Nous parcourons une piste de fermes fleuries nich\u00e9es dans des petits vallons verdoyants. Nous appr\u00e9cions de p\u00e9daler dans un paysage qui nous rappelle nos campagnes fran\u00e7aises, un peu de Bretagne avec ces vallons, d’Auvergne avec ces genets et de Normandie avec ses vaches. Nous nous arr\u00eatons pour boire un th\u00e9 chaud a un petit stand aux abords d’une \u00e9cole, c’est justement l’heure de sortie et les enfants nous regardent curieusement, certains m\u00eame vienne nous poser des questions. Un chilien curieux nous demande o\u00f9 on va ,et pourquoi nous passons par la piste alors qu’il y a l’autoroute. Nous poursuivons la piste qui est faite en montagnes russes avec quelques belle mont\u00e9es \u00e0 plus de 10% aura raison de nos jambes mais permet de beaux points de vue sur les environs. Nous passons de petits villages avec des \u00e9glises charmantes tout en bois. Un paysan nous propose un bout de sa cour pour poser la tente, nous acceptons avec joie. Apr\u00e8s un petite visite de la ferme, o\u00f9 courent cochons, moutons, vaches, oies, poules, chat, chien, nous nous installons au milieu des moutons.<\/p>\n La pluie cesse enfin. Sur le ferry, nous discutons avec 2 chiliens intrigu\u00e9s par nos v\u00e9los, et d\u00e9sireux d’en savoir plus sur l’Europe, la Gr\u00e8ce, l’\u00e9conomie portugaise, les conflits sociaux anglais. Nos premiers coups de p\u00e9dale sur l’\u00eele de Chiloe se font sous le soleil, ce qui parait-il est une chance ici. Situ\u00e9e dans le pacifique, Chiloe est connue pour son mauvais temps. Les personnes que nous avions crois\u00e9es nous avaient pr\u00e9venu qu’il y pleut “\u00e0 peu pr\u00e8s 8 jours sur 7”. Cette pluie r\u00e9guli\u00e8re est une caract\u00e9ristique de l’\u00eele et c’est elle qui permet ces paysages d’un vert profond et cette v\u00e9g\u00e9tation si dense. <\/p>\n En d\u00e9but de soir\u00e9e, Laetitia d\u00e9niche une petite route qui file sur la gauche vers la plage. Au bout du chemin il y a l’\u00e9glise et un petit parc avec un kiosque qui donne sur la mer. Nous y installons le campement qui sera prot\u00e9g\u00e9 de la pluie annonc\u00e9e pour la nuit.<\/p>\n La piste est difficile, nous ne faisons que descendre et monter sur des portions de 200 \u00e0 500m \u00e0 plus de 10% d’inclinaison. Il est midi, nous n’avons fait que 20km et sommes ext\u00e9nu\u00e9s. La pluie fini d’avoir raison du peu de motivation qu’il nous reste, nous finissons au restaurant devant une soupe bien chaude \u00e0 observer le Pacifique derri\u00e8re la fen\u00eatres. <\/p>\n Nous sommes dans la ville de Quemchi d’o\u00f9 d\u00e9marre le circuit des \u00e9glises. Plusieurs \u00e9glises de Chiloe sont class\u00e9es \u00e0 l’Unesco. Elles sont enti\u00e8rement en bois m\u00eame l’int\u00e9rieur, parfois peintes, avec en fa\u00e7ade un clocher qui ressemble \u00e0 un phare et un parvis abrit\u00e9 pour les jours pluvieux. Malheureusement, ce circuit nous fait faire des d\u00e9tours de 16 bornes chacun pour aller les voir, nous d\u00e9cidons d’en s\u00e9lectionner une \u00e0 San Juan. Au cours de la mont\u00e9e, nous voyons devant une maison un robinet d’eau. Nous frappons \u00e0 la porte et demandons si nous pouvons nous servir. Nous sommes accueillis par le sourire d’un aquaculteur qui nous propose de poser la tente dans son jardin. La vue sur le port est superbe, nous laissons donc le reste de la c\u00f4te \u00e0 demain. A la tomb\u00e9e de la nuit, alors que nos p\u00e2tes tardent \u00e0 cuire, le fils de la maison nous apporte une assiette de moules fra\u00eeches encore fumantes et deux morceaux de pain fait-maison.<\/p>\n Nous arrivons vite \u00e0 la ville de Dalcahu\u00e9. En nous baladant le long du port nous arrivons sur une petite place. Un groupe de musique folklorique y chante et y danse devant un comedor fort all\u00e9chant qui nous incite \u00e0 reposer nos sandwichs dans les sacoches pour d\u00e9guster une soupe de moule et quelques empenadas. Le village poss\u00e8de une belle \u00e9glise en bois et quelques vieilles maisons typiques. \u00c0 quelques centaines de m\u00e8tres de la plage nous pouvons presque toucher l’\u00eele de Chacao, mais par manque de temps nous ne pouvons pas y faire un tour. Chiloe a beau \u00eatre une petite \u00eele, elle regorge de merveilles \u00e0 d\u00e9couvrir et il aurait bien fallu y passer 5 ou 6 jours. Mais le bateau pour Chaiten est ce soir et le prochain est dans une semaine. <\/p>\n<\/a>Apr\u00e8s un d\u00e9jeuner copieux de cr\u00eapes, et quelques recherches infructueuses pour trouver des vis pour nos b\u00e9quilles, nous r\u00e9ussissons a nous mettre en route. Nous faisons un petit tour en v\u00e9lo dans Bariloche pour observer des maisons centenaires tout en bois puis nous prenons la direction de Chiloe par les petites routes. Des nuages menacent mais il ne pleut pas, nous avons m\u00eame droit \u00e0 quelques \u00e9claircies. <\/p>\n
<\/a>Nous essayons d’expliquer que c’est justement pour ce type de rencontres que nous sortons des sentiers battus. <\/p>\n
premiers pas sur Chiloe<\/h3>\n
80km, +800m<\/h4>\n
<\/a>Le r\u00e9veil est difficile ce matin, il pleut et nous avons beaucoup de mal \u00e0 nous extirper des duvets pour mettre nos pantalons de pluie. Finalement nous nous lan\u00e7ons sous la pluie vers 10h. Nous sommes oblig\u00e9s de faire les derniers kms sur la route 5, la panam\u00e9ricaine, que nous essayons d’\u00e9viter en raison de son trafic important. Nous arrivons a l’embarcad\u00e8re et prenons le ferry pour rejoindre Chiloe. <\/p>\n
<\/a>Chiloe est essentiellement habit\u00e9e par des fermiers et des p\u00eacheurs forts sympathiques. Nous longeons la c\u00f4te avec ses petits villages de bois et ses bosquets de gen\u00eats en fleur agr\u00e9ment\u00e9s de fuchsias. Le ciel fourmille d’oiseaux de toutes tailles, moineaux, rapaces, mouettes et autres ibis multicolors. Nous apercevons m\u00eame un groupe de perroquets. Les gens sont vraiment sympathiques ici. En fin d’apr\u00e8s midi nous croisons deux hommes qui nous proposent rapidement un bout de leur jardin pour poser la tente. Il n’est encore que 17h30 et nous d\u00e9clinons pour poursuivre encore quelques kilom\u00e8tres tant qu’il fait jour. Un peu plus loin, alors que nous cherchons une boisson chaude pour nous r\u00e9chauffer de la pluie qui nous est revenue dessus, la g\u00e9rante d’une petite boutique nous accueille chez elle aupr\u00e8s du po\u00eale \u00e0 bois. <\/p>\n
Une petite journ\u00e9e<\/h3>\n
50km, +700m<\/h4>\n
<\/a>La nuit a \u00e9t\u00e9 agit\u00e9e, les oiseaux sont des couche-tard mais aussi des l\u00e8ve-t\u00f4t. Nous nous levons donc sous un belle \u00e9claircie mais dans le gaz apr\u00e8s cette nuit hach\u00e9e. Ce matin il y a de belles lumi\u00e8res sur la mer que nous observons en d\u00e9jeunant. Des p\u00eacheurs sont d\u00e9j\u00e0 en train de ramasser des crustac\u00e9s et qu’ils ram\u00e8nent \u00e0 cheval. <\/p>\n
<\/a>Elle se trouve au bout d’un petit chemin charmant de 8km o\u00f9 les collines sont encore plus accentu\u00e9es en bord de mer. Nous y parvenons apr\u00e8s une derni\u00e8re descente de 1km \u00e0 22% qui nous fait d\u00e9j\u00e0 craindre la remont\u00e9e. Mais nous ne sommes pas d\u00e9\u00e7us du voyage. Le village vaut le d\u00e9tour. La mer recul\u00e9e laisse derri\u00e8re elle un peu d’eau stagnante dans laquelle se refl\u00e8tent les collines et \u00eeles aux alentours. Il s’agit d’un petit port typique avec une superbe \u00e9glise en bois non peinte et des maisons elles aussi anciennes avec un bardage en ardoise de bois. Quelques bateaux envas\u00e9s attendent le retour de la mar\u00e9e. <\/p>\n
Direction le ferry<\/h3>\n
<\/a>D\u00e8s le lever, nous profitons de la vue sur le petit village de San Juan. D’entr\u00e9e de jeu il nous faut finir cette sacr\u00e9e c\u00f4te en guise de r\u00e9veil musculaire. Nous sommes r\u00e9guli\u00e8rement encourag\u00e9s par des nu\u00e9es de perroquets qui nous passent au dessus de la t\u00eate en piaillant. Les autres bosses qui nous avaient parues coriaces \u00e0 l’aller, nous semblent maintenant plus faciles. Au moins celles l\u00e0 peuvent se grimper en p\u00e9dalant. <\/p>\n