D\u00e8s la sortie de la ville, \u00e7a y est nous y sommes sur la mythique Carretera Australe ou la route 7 construite sous Pinochet en Patagonie Chilienne pour \u00e9viter que les argentins ne prennent possession de ce territoire. La route est en passe d’\u00eatre goudronn\u00e9e, mais reste encore pour nous une piste poussi\u00e9reuse, d’autant plus avec les travaux sur la route. Elle passe le long des montagnes ou au bord des fjords dans des paysages magnifiques \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation dense. La r\u00e9gion est tr\u00e8s peu habit\u00e9e et tous les v\u00e9hicules que nous croisons nous saluent amicalement. <\/p>\n Nous profitons du beau temps pour pique niquer dans la pelouse du parc Pumalin dans lequel se trouve les termes d’Amarillo. Nous h\u00e9sitons \u00e0 y aller car il y a 5 kms de mont\u00e9e \u00e0 se farcir quand une voiture passe. Laetitia la joue au culot et demande \u00e0 son unique passager s’il peut nous d\u00e9poser. Par chance il s’y rendait lui aussi et accepte donc. Nous cachons rapidement les v\u00e9los dans les fourr\u00e9s et partons nous plonger bri\u00e8vement dans ces eaux \u00e0 38\u00b0C qui nous font un bien fou. En plus le lieux est charmant. Puis notre chauffeur nous raccompagne gentiment aux v\u00e9los. <\/p>\n Nous \u00e9tablissons notre campement non loin, au bord du torrent qui descend du glacier dans un camping aux installations ferm\u00e9es. L’atmosph\u00e8re est calme et il fait tr\u00e8s doux, de sorte que nous prenons le temps de manger tranquillement dehors. En dessert, Laetitia tente une compote de pomme et nalca, la plante gigantesque qui pousse partout au bord des routes. La tige est comestible \u00e0 condition de la prendre assez jeune pour qu’elle soit encore souple. L’aspect nous fait penser \u00e0 la rhubarbe, mais le go\u00fbt est tr\u00e8s diff\u00e9rent. Cru il y a une l\u00e9g\u00e8re amertume et une fra\u00eecheur agr\u00e9able. Cuit, le go\u00fbt se rapproche un peu plus, avec la pointe d’acidit\u00e9 en moins et une impression de menthe en arri\u00e8re go\u00fbt.<\/p>\n Nous arrivons au petit village de Santa Lucia o\u00f9 les hommes travaillant sur la route sont venus se restaurer. Comme sur l’\u00eele de Chiloe, nous voyons au loin de la fum\u00e9e sortir des chemin\u00e9es malgr\u00e9 les temp\u00e9ratures cl\u00e9mentes. Ce sont les po\u00eales qui sont en route, ils servent \u00e0 la cuisson du pain, \u00e0 r\u00e9chauffer la maison et maintiennent au chaud toute la journ\u00e9e une th\u00e9i\u00e8re. Laetitia se souvient qu’il y en avait un chez ses grand parents mais il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par une cuisini\u00e8re plus moderne. Nos provisions sont amoindries par nos app\u00e9tits voraces et nous patientons le temps qu’une boutique ouvre. Ici les horaires \u00e0 l’espagnole sont de mise. Tout est ferm\u00e9 jusqu’\u00e0 15h. Soudain un local tape a une des portes des boutiques et la propri\u00e9taire vient lui ouvrir pour le servir. Nous profitons de l’occasion et retenons la le\u00e7on. <\/p>\n Apr\u00e8s quelques kilom\u00e8tres dans une vall\u00e9e ou gambadent des lapins et volent des rapaces, nous croisons un couple de cycliste de Saint \u00c9tienne. Ils ont pr\u00e9vu de remonter de Ushua\u00efa \u00e0 Quito en \u00c9quateur. Ils sont sur la route depuis 1 mois et demi et nous parlent de vent, de froid et de pluie. Nous restons confiants car depuis 2 jours, nous avons un temps splendide avec une temp\u00e9rature autour de 30\u00b0C, du soleil et m\u00eame les rougeurs qui vont avec. Nous avons souvent trop chaud la nuit dans la tente. Du jamais vu pour le coin. Nous finissons d’\u00e9changer quelques conseils et exp\u00e9riences et nous repartons. <\/p>\n Au moment de poser la tente, nous trouvons quelques difficult\u00e9s \u00e0 trouver un endroit. La v\u00e9g\u00e9tation dense laisse peu place et les quelques fermes que nous longeons se sont enferm\u00e9es derri\u00e8re des kilom\u00e8tres de barbel\u00e9 pour le b\u00e9tail. Nous n’osons pas trop rentrer dans les propri\u00e9t\u00e9s. Nous nous installons finalement au bord d’un ruisseau agit\u00e9 et lan\u00e7ons un feu de bois. Un des fermiers du coin nous a rep\u00e9r\u00e9s et vient \u00e0 notre rencontre. Il vient nous avertir qu’il y a des petits rongeurs porteurs d’un virus en ce moment. Leur morsure se sont av\u00e9r\u00e9es mortelles chez quelques personnes. Nous le remercions et prendrons garde de ne pas laisser la moindre nourriture en dehors des sacs.<\/p>\n <\/a> La route se r\u00e9tr\u00e9cie de plus en plus dans ces paysages qui ne changent gu\u00e8re, \u00e0 la diff\u00e9rence pr\u00e8s que les nuages nous bloquent la vue sur les cimes. Nous arrivons rapidement \u00e0 la ville de La Junta. En passant le pont, 2 martins p\u00eacheurs nous observent du haut de leur perchoir et en oublient de guetter le poisson. La ville est tr\u00e8s calme quand nous y entrons et nous sommes bien heureux de trouver un supermercado ouvert pour y faire le ravitaillement de nourriture et d’essence. Apr\u00e8s toutes les d\u00e9boires que nous avons connues, nous tentons quand m\u00eame le diable et prenons un \u0153uf pour le repas de ce soir. Dans cette r\u00e9gion si peu hostile, nous ressentons le besoin de prendre quelques risques pour pimenter le quotidien \ud83d\ude42<\/p>\n La Junta ressemble fort aux pr\u00e9c\u00e9dents villages que nous avons crois\u00e9s sur cette route 7. Un quadrillage de rues aux petites maisons de bois qui se ressemblent fort: un porche en bois pour s’abriter de la pluie, un po\u00eale \u00e0 bois fumant et de larges fen\u00eatres pour capter un maximum de lumi\u00e8re et profiter de la vue sur le jardin qui entoure toute la maison. Souvent color\u00e9es, elles apportent un contraste apaisant face aux nuages gris. Ici, comme aux \u00e9tats unis il y a souvent un drapeau chilien qui flotte.<\/p>\n En repartant, le vent commence \u00e0 se lever et \u00e0 nous souffler au visage. Puis c’est la pluie qui se manifeste \u00e0 son tour. Apr\u00e8s 3 jours d’une chance inou\u00efe, la m\u00e9t\u00e9o reprend son rythme normal. En fin de journ\u00e9e, nous arrivons au village de Puyuhuapi situ\u00e9 au bout du fjord dans le parc naturel de Qeulat. Nous y trouvons le camping “La Sirena” o\u00f9 l’accueil est d’une gentillesse fort appr\u00e9ciable. Ici les tentes sont \u00e0 l’abri sous des toits, les douches sont chaudes \u00e0 toute heure et un local permet de faire la cuisine au po\u00eale \u00e0 bois que le propri\u00e9taire des lieux met en route pendant que nous finissons de monter la tente. Lui et sa femme ne sont pas non plus avares de discussions. Nous sommes les seuls campeurs et ils sont \u00e0 nos petits soins. Ils nous apprennent qu’en ce moment il y a \u00e0 peu pr\u00e8s un couple de cyclistes par soir.<\/p>\n Apr\u00e8s 7 jours \u00e0 nous laver dans les rivi\u00e8res qui descendent parfois directement des glaciers, la douche chaude est dure \u00e0 quitter. Mais heureusement, c’est le po\u00eale \u00e0 bois qui prend le relais pour la fin de la soir\u00e9e avec un petit mat\u00e9.<\/p>\n La route d\u00e9marre le long du fjord de Puyuhuapi qui nous offre des vues magnifiques avec la lumi\u00e8re matinale. Nous voyons soudain des tra\u00een\u00e9es dans l’eau et quelques t\u00eates qui d\u00e9passent par moment. Ce sont des loutres qui semblent sorties pour la p\u00eache. Un peu plus loin, quelques ailerons d\u00e9passent de la surface de l’eau. Cette fois ci ce sont des dauphins, eux aussi en qu\u00eate de leur petit d\u00e9jeuner. L’eau est d’un gris m\u00e9tal \u00e9trange mais offre du coup des reflets tr\u00e8s int\u00e9ressants. La m\u00e9t\u00e9o est correcte ce matin. <\/p>\n Nous passons les termes forts charmants situ\u00e9s au bord du fjord, mais leur tarif nous rebute un peu et nous poursuivons le chemin. Vers midi nous arrivons aux abords du parc de Qeulat. Un chemin am\u00e8ne \u00e0 un site de glaciers \u00e0 travers la for\u00eat. Encore une fois, il faut mettre la main \u00e0 la poche et les estranjeros sont pri\u00e9s d’y aller 3 fois plus fort que les chiliens. Soudain nous tombons sur une zone de travaux o\u00f9 une file de voitures attendent le droit de passer. De nombreux hommes sont sortis des voitures pour aller cueillir de branches de nalca \u00e0 grignoter et S\u00e9bastien fait de m\u00eame. Derri\u00e8re ce stop improvis\u00e9 nous entamons une mont\u00e9e qui d\u00e9marre par du sable dans lequel nous sommes oblig\u00e9s de pousser les v\u00e9los. Nous bataillons sur nos p\u00e9dales pendant deux bonnes heures pour atteindre le col sous la pluie qui ne cesse plus. Ce col qui nous a tant fait baver culmine \u00e0 500m d’altitude et am\u00e8ne \u00e0 une vall\u00e9e surplomb\u00e9e de sommets ac\u00e9r\u00e9s dont les glaciers donnent naissance \u00e0 de puissantes cascades. Cette vall\u00e9e, plate au d\u00e9but, nous fait redescendre par une piste abrupte pour atteindre une portion de route \u00e0 nouveau asphalt\u00e9e. Vers la fin de l’apr\u00e8s midi, nous croisons un panneau qui indique une zone de camping et d\u00e9cidons de nous y arr\u00eater. En guise de camping c’est en fait un abri en bois qui sert plus souvent d’\u00e9table pour les vaches qu’autre chose. <\/p>\n Lorsque nous arrivons au pied de notre premi\u00e8re c\u00f4te importante, une voiture s’arr\u00eate \u00e0 notre hauteur et propose de nous emmener. Nous n’\u00e9tions pas particuli\u00e8rement demandeurs par cette m\u00e9t\u00e9o sublime, mais il nous est difficile de refuser ce coup de main spontan\u00e9. Pendant le trajet, le chauffeur nous dit qu’il n’avait pas vu un tel beau temps depuis de nombreuses ann\u00e9es. Il nous d\u00e9pose dans le village de Villa Amengual juste avant la fermeture des supermarch\u00e9s. Finalement c’\u00e9tait une bonne id\u00e9e de monter avec eux, sans quoi nous \u00e9tions bons pour attendre \u00e0 nouveau jusqu’\u00e0 15h. <\/p>\n La route repart \u00e0 travers de larges vall\u00e9es d\u00e9bois\u00e9es sur lesquelles nous trouvons de grandes fermes au milieu des p\u00e2tures enferm\u00e9es derri\u00e8re des kilom\u00e8tres de cl\u00f4tures. La vue reste jolie, mais nous avons un peu une impression de sur-exploitation de la terre. Il y a moins d’oiseaux dans le ciel et la v\u00e9g\u00e9tation s’est s\u00e9rieusement appauvrie. Le ciel est pratiquement vide de nuage et le thermom\u00e8tre atteint m\u00eame 34\u00b0C. Les lacs que nous passons sont superbes et les vues sur les sommets alentours nous donnent des envies de randonn\u00e9es. Nous profitons d’un ruisseau pour une petite pause rafra\u00eechissante les pieds dans l’eau. <\/p>\n Au dessus de la vall\u00e9e, la nature est rest\u00e9e sauvage et certains lieux n’ont pas du voir passer beaucoup d’hommes. Au bout d’une descente appr\u00e9ciable nous entrons dans le petit village paisible et color\u00e9 de Villa Manihuales pos\u00e9 au bord d’un lac. Nous le traversons en qu\u00eate d’un th\u00e9 et d’une p\u00e2tisserie, mais rien ne nous attire jusqu’\u00e0 ce que nous tombions sur une petite boulangerie qui ne paye pas de mine. A l’int\u00e9rieur une machine a expresso et quelques g\u00e2teaux suffisent convaincre Laetitia. Les \u00e9tals y sont pleins de choses app\u00e9tissantes. Nous profitons de cette pause pour nous renseigner sur le projet de barrages en Patagonie ce qui d\u00e9marre le boulanger au quart de tour.<\/p>\n Apparemment, peu de chiliens sont d’accord pour d\u00e9figurer la Patagonie et ils le font savoir. Quand nous repartons, le boulanger nous indique qu’il y a une casa de ciclistas en ville. Ces casas sont tenus par des amoureux de la petite reine qui proposent de l’h\u00e9bergement gratuit ou presque pour les personnes qui arrivent en v\u00e9lo. Mais il n’est que 18h et nous pr\u00e9f\u00e9rons p\u00e9daler encore une heure ou deux. Nous regrettons presque notre d\u00e9cision aux premi\u00e8res rafales qui nous surprennent \u00e0 la sortie de la ville. Le vent souffle fort et fait vaciller sur nos v\u00e9los. Nous finissons par tomber sur une petite maison au charme fou. Pos\u00e9e sur une petite butte au dessus d’un \u00e9tang, elle dispose d’une vue imprenable sur la vall\u00e9e que nous venons de remonter. Nous y allons au culot et demandons la permissions de poser notre tente au bord de l’\u00e9tang. Les propri\u00e9taires des lieux nous accueillent avec de grands sourires et acceptent bien volontiers. Malgr\u00e9 l’envie de profiter de la vue qui s’offre \u00e0 nous, nous montons la tente rapidement avant la tomb\u00e9e de la nuit. Le chat de la maison nous accompagne et nous passe entre les jambes pendant que nous nous affairons, fouillant curieusement au milieu de nos sacs. Il ne nous quitte pas d’une semelle, d’autant plus quand les odeurs de cuisine montent de la casserole qui chauffe. Un vrai pot de col qui nous grimpe dessus en ronronnant comme une vieille Harley.<\/p>\n La Patagonie est d\u00e9j\u00e0 belle par temps gris, mais elle resplendis encore plus sous le soleil. Les p\u00e2tures et les arbres sont pleins de fleurs rouges, jaunes ou bleues qui embaument l’atmosph\u00e8re de leur parfum printanier. Les fermes aussi embaument \u00e0 leur mani\u00e8re, mais tout cela sent bon la campagne et l’air frais de la montagne et encore une fois nous p\u00e9dalons heureux. L’air se r\u00e9chauffe vite et nous atteignons bient\u00f4t 36\u00b0C pour l’heure du repas. Nous choisissons un petit recoin \u00e9loign\u00e9 de la route et en bord de rivi\u00e8re pour capter un peu de fra\u00eecheur. Il faut r\u00e9guli\u00e8rement nous pincer pour v\u00e9rifier que nous sommes bien en Patagonie, sous un soleil accablant ! Nous emmagasinons tout ce que nous pouvons en pr\u00e9vision du retour de la v\u00e9ritable m\u00e9t\u00e9o locale. <\/p>\n Nous passons un pr\u00e8s o\u00f9 sont pos\u00e9s une multitude de vautours dont certains se battent pour les quelques visc\u00e8res restantes d’un cadavre de vache. Leur taille est impressionnante quand il s’envolent \u00e0 notre passage, pr\u00e9f\u00e9rant fuir leur repas que de subir les flash de S\u00e9bastien.<\/p>\n<\/a>Nous d\u00e9barquons du bateau dans la petite ville de Chaiten qui a connu en 2008 un cataclysme violent. Une \u00e9ruption de poussi\u00e8re est apparue brusquement de sous la terre et \u00e0 ensevelie une partie de la ville. A la suite de \u00e7a, le gouvernement chilien a tent\u00e9 de fermer la ville, mais une poign\u00e9e d’irr\u00e9ductibles sont revenus d\u00e9blayer et depuis la ville vivote doucement au rythme des bateaux. Une grande majorit\u00e9 des maisons sont condamn\u00e9es et il reste encore beaucoup de travail pour remettre la ville en \u00e9tat. <\/p>\n
<\/a>Tr\u00e8s vite le peu de goudron qu’il y avait ce transforme en ripio. Nous arrivons au grand lac de Yelcho o\u00f9 nous pouvons applaudir les belles prises de p\u00eacheurs dans leur barque. Puis vers le bout du lac, nous apercevons avec \u00e9merveillement le glacier de Yelcho, une grande langue de glace qui descend de la montagne. <\/p>\n
Sous le soleil de la Patagonie<\/h3>\n
66Km, +1000m<\/h4>\n
<\/a>Nous commen\u00e7ons la journ\u00e9e par une petite ballade pour aller voir le glacier de Yelcho, superbe langue de glace \u00e9blouissante aux crevasses qui semblent profondes et ne nous donne pas envie de nous y aventurer. Nous enfourchons nos v\u00e9los et entamons un col de 7 km \u00e0 10%. La mont\u00e9e est rude sur cette piste retourn\u00e9e r\u00e9cemment en vue de son bitumage prochain. Beaucoup de cailloux ressortent et nos v\u00e9los d\u00e9rapent souvent. D\u00e8s nos 1ers coups de p\u00e9dale dans la descente, Laetitia cr\u00e8ve. Nos pneus encaissent difficilement cette piste et nos chambres \u00e0 air se retrouvent r\u00e9guli\u00e8rement pinc\u00e9es contre la jante et finissent par c\u00e9der.<\/p>\n
<\/a>Les paysages que nous traversons sont magnifiques, la route suit des rivi\u00e8res de couleur vertes et tout autour des montagnes se dressent avec des pentes escarp\u00e9es, certaines avec une v\u00e9g\u00e9tation dense jusqu’\u00e0 leur sommet, d autres plus hautes ont les cimes encore enneig\u00e9es de cet hiver avec de ci de l\u00e0 quelques glaciers qui creusent leur roche. Nous voyons passer un cort\u00e8ge de 2 chevaux qui courent pour le trail des Baroudeurs. Encore un pays o\u00f9 nous croisons principalement des fran\u00e7ais. Il faut dire qu’avec nos cong\u00e9s pay\u00e9s et nos RTTs, nous sommes tr\u00e8s chanceux. <\/p>\n
Sous la pluie de la Patagonie<\/h3>\n
73km, +850m<\/h4>\n
<\/a>C’est une fine bruine qui nous accueille ce matin et qui a l\u00e9g\u00e8rement humidifi\u00e9 le bois pour le feu du petit d\u00e9jeuner. S\u00e9bastien s’acharne donc un peu plus qu’hier soir pour faire chauffer la casserole, mais y parvient tout de m\u00eame. Nous appr\u00e9cions alors le porridge de Laetitia agr\u00e9ment\u00e9 de raisins secs et de bananes, bien meilleur que l’avoine seule.<\/p>\n
<\/a>Nous essuyons d’abord quelques averses \u00e9parses qui ne nous mouillent quasiment pas, puis en vient une qui ne nous l\u00e2che plus. Aujourd’hui la route circule tr\u00e8s peu et nous p\u00e9dalons tranquillement avec cette impression d’\u00eatre seuls au monde. Sur le bas c\u00f4t\u00e9 les nalcas ont pris en taille et nous observons des sp\u00e9cimens impressionnants sous lesquels nous pourrions nous abriter \u00e0 deux, une preuve de plus de l’abondance de l’eau.<\/p>\n
Le parc Queulat<\/h3>\n
73km, +1120m<\/h4>\n
<\/a>Nous faisons nos adieux aux sympathiques propri\u00e9taires du camping et passons \u00e0 la panaderia du village qui semble ferm\u00e9e. Nous entrons tout de m\u00eame et tombons sur des vitrines enti\u00e8rement vides. La boulang\u00e8re arrive alors et nous propose 2 sortes de pain qu’elle va chercher dans l’arri\u00e8re boutique, quel luxe !!! <\/p>\n
<\/a>Au vue de notre r\u00e9serve de pesos et aussi sur ce principe de tarif sp\u00e9cial pour \u00e9trangers nous faisons demi-tour encore une fois et allons plus loin dans la for\u00eat pour pique niquer. Le soleil irradie la petite clairi\u00e8re dans laquelle nous nous sommes pos\u00e9s et nous tardons \u00e0 nous remettre en selle. Plus nous nous enfon\u00e7ons dans la for\u00eat dense, plus la route se r\u00e9tr\u00e9cie et plus le ciel s\u2019assombrit. <\/p>\n
Une superbe journ\u00e9e<\/h3>\n
97km, +860m<\/h4>\n
<\/a>Apr\u00e8s une nuit pass\u00e9e \u00e0 \u00e9couter les ch\u0153urs canins en canon, la journ\u00e9e d\u00e9marre tr\u00e8s bien. Il fait beau et la route est en descente au milieu de belles montagnes bois\u00e9es. Nous avons imm\u00e9diatement un large sourire qui nous traverse le visage. Des quelques fermes que nous croisons, sortent des gauchos sur leur chevaux accompagn\u00e9s de leurs chiens. Ils ont fi\u00e8re allure avec leur chapeau et leur jean. Nous avan\u00e7ons \u00e0 vive allure sur l\u2019asphalte r\u00e9cent. <\/p>\n
<\/a>Mais nous lui tenons t\u00eate. Nous esp\u00e9rons nous poser \u00e0 l’endroit o\u00f9 la route rejoins la rivi\u00e8re, mais arriv\u00e9s sur place nous faisons face \u00e0 un canyon profond au bas duquel rugit un torrent. Tout le long de la route, les rares parcelles de terrain sont toutes cl\u00f4tur\u00e9es et nous n’y voyons pas d’habitation. <\/p>\n
Encore une journ\u00e9e ensoleill\u00e9e<\/h3>\n
75km, +900m<\/h4>\n
<\/a>D\u00e9cid\u00e9ment nous sommes chanceux. D\u00e8s le lever, le ciel est d’un bleu azur impeccable. Pas une t\u00e2che blanche \u00e0 l’horizon pour annoncer la pluie. Nous d\u00e9jeunons face \u00e0 l’\u00e9tang avec notre ami le chat qui est revenu en courant d\u00e8s qu’il a aper\u00e7u du mouvement hors de la tente. En discutant avec nos h\u00f4tes, nous comprenons pourquoi chaque terrain est barricad\u00e9 derri\u00e8re des kilom\u00e8tres de barbel\u00e9. Quand nous lui posons la question, la ma\u00eetresse de maison nous parle de vols de b\u00e9tail et de gens malhonn\u00eates. En effet, ici le b\u00e9tail n’est pas marqu\u00e9 et la chose semble donc tout \u00e0 fait envisageable. En rajoutant peu \u00eatre une petite dose de parano\u00efa, on arrive \u00e0 cet \u00e9tat de fait o\u00f9 tout est cadenass\u00e9 quand bien m\u00eame il n’y a pas grand monde. <\/p>\n