Nous finissons par louer une voiture pour nous diriger sur le d\u00e9part d’une petite randonn\u00e9e histoire, tout de m\u00eame, d’occuper notre journ\u00e9e. Nous repartons en direction d’Ensenada sur la route que nous avions prise la veille. Hormis le plaisir d’avancer sans effort nous avons moins le temps d’appr\u00e9cier les paysages et sommes confort\u00e9s dans notre choix de voyage en v\u00e9lo. La route se poursuit par une piste qui serpente le long du fjord de Reloncavi, une avanc\u00e9e de l’oc\u00e9an pacifique dans les terres, qui nous am\u00e8ne au village de Cochamo. De l\u00e0 nous prenons une route encore plus petite pour nous enfoncer dans la vall\u00e9e sauvage du rio Cochamo, dite secret de la Patagonie. A la fin de la piste, nous garons la voiture et partons \u00e0 l’assaut du sentier qui part droit dans la for\u00eat. <\/p>\n Tr\u00e8s vite nous sommes plong\u00e9s au c\u0153ur de cette for\u00eat tropicale \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation dense et luxuriante. Les alerc\u00e9s immenses, couverts de mousses et autres lianes abritent une foule d’oiseaux et d’autres animaux dont nous sentons la pr\u00e9sence sans toutefois pouvoir les apercevoir. Nous passons des ruisseaux sur des troncs d’arbres et naviguons dans un labyrinthe d’orni\u00e8res immenses dont nous nous demandons bien ce qui a pu les creuser comme \u00e7a. Est ce le seul passage des animaux ? Est ce le ruissellement de l’eau ? R\u00e9guli\u00e8rement des planches de bois ou des petits troncs d’arbres ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s pour pouvoir passer les endroits les plus mar\u00e9cageux. L’atmosph\u00e8re est paisible dans cette for\u00eat sombre. Apr\u00e8s une longue marche de 4h nous arrivons enfin dans une plaine d\u00e9gag\u00e9e et pouvons apercevoir ces falaises de granit qui nous surplombent et ces petits sommets encore bien enneig\u00e9s. <\/p>\n Nous acc\u00e9dons au refuge en traversant la rivi\u00e8re \u00e0 l’aide d’un chariot suspendu. L’endroit est tr\u00e8s chaleureux, tout en bois et sans doute assez neuf. Les g\u00e9rants sympathiques y font tout \u00e0 la main, du pain du petit d\u00e9jeuner \u00e0 la p\u00e2te \u00e0 pizza du soir, en passant par la bi\u00e8re de l’ap\u00e9ritif qui malheureusement est encore en mac\u00e9ration \u00e0 cette \u00e9poque. A peine arriv\u00e9s, nous filons sur le sentier des cascades pour occuper les 2h qui nous s\u00e9parent du repas. Le chemin monte raide dans la montagne, toujours dans cette for\u00eat \u00e9paisse. Les cascades sont impressionnantes de hauteur et de d\u00e9bit et constituent \u00e0 peu pr\u00e8s les seuls points de vue d\u00e9gag\u00e9s de la promenade. Arriv\u00e9 \u00e0 la 3e cascade, la luminosit\u00e9 se met \u00e0 baisser fortement et sous les arbres il fait bien sombre. Nous esp\u00e9rons qu’il ne reste plus beaucoup de chemin mais nous n’avons aucune visibilit\u00e9 pour estimer notre position. L’heure tourne et nous pressons le pas sur ce chemin que nous distinguons de moins en moins. Soudain une clairi\u00e8re et un ponton, mais nous nous retrouvons au bout, au milieu d’un mar\u00e9cage franchement infranchissable. Finalement nous passons \u00e0 proximit\u00e9 de maisons o\u00f9 il y a de la lumi\u00e8re. Nous ne sommes plus tr\u00e8s loin du refuge, mais il se cache encore derri\u00e8re les arbres. Nous allons demander notre chemin et sommes accueillis par 2 grands sourires. Horacio nous explique que le refuge est \u00e0 5 minutes par un petit chemin assez simple \u00e0 suivre. Il nous pr\u00eate une frontale pour nous aider \u00e0 suivre le sentier alors qu’il fait nuit noire. En effet, 5 minutes apr\u00e8s nous sommes arriv\u00e9s au refuge en train de d\u00e9guster une petite bi\u00e8re en attendant l’arriv\u00e9e de notre pizza maison cuite au feu de bois. La petite angoisse de passer une nuit \u00e0 la belle \u00e9toile est vite estomp\u00e9e et nous discutons avec les autres randonneurs du refuge.<\/p>\n Le premier passage de corde nous fait passer sous un rocher qui ruisselle et d\u00e9trempe les randonneurs qui ne se pressent pas suffisamment. Les plus rapides ne s’en sortent pas secs pour autant. Viens ensuite un passage o\u00f9 l’on s’\u00e9tonne que la terre arrive \u00e0 s’accrocher \u00e0 la roche et que les arbres arrivent \u00e0 s’ancrer dans la terre. Mais le tout tiens bon et l’on monte aux racines des arbres comme on prendrait une \u00e9chelle. Le deuxi\u00e8me passage de corde est au sec cette fois et franchit une belle dalle de granit d’une quarantaine de m\u00e8tres. Apr\u00e8s ce passage, la neige commence \u00e0 faire son apparition. Par petits tas au d\u00e9but, puis un peu plus jusqu’\u00e0 la sortie de la for\u00eat o\u00f9 le sol est recouvert enti\u00e8rement. Nous nous retrouvons donc \u00e0 marcher sur cette neige encore \u00e0 peu pr\u00e8s dure en direction du sommet que nous n’atteindrons pas par manque d’\u00e9quipement. Nous profitons des roches non recouvertes pour monter le plus haut possible, puis d\u00e9cidons de franchir un replat mais un bruit suspect dans la neige nous d\u00e9cide d\u00e9finitivement \u00e0 faire demi-tour. <\/p>\n Le ciel est couvert, mais la vue reste d\u00e9gag\u00e9e et nous pouvons voir jusqu’\u00e0 la mer. Les randonneurs allemands du refuge nous ont beaucoup parl\u00e9 des condors qu’ils ont vu la veille au m\u00eame endroit, mais nous n’avons pas cette chance et le ciel reste d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment vide et nous repartons par le m\u00eame chemin pour redescendre. Dans l’autre sens, les parties bien raides se mettent \u00e0 glisser un peu et il faut redoubler de vigilance. La descente de la dalle de granit est impressionnante et nous nous crispons un peu sur la corde devant tant de vide. Puis c’est le retour sur le plancher des vaches, le passage du chariot et le retour au refuge. Nous pique niquons \u00e0 la rivi\u00e8re, les pieds dans l’eau en profitant du beau soleil qui vient d’arriver avant de repartir nous enfoncer dans la for\u00eat pour revenir \u00e0 la voiture. En chemin nous sommes doubl\u00e9s par Horacio qui part \u00e0 la ville avec 3 chevaux, sans doute pour faire les courses. Nous apercevons furtivement un peu de vie animale. Nous voyons notamment des pics accroch\u00e9s aux troncs des alerc\u00e9s en qu\u00eate d’insectes \u00e0 grignoter et un putois nonchalant qui s’enfuit mollement \u00e0 notre approche. Nous pourchassons ce dernier \u00e0 la mani\u00e8re de paparazzis, avides d’une photo de cet animal que nous croisons peu. Il l\u00e8ve alors sa queue pour d\u00e9voiler les armes qu’il poss\u00e8de \u00e0 l’oppos\u00e9 de son museau en guise d’avertissement de ne pas s’approcher plus. Arriv\u00e9s \u00e0 la voiture nous d\u00e9cidons de prendre par la carretera australe curieux de voir la partie que nous ne ferons pas en v\u00e9lo et qui am\u00e8ne \u00e0 la ville de Puelo o\u00f9 un ferry permet de rejoindre Puerto Montt. Cette toute petite portion de route sur la carte prend le temps monter et descendre \u00e0 travers de charmants petits villages et nous finissons par rejoindre le port assez tard. Nous rejoignons enfin Puerto Montt \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit ce qui ne nous aide gu\u00e8re \u00e0 retrouver la route qui va vers Puerto Varas que nous n’atteignons que vers 23h apr\u00e8s une belle journ\u00e9e bien remplie.<\/p>\n<\/a>Apr\u00e8s un r\u00e9veil matinal pour l’ascension du volcan nous sortons attendre le guide devant l’h\u00f4tel. Au bout d’un moment un affreux doute nous prend. Nous remontons lire nos mails \u00e0 tout hasard et trouvons avec effroi un mail dat\u00e9 d’hier soir assez tard nous indiquant que finalement l’ascension ne sera pas possible. Nous retournons donc au lit tr\u00e8s frustr\u00e9s. Quand nous nous r\u00e9veillons pour la 2\u00e8 fois, la m\u00e9t\u00e9o est excellente. \u00c7a aurait \u00e9t\u00e9 un jour id\u00e9al pour l’ascension, mais pr\u00e9venus le matin m\u00eame, nous sommes pris de court pour nous r\u00e9organiser. <\/p>\n
<\/a><\/p>\n
L’Arco Iris<\/h3>\n
<\/a>Parmi les nombreuses ballades \u00e0 faire autour du refuge, une en particulier \u00e0 retenue notre attention : la mont\u00e9e de l’Arco Iris. L’Arco Iris est un petit sommet qui surplombe la vall\u00e9e et le chemin qui y m\u00e8ne monte droit sur la falaise en empruntant quelques passage de cordes aux endroits les plus abruptes. C’est une ballade sportive faisable \u00e0 la journ\u00e9e avec en plus le petit d\u00e9fit suppl\u00e9mentaire de revenir suffisamment t\u00f4t pour retourner \u00e0 la voiture le soir m\u00eame. Nous partons \u00e0 la fra\u00eeche le ventre plein apr\u00e8s un petit d\u00e9jeuner tr\u00e8s agr\u00e9able. D’entr\u00e9e le chemin monte sec et nous nous accrochons souvent aux branches pour nous aider. Dans cette pente bien raide, nous avons souvent des petites \u00e9claircies dans les feuillages pour observer les autres sommets en face. <\/p>\n
<\/a><\/p>\n