système" et il faut souvent insister. Alors que nous n'avons jamais eu de problème pour tirer de l'argent ou en convertir au Chili, en Argentine, c'est souvent compliqué voir impossible.
Le superbe parc de Fitz Roy. Le principe de la double tarification pour les touristes. Les entrées des parcs, les excursions, les hôtels, les billets d'avion, l'argentine fut pour nous un pays plus cher que la France.
Le passage à la frontière argentine est beaucoup plus simple que le Chili L'impression d'être pris pour des portefeuilles et les quelques réflexions du type : "vous êtes européens, vous pouvez payer"
Le maté Le vent de la pampa qui a une fâcheuse tendance à venir de face.

Ce qu'on aurait voulu faire

  • visiter la région de Mendoza
  • La péninsule Valdes
  • Tout le Nord Est jusqu'à Igazu

Paysages argentins

Massif du Fitz Roy, Patagonie

Lacs du Fitz Roy, Patagonie

Perito Moreno

29Déc/11Off

Quelques jours de détente à Santiago

Santiago de Chile

Santiago de ChileAvant de décoller pour la Nouvelle Zélande, nous profitons de 3 jours de détente sous la chaleur de Santiago. Cette petite étape marque définitivement la fin de notre escapade latino américaine. Les guides de voyages parlent assez peu de cette Capitale qui manque un peu de visites culturelle. Toutefois nous avons beaucoup pris plaisir à errer dans ses rues, à prendre le pouls de cette ville tranquille en cette période de Noël. Ici, Noël se fête à l'occidentale avec les codes classiques du bon Père Noël, des rennes et des sapins alors que les enfants se rafraîchissent dans la fontaine de la plaza de armas sous 40°C.

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24Déc/11Off

Ballade au bout du monde

Au "bout du monde" de l'Argentine

FauconsUshuaïa, ce nom résonne dans la tête de tous les voyageurs et rempli leurs rêveries de paysages sauvages et d'idées d'aventures. Mais alors que nous déambulons dans les rues de la ville nous sommes bien obligés de constater que notre terre promise est devenu un Disney-land du bout du monde. Après nos errances patagonnes, tout ce tintouin sur la fin du monde, la bière "del fin del mundo", le chocolat "del fin del mundo", nous paraissent un peu surfaits.

24Déc/11Off

Treks dans les parcs patagons – côté Chili

Une lutte perdue d'avance

75km, +400m, -300m

CondorLe vent se met à souffler très tôt et de face ce matin. Sur la piste en ripio, le tandem est bien plus rapide que nous et nous le perdons assez vite de vue. Nous les rattrapons alors qu'ils se sont arrêtés pour observer une escadrille de condors en rase motte près d'une carcasse de mouton. Nous qui n'avions pas vu le moindre condor au Pérou et en Bolivie, cette fois nous en prenons plein les yeux. Au redémarrage, Erin et Allen repartent très vite au delà de l'horizon. Nous bataillons sur cette piste parfois très mauvaise au milieu de la pampa aride, mais régulièrement la nature nous offre un petit spectacle pour récompenser nos efforts, même si cela est parfois un peu macabre. Comme ce petit agneau qui bêle auprès de sa mère qui gît inanimée pendant qu'une foule de rapaces se bataillent les viscères.Sur ces dizaines de kms de pampas, nous aurons croisé beaucoup de moutons et que 2 fermes. Au bout de cette piste, nous retrouvons nos amis qui ont prolongé leur pause biscuit en nous attendant. Nous repartons donc sur une route asphaltée cette fois en profitant de la carrure imposante d'Allen pour nous abriter du vent qui n'a décidément pas envie de se calmer. Nous cheminons en file indienne jusqu'à 20h30 quand nous passons un pont qui nous semble intéressant pour y poser le campement du soir.

Ces deux américains sont bien loin des clichés habituels et nous épatent à faire cuire leurs lentilles, saucisses et brocoli forts appétissants. Ils nous disent leur grand étonnement de voir tous ces français et leurs sachets de lyophilisés ou de crackers et sont un peu rassurés de nous voir faire du pain et une belle salade de
fruits.

Bivouac sous le pont

Vers le parc de Torres Del Paine

25km, +/-100m

Jeunes pousses à l'abri du ventAu réveil, le vent semble avoir enfin lâché du lest. Nous laissons derrière nous Erin et Allen qui essuient à nouveau une panne de vélo. La fin de leur aventure transaméricaine est de plus en plus corsée et leur matériel montre de nombreux signe de fatigue. Les 10 premiers kilomètres de descente sont vite avalés. Mais aussitôt que nous bifurquons vers le poste frontière argentin, le vent se réveil à nouveau. L'arrivée au Chili se gagne à la force des mollets et nous arrivons rincés à Cerro Castillo après 7 kilomètres de lutte qui nous prennent un peu plus d'une heure. Comme la tempête s'empire, nous décidons de prendre le bus pour finir les 60 kilomètres qui nous séparent du parc. La nature est plus verdoyante qu'en Argentine. En quelques kilomètres nous retrouvons pâture d'herbe grasse et forêt dense au pied des montagnes.

Après avoir laissé la garde de nos vélos au guardaparques à l'entrée du parc nous filons sur le début du chemin pour rallier la première zone de campement où nous arrivons par une pluie battante. Nous y rencontrons 2 anglais et un français. Ce dernier, fidèle à l'image décrite par nos compagnons de route d'hier, mange son sachet de nourriture lyophilisée.

La Laguna Grey et la valle Francès

Premiers pas dans le parcLe vent à soufflé toute la nuit et n'est toujours pas d'humeur à se coucher. A l'abri dans notre tente nous avons tout de même plutôt bien dormi et nous attaquons cette première journée de marche d'un pas décidé. Nous longeons de beaux lacs sur des sentiers fleuris pour arriver au bout du Lago Grey d'où part la première branche du "W", le circuit de trek le plus connu du parc. On nous avait conseillé de faire le trek dans ce sens là car il offre plus de vue sur les montagnes. Le chemin démarre dans une vallée encaissée qui nous protège du vent jusqu'au mirador du glacier. Le point de vue est superbe. Nous restons toujours impressionnés devant les glaciers du Chili. Celui-ci ne démérite pas. Il finit sur un groupe d'îlots qui le séparent en 3 ou 4 branches crevassées. Le vent qui souffle sur ce mirador nous empêche de tenir debout. Nous nous allongeons sur le rocher pour pouvoir admirer la glace azure encore un peu.

Pour poursuivre le trek, nous rebroussons chemin et nous lançons sur la branche du milieu, la Valle Francès. A pied de cette vallée, le premier camping est surpeuplé. Nous poursuivons donc à l'assaut de la belle montée vers le campement Britanicos, plus difficile d'accès et donc un peu moins fréquenté. La montée se fait sur une moraine raide qui nous offre de belles vues sur les glaciers accrochés aux parois abruptes des sommets alentours. En cette fin de journée, le soleil réchauffe la glace qui laisse partir de grosses avalanches de glaces qui résonnent contre les parois. Il se fait 21h lorsque nous arrivons bien fatigués à la zone de campement. Ici, il y a 4 tentes et nous ne sommes pas dérangés par les voisins qui sont déjà dans leur sac de couchage.

Glaciar Grey

En marche vers la 3e branche du W

En haut de la Valle FrancèsComme nous l'avait annoncé les prévisions météo, pas un souffle de vent ce matin. Nous en profitons alors pour aller observer les montagnes d'un peu plus près. Après être vite arrivés au mirador du cirque . Tout autour du cirque, de grandes tours de roche dites les Torres s'élancent, verticales vers le ciel. Nous poursuivons l'ascension en direction d'un col qui semble atteignable. La fin de la montée se fait dans la neige et nous arrivons bientôt vers 1600m d'altitude pour profiter d'une vue splendide sur les Torres, ces pics abruptes qui font la renommée du parc. Pas une plante ne peut pousser sur leur flanc et les glaciers eux mêmes ont bien du mal à s'y ancrer. Autour de nous au loin, des chutes de roches ou de glace viennent parfois briser le silence. Nous restons un bon moment à contempler ce spectacle avant de redescendre dans les grandes coulées de neige qui nous portent un peu moins bien qu'à l'aller.

Sur la redescente vers le lac, 1400m plus bas, nous nous arrêtons un instant pour admirer à nouveau les avalanches de glaces qui partent du glacier Francès. En l'absence du vent habituel, le thermomètre à grimper de plusieurs degrés et nous arrivons vite à court de vêtements à retirer. En même temps, quelle chance de pouvoir se promener à Torres Del Paine par cette météo sublime.

Le chemin se poursuit ensuite au bord du lac et il nous est impossible de passer devant sans aller y tremper les pieds un moment. L'atmosphère paisible qui règne aujourd'hui nous pousse à nous arrêter souvent pour en profiter. Nous finissons tout de même par rejoindre une zone de campement. Il est alors 18h30 et la prochaine est annoncée à 4h de marche. Le choix est vite vu. Nous posons donc les rapidement les affaires et allons profiter d'une bonne douche chaude avant d'aller siroter un petit verre de vin rouge en regardant le soleil s'approcher doucement de l'horizon.

Détente au bord du lac

Las Torres

Laeti et les TorresDès le réveil, la vue sur le lac ensoleillé nous remplit d'énergie. Nous partons d'un pas léger en manches courtes sur les sentiers toujours aussi fleuris. Malheureusement assez rapidement le paysage s'assèche. Nous arrivons dans une zone où une ancienne estancia fait encore pâturer des animaux et le terrain en est du coup bien appauvri. Après avoir posé les affaires au camping, nous repartons le dos léger vers la 3è branche du W qui mène après une bonne grimpette au mirador des fameuses Torres.

Sur le chemin, le ciel se voile et les premières gouttes d'eau arrivent assez vite. Si bien qu'à notre arrivée au point de vue, il n'y a pas de vue. Tout est bouché et les Torres ne se devinent même pas. Nous patientons tout de même en espérant que le vent finissent par dégager la vue. Chacune leur tour, c'est massive tour de granit se dévoilent peu à peu, mais jamais toutes en même temps. Les nuages qui défilent pourtant à une allure impressionnante restent comme accrochés par les sommets. Après une heure et demi d'attente, nous sommes enfin furtivement récompensés et pouvons redescendre satisfaits vers le camping où la météo est bien plus douce.

A travers le parc en vélo

65km, +1350m, -1200m

Guanaco replions rapidement la tente et prenons le chemin de l'entrée du parc pour retrouver nos vélos. La météo n'est pas terrible ce matin. Les montagnes sont complètement dans les nuages et nous recevons même quelques gouttes en chemin. La route qui traverse le parc est particulièrement vallonnée et le vent de face ne nous aide pas à franchir les petits raidillons secs qui jalonnent le parcours. Nous sommes observés comme des bêtes curieuses par des centaines de guanacos qui hésitent entre la fuite et la curiosité. Nous nous arrêtons régulièrement pour observer les montagnes et les lacs qui se dégagent furtivement le temps de petites éclaircies. Au passage des lagunas Mellizas nous sommes arrosés par des bourrasques de vent qui emportent avec elles les embruns des vaguelettes qu'elles sculptent sur ces lacs si petits. Pas facile de s'habiller aujourd'hui. Sous le vent nous sommes frigorifiés et dans les quelques passages abrités, nous n'en pouvons plus dans nos vestes coupe-vent. Nous atteignons enfin la sortie du parc en soirée alors que le vent se calme enfin un peu. La route se poursuit sur un ripio heureusement peu fréquenté et nous finissons pas débusquer un petit coin tranquille au bord de l'immense lac XXX pour poser la tente. Nous finissons exténués par cette journée de vélo où nous n'avons fait pourtant que 60 km.

Lago Pehoe

Puerto Natalès

60km, +600, -750m

Puerto NatalèsLa route se poursuit comme nous l'avons quittée la veille jusqu'à l'intersection avec la route principale, asphaltée. Là nous y croisons un autre couple de cyclistes gaulois qui remonte vers l'Alaska. Les pauvres luttent depuis 3 semaines déjà face à un vent qui ne leur laisse que peu de répit et ils nous voient repartir à toute allure avec ce même vent qui nous poussent allègrement vers notre destination.

Puerto Natalès est un petit port tranquille posé entre les montagnes au loin et le Pacifique qui sert entre autre de point de départ aux visites des fjords chiliens. Il vit aussi beaucoup du tourisme généré par le parc Torres del Paine. Nous profitons de cette proximité avec l'océan pour nous faire un petit restaurant de poisson et prendre un peu de temps pour préparer la suite de nos aventures.

En route pour Punta Arenas

125km, +-800m

Arbre penchéComme à notre habitude, nous repartons un peu fatigué après un passage en ville où nous avons encore oublié de dormir. Nous avons 250 km devant nous et nous manquons un peu d'entrain pour les démarrer. Il faut dire que ce sont les derniers kilomètres de vélo que nous pédalons en Amérique latine et nous ressentons comme une pointe de nostalgie. La route passe à travers une pampa immense, plus verte que celle que nous avions trouvée en Argentine. Quelques arbres ont su résister aux incendies, mais seuls face aux vents violents de la région, ils ont poussé de travers, donnant une atmosphère étrange. Nous apercevons dans les prairies des hordes de moutons couverts d'une laine épaisse et quelques rhéas, cousines des autruches, qui rameutent leur rejetons en gonflant leur ailes à notre passage. Au passage de Moro Chico, nous nous chez les carabinieros pour refaire le plein d'eau. A la vue de l'heure avancée, ils nous proposent une chambre pour dormir. Malgré leur insistance bienveillante, nous avons envie de poursuivre un peu et de poser notre dernier bivouac dans cette pampa sauvage.

En plus, ce soir nous avons prévu un festin de rois. Riz, lentilles, saucisses, carottes, oignons et salade de fruits en dessert ! Le tout devant un coucher de soleil qui embrase le ciel. Après ce repas copieux, nous passons une nuit longue et paisible dans notre hôtel aux milles étoiles.

Rhéa

L'arrivée au détroit de Magellan

115km, +700m, -850m

Nous savourons particulièrement cette dernière journée de vélo. La route rejoins rapidement l'intersection avec la route 9 au niveau du détroit de Magellan que nous longeons sur 50 kilomètres. Ce détroit permet de passer d'un océan à l'autre en évitant le Cap Horn à la réputation terrible. Au fur et à mesure que nous nous approchons de la ville le trafic routier s'intensifie et nous nous retrouvons bientôt au milieu d'une agglomération impressionnante et de bouchons dont nous avions presque oublié l'existence. Le contraste avec la pampa est brutal.

La ville contient encore quelques belles demeures de familles qui ont fait leur fortunes dans la laine au début du XXè siècle et qui côtoient des immeubles récents et des centres commerciaux immenses. Cette taille importante de la ville est sans doute liée à la zone franche que le gouvernement chilien à créé ici. En cette période de fin d'année alors que Noël approche à grands pas, nous sommes surpris par le peu d'effervescence qui règne en ville. Quelques décorations à peine et relativement peu de monde dans les boutiques. Les chiliens seraient-ils plus raisonnables que nous ? Même dans les grandes surfaces, les rayons de jouets restent modestes.

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30Nov/11Off

Sur la Carretera Australe 2

Sous la colère d'Eole

63km, +1100m

HuemulAprès une journée de repos à Coyhaique, nous reprenons la route sous un ciel qui se couvre et un vent qui nous porte sur cette route si passante. Nous avalons 50 kms en quelques heures dans un paysage de prairies et de vallons. Les montagnes sont plus basses et ont des allures de canyons. La région est exploitée depuis plus longtemps et les arbres et fleurs ne sont plus présents. Nous trouvons un emplacement dans un jardin de 2 personnes âgées, la vue sur la vallée est superbe mais le vent froid nous pousse à rapidement nous mettre à l'abri sous notre tente.

Nous démarrons le matin sous un ciel menaçant et atteignons la Réserve National du Cerro Castillo par une longue montée vers un col à 1100m sous la neige et avec un vent violent de face.

17Nov/11Off

Sur la Carretera Australe 1

Premiers tours de roue sur la Carretera Australe

Les ravages de la cendreNous débarquons du bateau dans la petite ville de Chaiten qui a connu en 2008 un cataclysme violent. Une éruption de poussière est apparue brusquement de sous la terre et à ensevelie une partie de la ville. A la suite de ça, le gouvernement chilien a tenté de fermer la ville, mais une poignée d'irréductibles sont revenus déblayer et depuis la ville vivote doucement au rythme des bateaux. Une grande majorité des maisons sont condamnées et il reste encore beaucoup de travail pour remettre la ville en état.

Dès la sortie de la ville, ça y est nous y sommes sur la mythique Carretera Australe ou la route 7 construite sous Pinochet en Patagonie Chilienne pour éviter que les argentins ne prennent possession de ce territoire. La route est en passe d'être goudronnée, mais reste encore pour nous une piste poussiéreuse, d'autant plus avec les travaux sur la route. Elle passe le long des montagnes ou au bord des fjords dans des paysages magnifiques à la végétation dense. La région est très peu habitée et tous les véhicules que nous croisons nous saluent amicalement.

Nous profitons du beau temps pour pique niquer dans la pelouse du parc Pumalin dans lequel se trouve les termes d'Amarillo. Nous hésitons à y aller car il y a 5 kms de montée à se farcir quand une voiture passe. Laetitia la joue au culot et demande à son unique passager s'il peut nous déposer. Par chance il s'y rendait lui aussi et accepte donc. Nous cachons rapidement les vélos dans les fourrés et partons nous plonger brièvement dans ces eaux à 38°C qui nous font un bien fou. En plus le lieux est charmant. Puis notre chauffeur nous raccompagne gentiment aux vélos.

Baignade aux thermesTrès vite le peu de goudron qu'il y avait ce transforme en ripio. Nous arrivons au grand lac de Yelcho où nous pouvons applaudir les belles prises de pêcheurs dans leur barque. Puis vers le bout du lac, nous apercevons avec émerveillement le glacier de Yelcho, une grande langue de glace qui descend de la montagne.

Nous établissons notre campement non loin, au bord du torrent qui descend du glacier dans un camping aux installations fermées. L'atmosphère est calme et il fait très doux, de sorte que nous prenons le temps de manger tranquillement dehors. En dessert, Laetitia tente une compote de pomme et nalca, la plante gigantesque qui pousse partout au bord des routes. La tige est comestible à condition de la prendre assez jeune pour qu'elle soit encore souple. L'aspect nous fait penser à la rhubarbe, mais le goût est très différent. Cru il y a une légère amertume et une fraîcheur agréable. Cuit, le goût se rapproche un peu plus, avec la pointe d'acidité en moins et une impression de menthe en arrière goût.

Sous le soleil de la Patagonie

66Km, +1000m

Vue sur la baieNous commençons la journée par une petite ballade pour aller voir le glacier de Yelcho, superbe langue de glace éblouissante aux crevasses qui semblent profondes et ne nous donne pas envie de nous y aventurer. Nous enfourchons nos vélos et entamons un col de 7 km à 10%. La montée est rude sur cette piste retournée récemment en vue de son bitumage prochain. Beaucoup de cailloux ressortent et nos vélos dérapent souvent. Dès nos 1ers coups de pédale dans la descente, Laetitia crève. Nos pneus encaissent difficilement cette piste et nos chambres à air se retrouvent régulièrement pincées contre la jante et finissent par céder.

Nous arrivons au petit village de Santa Lucia où les hommes travaillant sur la route sont venus se restaurer. Comme sur l'île de Chiloe, nous voyons au loin de la fumée sortir des cheminées malgré les températures clémentes. Ce sont les poêles qui sont en route, ils servent à la cuisson du pain, à réchauffer la maison et maintiennent au chaud toute la journée une théière. Laetitia se souvient qu'il y en avait un chez ses grand parents mais il a été remplacé par une cuisinière plus moderne. Nos provisions sont amoindries par nos appétits voraces et nous patientons le temps qu'une boutique ouvre. Ici les horaires à l'espagnole sont de mise. Tout est fermé jusqu'à 15h. Soudain un local tape a une des portes des boutiques et la propriétaire vient lui ouvrir pour le servir. Nous profitons de l'occasion et retenons la leçon.

Après quelques kilomètres dans une vallée ou gambadent des lapins et volent des rapaces, nous croisons un couple de cycliste de Saint Étienne. Ils ont prévu de remonter de Ushuaïa à Quito en Équateur. Ils sont sur la route depuis 1 mois et demi et nous parlent de vent, de froid et de pluie. Nous restons confiants car depuis 2 jours, nous avons un temps splendide avec une température autour de 30°C, du soleil et même les rougeurs qui vont avec. Nous avons souvent trop chaud la nuit dans la tente. Du jamais vu pour le coin. Nous finissons d'échanger quelques conseils et expériences et nous repartons.

Laeti en routeLes paysages que nous traversons sont magnifiques, la route suit des rivières de couleur vertes et tout autour des montagnes se dressent avec des pentes escarpées, certaines avec une végétation dense jusqu'à leur sommet, d autres plus hautes ont les cimes encore enneigées de cet hiver avec de ci de là quelques glaciers qui creusent leur roche. Nous voyons passer un cortège de 2 chevaux qui courent pour le trail des Baroudeurs. Encore un pays où nous croisons principalement des français. Il faut dire qu'avec nos congés payés et nos RTTs, nous sommes très chanceux.

Au moment de poser la tente, nous trouvons quelques difficultés à trouver un endroit. La végétation dense laisse peu place et les quelques fermes que nous longeons se sont enfermées derrière des kilomètres de barbelé pour le bétail. Nous n'osons pas trop rentrer dans les propriétés. Nous nous installons finalement au bord d'un ruisseau agité et lançons un feu de bois. Un des fermiers du coin nous a repérés et vient à notre rencontre. Il vient nous avertir qu'il y a des petits rongeurs porteurs d'un virus en ce moment. Leur morsure se sont avérées mortelles chez quelques personnes. Nous le remercions et prendrons garde de ne pas laisser la moindre nourriture en dehors des sacs.

Sous la pluie de la Patagonie

73km, +850m

Bivouac sauvage en bord de routeC'est une fine bruine qui nous accueille ce matin et qui a légèrement humidifié le bois pour le feu du petit déjeuner. Sébastien s'acharne donc un peu plus qu'hier soir pour faire chauffer la casserole, mais y parvient tout de même. Nous apprécions alors le porridge de Laetitia agrémenté de raisins secs et de bananes, bien meilleur que l'avoine seule.

La route se rétrécie de plus en plus dans ces paysages qui ne changent guère, à la différence près que les nuages nous bloquent la vue sur les cimes. Nous arrivons rapidement à la ville de La Junta. En passant le pont, 2 martins pêcheurs nous observent du haut de leur perchoir et en oublient de guetter le poisson. La ville est très calme quand nous y entrons et nous sommes bien heureux de trouver un supermercado ouvert pour y faire le ravitaillement de nourriture et d'essence. Après toutes les déboires que nous avons connues, nous tentons quand même le diable et prenons un œuf pour le repas de ce soir. Dans cette région si peu hostile, nous ressentons le besoin de prendre quelques risques pour pimenter le quotidien 🙂

La Junta ressemble fort aux précédents villages que nous avons croisés sur cette route 7. Un quadrillage de rues aux petites maisons de bois qui se ressemblent fort: un porche en bois pour s'abriter de la pluie, un poêle à bois fumant et de larges fenêtres pour capter un maximum de lumière et profiter de la vue sur le jardin qui entoure toute la maison. Souvent colorées, elles apportent un contraste apaisant face aux nuages gris. Ici, comme aux états unis il y a souvent un drapeau chilien qui flotte.

En repartant, le vent commence à se lever et à nous souffler au visage. Puis c'est la pluie qui se manifeste à son tour. Après 3 jours d'une chance inouïe, la météo reprend son rythme normal. Nalca de belle tailleNous essuyons d'abord quelques averses éparses qui ne nous mouillent quasiment pas, puis en vient une qui ne nous lâche plus. Aujourd'hui la route circule très peu et nous pédalons tranquillement avec cette impression d'être seuls au monde. Sur le bas côté les nalcas ont pris en taille et nous observons des spécimens impressionnants sous lesquels nous pourrions nous abriter à deux, une preuve de plus de l'abondance de l'eau.

En fin de journée, nous arrivons au village de Puyuhuapi situé au bout du fjord dans le parc naturel de Qeulat. Nous y trouvons le camping "La Sirena" où l'accueil est d'une gentillesse fort appréciable. Ici les tentes sont à l'abri sous des toits, les douches sont chaudes à toute heure et un local permet de faire la cuisine au poêle à bois que le propriétaire des lieux met en route pendant que nous finissons de monter la tente. Lui et sa femme ne sont pas non plus avares de discussions. Nous sommes les seuls campeurs et ils sont à nos petits soins. Ils nous apprennent qu'en ce moment il y a à peu près un couple de cyclistes par soir.

Après 7 jours à nous laver dans les rivières qui descendent parfois directement des glaciers, la douche chaude est dure à quitter. Mais heureusement, c'est le poêle à bois qui prend le relais pour la fin de la soirée avec un petit maté.

Le parc Queulat

73km, +1120m

Pédalage sous la pluieNous faisons nos adieux aux sympathiques propriétaires du camping et passons à la panaderia du village qui semble fermée. Nous entrons tout de même et tombons sur des vitrines entièrement vides. La boulangère arrive alors et nous propose 2 sortes de pain qu'elle va chercher dans l'arrière boutique, quel luxe !!!

La route démarre le long du fjord de Puyuhuapi qui nous offre des vues magnifiques avec la lumière matinale. Nous voyons soudain des traînées dans l'eau et quelques têtes qui dépassent par moment. Ce sont des loutres qui semblent sorties pour la pêche. Un peu plus loin, quelques ailerons dépassent de la surface de l'eau. Cette fois ci ce sont des dauphins, eux aussi en quête de leur petit déjeuner. L'eau est d'un gris métal étrange mais offre du coup des reflets très intéressants. La météo est correcte ce matin.

Nous passons les termes forts charmants situés au bord du fjord, mais leur tarif nous rebute un peu et nous poursuivons le chemin. Vers midi nous arrivons aux abords du parc de Qeulat. Un chemin amène à un site de glaciers à travers la forêt. Encore une fois, il faut mettre la main à la poche et les estranjeros sont priés d'y aller 3 fois plus fort que les chiliens. Vue sur le fjordAu vue de notre réserve de pesos et aussi sur ce principe de tarif spécial pour étrangers nous faisons demi-tour encore une fois et allons plus loin dans la forêt pour pique niquer. Le soleil irradie la petite clairière dans laquelle nous nous sommes posés et nous tardons à nous remettre en selle. Plus nous nous enfonçons dans la forêt dense, plus la route se rétrécie et plus le ciel s’assombrit.

Soudain nous tombons sur une zone de travaux où une file de voitures attendent le droit de passer. De nombreux hommes sont sortis des voitures pour aller cueillir de branches de nalca à grignoter et Sébastien fait de même. Derrière ce stop improvisé nous entamons une montée qui démarre par du sable dans lequel nous sommes obligés de pousser les vélos. Nous bataillons sur nos pédales pendant deux bonnes heures pour atteindre le col sous la pluie qui ne cesse plus. Ce col qui nous a tant fait baver culmine à 500m d'altitude et amène à une vallée surplombée de sommets acérés dont les glaciers donnent naissance à de puissantes cascades. Cette vallée, plate au début, nous fait redescendre par une piste abrupte pour atteindre une portion de route à nouveau asphaltée. Vers la fin de l'après midi, nous croisons un panneau qui indique une zone de camping et décidons de nous y arrêter. En guise de camping c'est en fait un abri en bois qui sert plus souvent d'étable pour les vaches qu'autre chose.

Une superbe journée

97km, +860m

Repos au soleilAprès une nuit passée à écouter les chœurs canins en canon, la journée démarre très bien. Il fait beau et la route est en descente au milieu de belles montagnes boisées. Nous avons immédiatement un large sourire qui nous traverse le visage. Des quelques fermes que nous croisons, sortent des gauchos sur leur chevaux accompagnés de leurs chiens. Ils ont fière allure avec leur chapeau et leur jean. Nous avançons à vive allure sur l’asphalte récent.

Lorsque nous arrivons au pied de notre première côte importante, une voiture s'arrête à notre hauteur et propose de nous emmener. Nous n'étions pas particulièrement demandeurs par cette météo sublime, mais il nous est difficile de refuser ce coup de main spontané. Pendant le trajet, le chauffeur nous dit qu'il n'avait pas vu un tel beau temps depuis de nombreuses années. Il nous dépose dans le village de Villa Amengual juste avant la fermeture des supermarchés. Finalement c'était une bonne idée de monter avec eux, sans quoi nous étions bons pour attendre à nouveau jusqu'à 15h.

La route repart à travers de larges vallées déboisées sur lesquelles nous trouvons de grandes fermes au milieu des pâtures enfermées derrière des kilomètres de clôtures. La vue reste jolie, mais nous avons un peu une impression de sur-exploitation de la terre. Il y a moins d'oiseaux dans le ciel et la végétation s'est sérieusement appauvrie. Le ciel est pratiquement vide de nuage et le thermomètre atteint même 34°C. Les lacs que nous passons sont superbes et les vues sur les sommets alentours nous donnent des envies de randonnées. Nous profitons d'un ruisseau pour une petite pause rafraîchissante les pieds dans l'eau.

Au dessus de la vallée, la nature est restée sauvage et certains lieux n'ont pas du voir passer beaucoup d'hommes. Au bout d'une descente appréciable nous entrons dans le petit village paisible et coloré de Villa Manihuales posé au bord d'un lac. Nous le traversons en quête d'un thé et d'une pâtisserie, mais rien ne nous attire jusqu'à ce que nous tombions sur une petite boulangerie qui ne paye pas de mine. A l'intérieur une machine a expresso et quelques gâteaux suffisent convaincre Laetitia. Les étals y sont pleins de choses appétissantes. Nous profitons de cette pause pour nous renseigner sur le projet de barrages en Patagonie ce qui démarre le boulanger au quart de tour.

Apparemment, peu de chiliens sont d'accord pour défigurer la Patagonie et ils le font savoir. Quand nous repartons, le boulanger nous indique qu'il y a une casa de ciclistas en ville. Ces casas sont tenus par des amoureux de la petite reine qui proposent de l'hébergement gratuit ou presque pour les personnes qui arrivent en vélo. Mais il n'est que 18h et nous préférons pédaler encore une heure ou deux. Nous regrettons presque notre décision aux premières rafales qui nous surprennent à la sortie de la ville. Le vent souffle fort et fait vaciller sur nos vélos. Encore un bivouac à la fermeMais nous lui tenons tête. Nous espérons nous poser à l'endroit où la route rejoins la rivière, mais arrivés sur place nous faisons face à un canyon profond au bas duquel rugit un torrent. Tout le long de la route, les rares parcelles de terrain sont toutes clôturées et nous n'y voyons pas d'habitation.

Nous finissons par tomber sur une petite maison au charme fou. Posée sur une petite butte au dessus d'un étang, elle dispose d'une vue imprenable sur la vallée que nous venons de remonter. Nous y allons au culot et demandons la permissions de poser notre tente au bord de l'étang. Les propriétaires des lieux nous accueillent avec de grands sourires et acceptent bien volontiers. Malgré l'envie de profiter de la vue qui s'offre à nous, nous montons la tente rapidement avant la tombée de la nuit. Le chat de la maison nous accompagne et nous passe entre les jambes pendant que nous nous affairons, fouillant curieusement au milieu de nos sacs. Il ne nous quitte pas d'une semelle, d'autant plus quand les odeurs de cuisine montent de la casserole qui chauffe. Un vrai pot de col qui nous grimpe dessus en ronronnant comme une vieille Harley.

Encore une journée ensoleillée

75km, +900m

VautoursDécidément nous sommes chanceux. Dès le lever, le ciel est d'un bleu azur impeccable. Pas une tâche blanche à l'horizon pour annoncer la pluie. Nous déjeunons face à l'étang avec notre ami le chat qui est revenu en courant dès qu'il a aperçu du mouvement hors de la tente. En discutant avec nos hôtes, nous comprenons pourquoi chaque terrain est barricadé derrière des kilomètres de barbelé. Quand nous lui posons la question, la maîtresse de maison nous parle de vols de bétail et de gens malhonnêtes. En effet, ici le bétail n'est pas marqué et la chose semble donc tout à fait envisageable. En rajoutant peu être une petite dose de paranoïa, on arrive à cet état de fait où tout est cadenassé quand bien même il n'y a pas grand monde.

La Patagonie est déjà belle par temps gris, mais elle resplendis encore plus sous le soleil. Les pâtures et les arbres sont pleins de fleurs rouges, jaunes ou bleues qui embaument l'atmosphère de leur parfum printanier. Les fermes aussi embaument à leur manière, mais tout cela sent bon la campagne et l'air frais de la montagne et encore une fois nous pédalons heureux. L'air se réchauffe vite et nous atteignons bientôt 36°C pour l'heure du repas. Nous choisissons un petit recoin éloigné de la route et en bord de rivière pour capter un peu de fraîcheur. Il faut régulièrement nous pincer pour vérifier que nous sommes bien en Patagonie, sous un soleil accablant ! Nous emmagasinons tout ce que nous pouvons en prévision du retour de la véritable météo locale.

Nous passons un près où sont posés une multitude de vautours dont certains se battent pour les quelques viscères restantes d'un cadavre de vache. Leur taille est impressionnante quand il s'envolent à notre passage, préférant fuir leur repas que de subir les flash de Sébastien.

Sur l'asphalteAu fur et à mesure que nous approchons de Coyhaique, la grosse ville de la XI région, le trafic automobile s'intensifie et nous fait pousser sur les pédales pour abréger. Mais la route se redresse bientôt et nous avons beau pousser tout ce que nous pouvons, le vélo n'avance pas très vite. Pour atteindre cette fameuse ville il nous faut franchir à nouveau un col à 500m et encore une fois, les chiliens se sont peu embarrassés de virage pour apaiser les mollets des cyclistes de passage. Alors que nous filions à toute allure, il nous faut 2h et demie pour finir les 12 derniers kilomètres de route pourtant asphaltée et nous n'arrivons à destination qu'à 17h passée.

Il nous faut frapper à plusieurs portes pour trouver un hospedaje à prix raisonnable avec de la place. Toutes les adresses conseillées par le lonely planet affichent complet et nous tentons donc notre chance à l'aveugle. Coyhaique est une drôle de ville. Il y a ici tout ce qu'il faut pour manger des glaces, mais dénicher un centre d'appel ou une laverie s'avère bien plus ardu et nous parcourons les rues de long en large pour découvrir ces perles rares. Nous voulions voir la laguna San Rafael, mais le prix des croisières en bateau est prohibitif. Comme il n'y a guère d'autres sites à visiter dans le coin, nous décidons donc de ne rester qu'une nuit au lieu des 2 envisagées.

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17Nov/11Off

Petite session randonnée à Cochamo

Ballade à Cochamo

Les sous-boisAprès un réveil matinal pour l'ascension du volcan nous sortons attendre le guide devant l'hôtel. Au bout d'un moment un affreux doute nous prend. Nous remontons lire nos mails à tout hasard et trouvons avec effroi un mail daté d'hier soir assez tard nous indiquant que finalement l'ascension ne sera pas possible. Nous retournons donc au lit très frustrés. Quand nous nous réveillons pour la 2è fois, la météo est excellente. Ça aurait été un jour idéal pour l'ascension, mais prévenus le matin même, nous sommes pris de court pour nous réorganiser.

Nous finissons par louer une voiture pour nous diriger sur le départ d'une petite randonnée histoire, tout de même, d'occuper notre journée. Nous repartons en direction d'Ensenada sur la route que nous avions prise la veille. Hormis le plaisir d'avancer sans effort nous avons moins le temps d'apprécier les paysages et sommes confortés dans notre choix de voyage en vélo. La route se poursuit par une piste qui serpente le long du fjord de Reloncavi, une avancée de l'océan pacifique dans les terres, qui nous amène au village de Cochamo. De là nous prenons une route encore plus petite pour nous enfoncer dans la vallée sauvage du rio Cochamo, dite secret de la Patagonie. A la fin de la piste, nous garons la voiture et partons à l'assaut du sentier qui part droit dans la forêt.

Très vite nous sommes plongés au cœur de cette forêt tropicale à la végétation dense et luxuriante. Les alercés immenses, couverts de mousses et autres lianes abritent une foule d'oiseaux et d'autres animaux dont nous sentons la présence sans toutefois pouvoir les apercevoir. Nous passons des ruisseaux sur des troncs d'arbres et naviguons dans un labyrinthe d'ornières immenses dont nous nous demandons bien ce qui a pu les creuser comme ça. Est ce le seul passage des animaux ? Est ce le ruissellement de l'eau ? Régulièrement des planches de bois ou des petits troncs d'arbres ont été placés pour pouvoir passer les endroits les plus marécageux.

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17Nov/11Off

L’île de Chiloe

Direction Chiloe

58km, +550m

Les route vallonnéesAprès un déjeuner copieux de crêpes, et quelques recherches infructueuses pour trouver des vis pour nos béquilles, nous réussissons a nous mettre en route. Nous faisons un petit tour en vélo dans Bariloche pour observer des maisons centenaires tout en bois puis nous prenons la direction de Chiloe par les petites routes. Des nuages menacent mais il ne pleut pas, nous avons même droit à quelques éclaircies.

Nous parcourons une piste de fermes fleuries nichées dans des petits vallons verdoyants. Nous apprécions de pédaler dans un paysage qui nous rappelle nos campagnes françaises, un peu de Bretagne avec ces vallons, d'Auvergne avec ces genets et de Normandie avec ses vaches. Nous nous arrêtons pour boire un thé chaud a un petit stand aux abords d'une école, c'est justement l'heure de sortie et les enfants nous regardent curieusement, certains même vienne nous poser des questions. Un chilien curieux nous demande où on va ,et pourquoi nous passons par la piste alors qu'il y a l'autoroute. Bivouac à la fermeNous essayons d'expliquer que c'est justement pour ce type de rencontres que nous sortons des sentiers battus.

Nous poursuivons la piste qui est faite en montagnes russes avec quelques belle montées à plus de 10% aura raison de nos jambes mais permet de beaux points de vue sur les environs. Nous passons de petits villages avec des églises charmantes tout en bois. Un paysan nous propose un bout de sa cour pour poser la tente, nous acceptons avec joie. Après un petite visite de la ferme, où courent cochons, moutons, vaches, oies, poules, chat, chien, nous nous installons au milieu des moutons.

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17Nov/11Off

La région des lacs

San Carlos de Bariloche

Seb dans la poussièreAprès une journée de transport en avion et en bus, nous arrivons à Bariloche, station de ski au nord de la Patagonie. Nous trouvons l'atmosphère de la ville brumeuse et poussiéreuse contrairement à la région des lacs que nous venons de traverser en bus. Nous sommes accueillis par un couple qui a décidé de passer une retraite paisible ici plutôt qu'à Buenos Aires. Aurora, d'origine italienne, parle un français impeccable.

Ils nous expliquent qu'un volcan situé à 120km à l'est, en territoire chilien, s'est réveillé le 4 Juin dernier et à déversé des nuages de sable sur la ville. Nous comprenons alors pourquoi il y a tant de sable partout sur le bas côté et la visibilité réduite par la poussière soulevée par le vent. Aurora nous montre ses massifs de fleurs avec à leur base plusieurs centimètre de sable. Le volcan continue à déverser des cendres, mais en moindre quantité. Ils nous expliquent qu'il y en avait partout des quantités énormes et que certains toits ont cédé sous le poids de la cendre accumulée.

Nous nous rendons le lendemain à l'office du tourisme et au club de montagne qui nous confirment que tout ce que nous voulions faire à Bariloche est vivement déconseillé. Nous sommes déçus mais décidons tout de même de rester 2 jours dans cette petite ville charmante, capitale argentine du chocolat, à l'architecture suisse, pour réparer notre réchaud, nos vélos, faire quelques achats d'affaires perdues ou non réparables, préparer la suite des aventures et remplir nos estomacs. En effet, depuis que nous sommes en Argentine nous mangeons très bien et apprécier la viande tendre sans avoir peur d'être malade.

Lors de notre passage à l'office du tourisme nous avons la grande surprise de croiser Beltran, un ami de l'ENAC.

7Nov/11Off

Sur les volcans chiliens

L'ascension du Lascar (5600M)

Au bord du cratèreVers 5h du matin, Freddy notre guide passe nous prendre à l'hôtel. Première surprise, il parle français. Ça nous reposera un peu les méninges de pouvoir utiliser une langue que nous maîtrisons. La route dure 3h dont une bonne partie sur une piste défoncée dans la montagne Ce qui nous laisse le temps de faire la connaissance avec ce sympathique chilien, bourlingueur à ses heures. Arrivés au pied du volcan, il nous sert un petit déjeuner de sandwich jambon/fromage, de fruits et de noix assez copieux pour démarrer l'ascension. Il nous donne ensuite notre "ration de marche": du chocolat, des barres de céréales et des fruits. Le Lascar est un petit volcan par rapport à ses voisins. Du pied au cratère il y a autour de 500m et 100m de plus pour le sommet. Une petite ballade assez simple le long d'un chemin bien tracé où notre guide n'a pas grand chose à faire; Nous discutons donc de tout et de rien, de son séjour en France, de notre voyage. Nous échangeons nos impressions sur les différents pays, les gens et la politique. Résultat la montée se fait toute seule, d'autant que notre séjour prolongé en altitude nous à déjà bien acclimaté. Comme la journée est belle et que le vent se fait discret, nous profitons à loisir du cratère béant qui nous envoie ses fumerolles soufrées et du panorama sur les nombreux autres volcans qui nous entourent. Dans toutes les directions nous pouvons en voir 5 ou 6. Leur densité est impressionnante. Tout en bas dans la plaine, la laguna de ce matin revêt maintenant une couleur nacre et un aspect satiné, contraste de douceur dans ce monde volcanique si aride. Mais l'aspect est trompeur et il ne faut pas s'y méprendre. Comme beaucoup d'autres, elle contient un joli cocktail d'arsenic de souffre et d'autres sympathiques composants chimiques qui auraient vite fait de vous brûler la peau. La descente est vite expédiée. Nous croisons le couple de brésiliens que nous avons passés à la montée et qui semblent un peu à la peine. Nous prenons le temps de nous poser, de contempler et de poursuivre les discussions avec le guide, puis c'est le retour en voiture. Nous pouvons voir cette route qui nous a tant secoué à l'aller. Vers 16h nous sommes à nouveau à San Pedro. Après cette journée agréable et ce petit sommet de mise en jambe, nous retournons à l'agence pour payer l'ascension de demain l'Aucanquilcha, un sommet à 6100m un peu plus costaud.Au sommet du volcan Mais quand nous arrivons soudain ce n'est plus possible et on nous propose d'autres sommets moins intéressants. Au plaisir de cette journée agréable succède la frustration et le sentiment de s'être fait avoir quand la promesse de pouvoir faire un sommet costaud après avoir consenti à faire un sommet simple vole en éclat. A nouveau nous faisons le tour des agences pour trouver une solution de secours pour occuper la journée de demain. Les ballades en 4x4 que proposent la plupart des agences ne nous excitent pas et les sommets qu'on nous proposent sont encore plus simples que le Lascar. Nous finissons par atterrir dans une jeune agence. D'entrée le courant passe bien et nous cherchons ensemble sur la carte un sommet qui pourrait nous plaire. L'heureux élu et le Sairecabur sur la frontière. Il fait 5980m, est un peu plus dur et bénéficie d'une belle vue sur la dernière partie de notre périple désertique en vélo. Le départ est fixé à 4h30 demain, nous pouvons maintenant aller sereinement observer les étoiles lors de la visite d'un centre astronomique. Le ciel du désert d'Atacama se prête particulièrement bien à l'observation des étoiles et l'astronome Alain Maury en professeur expert nous passionne pendant 2h avec ses explications. Il nous refait l'histoire de l'astronomie de façon captivante, puis viennent les observations de Jupiter et de ses satellites, de nébuleuses, de galaxies lointaines appelées nuages de Magellan qu'on observe que dans l'hémisphère sud, d'une géante rouge, d'une étoile naissante et d'une étoile mourante. Tout un tas d'objets célestes forts intéressants. Nous sommes de retour à l'hôtel à minuit ... la nuit sera courte.

L'ascension du Sairecabur (5980m)

Vue sur le LicancaburLe réveil sonne bien trop tôt ce matin. Dehors il fait toujours nuit et la température est fraîche ce qui aide un peu à réveiller nos esprits sommeillants. Le pickup arrive avec à son bord Sergio, notre guide, ainsi que Pablo et Paula, deux de ses amis. Sergio étant un peu malade, il leur a demandé un coup de main pour assurer la sortie. Nous trouvons cela assez pro de sa part. La route qui mène au démarrage de la randonnée est encore plus remuante que celle d'hier et finit même par devenir impraticable à cause de bloc de glace. Tant mieux, ça fera moins de voiture et plus de marche. Nous remontons donc à pied la fin de la route jusqu'à la base de la montagne. 2 choix se posent à nous. Soit nous remontons la voie normale par un chemin tracé qui nous amène quasiment en haut, soit nous faisons notre propre voie en partant droit sur le flanc qui nous fait face. Nous choisissons la 2e option qui s'annonce un peu plus intéressante. Le Sairecabur est un gros tas de cailloux posé là au milieu des volcans.Du bas il ne paraît pas si haut. En réalité le sommet est caché et la montée dans les pierres fait bien 500m dans une pente autour de 45°. Parfait pour nous réchauffer rapidement. C'est Pablo qui mène le groupe. Nous naviguons de pierre en pierre en faisant très attention de ne rien faire tomber sur les collègues qui sont dessous. Nous faisons une petite halte en cours de route pour admirer le panorama sur le désert d'Atacama et sur le Licancabur tout proche avec sa forme conique parfaite. L'ascension se poursuit avec de la neige qui vient un peu perturber notre cheminement. Puis nous atteignons le sommet par un beau soleil, sans une trace de vent. Nous en profitons pour faire une belle pause, de faire quelques offrandes à la Pachamama et de dévorer notre ration de marche. Du sommet, les deux cols qui nous ont donné tant de mal en vélo paraissent si inoffensifs, à peine 2 petites bosses discrètes dans le paysage. Nous prenons plaisir à observer sous un angle différent tous ces lieux qui nous ont marqués et à nous remémorer quelques anecdotes. Après seulement deux jours sans vélo, toutes les situations difficiles sont déjà transformées en bons souvenirs. Malgré le soleil qui nous berce, nous finissons quand même par redescendre. Nous décidons de passer par l'autre côté et de rejoindre le chemin de l'ancienne mine de souffre. Comme à la montée il faut se frayer un chemin au milieu des rochers. Nous progressons tranquillement quand nous nous apercevons au bout de 20 minutes qu'il manque Pablo à l'appel. Sergio et Paula nous rassurent en nous disant qu'il a une bonne expérience de la montagne et une connaissance toute particulière de ce sommet. Nous poursuivons donc en ralentissant le rythme pour qu'il nous rattrape. Après 1h, toujours pas de signe de lui. Nos alarmes commencent à s'allumer, mais pour Sergio et Paula, il a sans doute pris un autre chemin. A force du temps qui passe à scruter régulièrement dans toutes les directions pour essayer de l'apercevoir, les mines deviennent de plus en plus graves. Nous finissons la descente sans plus de nouvelles. Côté chilien, l'espoir est encore fort de le retrouver à la voiture. Côté français, nous nous plions bien malgré nous à la décision de poursuivre sans retourner en arrière pour rechercher une trace de Pablo. A la voiture il n'est pas là et bien entendu les portables ne passent pas. La décision est alors prise pour redescendre un peu en quête de signal pour appeler des amis guides de montagne à la rescousse et lancer les recherches. Ici, point de PGHM sur le qui-vive et pas plus d'hélicoptère. Au sommet du volcanC'est donc naturellement qu'on appelle les connaissances en premier. Pendant ce temps là, l'heure tourne. Une fois les amis contacté, Sergio décide de se coordonner à San Pedro, à 1h30 d'ici. Le scénario commence à prendre une tournure tragique aux yeux de Sébastien. Laetitia pense plutôt qu'il a dû se perdre dans la descente et qu'il est descendu trop bas. Nous continuons de proposer notre aide, mais pour des histoires de responsabilité nous sommes déposés à l'hôtel tandis qu'ils retournent chercher leur ami dans la montagne. Au bout de 3h alors que nous sommes affairés sur les vélos, Paula vient frapper à la porte de l'hôtel pour nous annoncer la nouvelle. Il était descendu un peu trop bas et a préféré passer par un autre chemin plutôt que de devoir remonter. Tout est bien qui finit bien, même si le principe de redescendre de la montagne tout en laissant quelqu'un derrière nous nous aura profondément marqué. Et nous continuons à douter de la pertinence des décisions qui ont été prise cet après midi. Le soir venu, nous allons fêter notre dernier jour à San Pedro dans un restaurant qui nous a été conseillé par les guides : les Délicias de Carmen. Au menu, un bel empenada de queso pour démarrer suivi d'un pastel de choclo savoureux pour Laetitia, une sorte de gratin de maïs légèrement sucré et délicieux. Quant à Sébastien, il se laisse tenter par de la langue de bœuf servie fondante et accompagnée de pommes de terres rissolées et d'une farce froide dont la composition restera un mystère. Les assiettes sont succulentes et généreusement servies. Il nous faut chercher au fin fond de notre gourmandise pour trouver un peu de place pour un dessert. En cadeau bonus nous avons le droit à une nuit de 7h de sommeil.

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