Nous rejoignons enfin la route qui se trouve \u00eatre en bon \u00e9tat et nous m\u00e8ne rapidement \u00e0 notre premi\u00e8re lagune de couleur gris-bleu\u00e2tre \u00e0 l’aspect de nacre dans laquelle patauge une foule de flamands roses. Le tableau est sympathique, mais l’odeur de vase est prenante. Nous refaisons le plein d\u2019\u00e9nergie tout en observant les volatiles. Bizarrement nous n’avons toujours pas vu le ballet quotidien des 4×4. Les doutes pr\u00e9c\u00e9dents reprennent de l’ampleur. Apr\u00e8s avoir pris plein sud et n’ayant pas vu de trace de 4×4 ni d’autre lagune, nous sommes \u00e0 pr\u00e9sents s\u00fbrs de ne pas \u00eatre dans la bonne vall\u00e9e. Il est 15h, nous sommes dans le d\u00e9sert et nos r\u00e9serves d’eau chutent. Nous avions tout bien planifi\u00e9 avec ce topo qui nous l\u00e2che. Apr\u00e8s l’avoir maudit, nous prenons plein est vers la vall\u00e9e qu’indiquait le premier topo. Le vent s’est lev\u00e9 et il nous souffle de face. La piste ondule au pied d’un beau volcan. Derri\u00e8re un des nombreux relief apparaissent soudain des b\u00e2timents vides et d\u00e9serts. Certains sont en ruines tandis que d’autres sont presque neufs. Un panneau indique que nous nous trouvons au campamento Corina, un projet de tourisme euro-bolivien. Apr\u00e8s en avoir fait le tour, nous d\u00e9nichons en contre-bas un petit cours d’eau claire o\u00f9 nous pouvons faire le plein. Le moral remonte aussit\u00f4t. Apr\u00e8s avoir rempli les 12l qui nous permettent de tenir un jour et demi nous poursuivons vers l’est en direction des lagunes Canapa et Hedionda. <\/p>\n Derri\u00e8re un col \u00e0 4450m, une \u00e9tendue blanche et plane se dessine au loin. Serait-ce Canapa ? Nous sommes encore un peu loin pour pouvoir distinguer grand chose. En tout cas le relief qui s’\u00e9tend sous nos yeux pourrait bien correspondre aux descriptions des topos. Notre route part sur la gauche et rejoins un plateau plus bas. Les traces de 4×4 se font de plus en plus nombreuses. Le vent s’accentue encore et il faut pousser sur les p\u00e9dales pour atteindre le bout de se petit plateau et d\u00e9couvrir une grande lagune. L’altitude correspond, la direction aussi, mais il faudra attendre d’avoir descendu les chemin qui nous m\u00e8ne au bord pour avoir la preuve. Un panneau indique l’h\u00f4tel Los Flamingos, seul h\u00f4tel \u00e0 des kilom\u00e8tres \u00e0 la ronde. Plus de doute, nous avons retrouver le chemin. Au final, ce petit d\u00e9tour d’\u00e0 peine 30 ou 40km nous aura co\u00fbt\u00e9 une bonne journ\u00e9e d’effort, \u00e0 pousser les v\u00e9los plus qu’\u00e0 p\u00e9daler ainsi qu’une bonne sueur froide. Reste encore un d\u00e9tail \u00e0 r\u00e9gler. Il faut trouver un endroit o\u00f9 dormir alors que le vent est puissant et que le paysage manque de relief derri\u00e8re lesquels s’abriter. Nous allons donc frapper \u00e0 la porte de l’h\u00f4tel qui est connu pour \u00eatre tr\u00e8s cher.<\/p>\n La laguna colorada offre vraiment une vue surr\u00e9aliste avec ses flamands roses, son eau mauve, ses berges vertes et ses quelques roches blanches. Ce paysage extraterrestre est d\u00fb \u00e0 aux nombreux composants chimiques pr\u00e9sents dans l’eau qui ont favoris\u00e9 le d\u00e9veloppement d’une foule de micro-organismes qui donnent toutes ces Par contre, la route qui la borde et que nous remontons sur 17km est l’une des pires qui soient. Nous mettons 2h30 sur cette piste pourtant plate et nombreuses sont les occasions o\u00f9 nous sommes forcer de pousser les v\u00e9los. Apr\u00e8s la route de ce matin, nous retrouvons les conditions plus classiques du Sud Lipez. S’en suit une mont\u00e9e vers un col \u00e0 4600m, soit 300m \u00e0 gravir en 7 kilom\u00e8tres. Cette fois la piste est bonne, mais c’est la pente qui se charge de nous ralentir. Avant d’atteindre le col, nous trouvons un endroit pour poser la tente, puis S\u00e9bastien se charge de la cuisine au feu de bois avec le reste des branches que nous emport\u00e9es du bivouac pr\u00e9c\u00e9dent. Aupr\u00e8s des flammes, la temp\u00e9rature est bien supportable et on peut en profiter pour contempler le ciel \u00e9toil\u00e9 tout en gardant un oeil sur le foyer. Il n’y a pas \u00e0 dire, une bonne pl\u00e2tr\u00e9e de p\u00e2tes est plus sympathique qu’une conserve de sardines.<\/p>\n Le poste fronti\u00e8re bolivien est perdu au milieu des sables. D\u00e8s notre arriv\u00e9e le ton est donn\u00e9, pas de bonjour mais un “quinze bolivianos !” On r\u00e9torque que c’est la premi\u00e8re fois que nous avons besoin de payer \u00e0 une fronti\u00e8re bolivienne. A cette simple contestation, le policier s’\u00e9nerve instantan\u00e9ment. “On ne vient pas ici pour poser des questions. C’est la derni\u00e8re fois que vous mettez les pieds dans mon pays. D\u00e9gagez d’ici !” Il tamponne nos passeport et nous somme de quitter les lieux sur le champ sur un ton mena\u00e7ant. Voil\u00e0 une belle fa\u00e7on de terminer le s\u00e9jour dans le d\u00e9sert. Nous reprenons donc la route, mais cette fois-ci en territoire chilien. Il faut grimper quelques dizaines de m\u00e8tres encore avant de se lancer sur la belle descente asphalt\u00e9e de 45 kilom\u00e8tres vers San Pedro de Atacama. Nous d\u00e9valons la pente avec plaisir sous les flash de photo de quelques routiers intrigu\u00e9s. La temp\u00e9rature monte en fl\u00e8che et s’arr\u00eate \u00e0 44\u00b0C alors que nous traversons une zone de d\u00e9sert o\u00f9 les panneaux indiquent “campo minada”, nous invitant gentiment \u00e0 ne pas sortir de la route. <\/p>\n Puis vient l’arriv\u00e9e au poste fronti\u00e8re chilien. Cette fois-ci notre timing est meilleur. Nous arrivons vers 14h, le douanier vient de terminer sa pause d\u00e9jeuner. Le contr\u00f4le sanitaire est lui aussi rapidement exp\u00e9di\u00e9, nous laissant l’acc\u00e8s \u00e0 cette oasis qu’est San Pedro. Le charme des murs blancs et des rues en terre brune agit rapidement sur Laetitia. Apr\u00e8s avoir d\u00e9pos\u00e9 nos affaires \u00e0 l’h\u00f4tel nous filons manger. <\/a>La journ\u00e9e d\u00e9marre bien. Le lieux de bivouac a \u00e9t\u00e9 bien choisi et nous profitons rapidement des rayons du soleil qui viennent r\u00e9chauffer la tente. La temp\u00e9rature est correcte et nous sommes rapidement en ordre de marche. Nous sommes bien motiv\u00e9s, il n’y a pas de vent, il fait beau et ce paysage de western ouvre notre app\u00e9tit de d\u00e9couverte. Tr\u00e8s vite le chemin se perd dans le sable. Le topo indiquait un col \u00e0 4300m et le compteur nous indique d\u00e9j\u00e0 4500m. De m\u00eame il nous indiquait une mont\u00e9e de 2km et nous grimpons de 7km. Les premiers doutes commencent \u00e0 pointer dans notre t\u00eate et les traces de v\u00e9los que nous suivons semble de m\u00eame chercher leur chemin. Au loin quelque chose attire notre attention. Une voiture roule \u00e0 vive allure sur une route qui semble aller dans la bonne direction. Passer la frustration de r\u00e9aliser que nous ne sommes probablement pas au bon endroit, nous savons au moins quelle est la direction \u00e0 suivre. Le chemin est difficile, mais il serpente dans des paysages magnifiques. Nous franchissons de petits canyons secs o\u00f9 l’\u00e9rosion \u00e0 donner aux roches des formes \u00e9tonnantes, le tout \u00e0 l’ombre de sommets aux cimes enneig\u00e9es. Il fait bon, il fait beau et les paysages sont beaux. Tout autour de nous conspire \u00e0 nous faire oublier la difficult\u00e9 du parcours. <\/p>\n
<\/a> Le g\u00e9rant nous annonce une premi\u00e8re vol\u00e9e de tarifs qui d\u00e9marrent \u00e0 85$ US par personne, alors qu’un h\u00f4tel classique co\u00fbte en moyenne 60 \u00e0 80 $B pour 2, soit plus de 10 fois moins ! Comme il n’y a personne ce soir, nous finissons par n\u00e9gocier la chambre \u00e0 15$ US par personne avec le petit d\u00e9jeuner. Une belle prouesse pour nous autres qui sommes g\u00e9n\u00e9ralement de pi\u00e8tres n\u00e9gociateurs. Cela reste tout de m\u00eame de loin la chambre la plus ch\u00e8re depuis notre d\u00e9part. Mais quel plaisir de prendre une douche chaude apr\u00e8s 2 jours de salar et 3 jours de d\u00e9sert. Nous pouvons m\u00eame utiliser la cuisine. S\u00e9bastien sort alors le r\u00e9chaud qui ne veut pas fonctionner. Apr\u00e8s d\u00e9montage et nettoyage complet, toujours rien. Sur les conseils d’un gar\u00e7on de l’h\u00f4tel, il tente une derni\u00e8re man\u0153uvre, aspirer un grand coup au niveau de l’arriv\u00e9e d’essence pour tout d\u00e9coincer. Pendant ce temps, Laetitia se voit autoriser l’acc\u00e8s \u00e0 la gazini\u00e8re et la cuisine reprend son cours. Apr\u00e8s quelques \u00e9poumonages et un l\u00e9ger arri\u00e8re go\u00fbt d’essence qui est rincer \u00e0 l’aide d’une bi\u00e8re locale, le r\u00e9chaud accepte enfin de fonctionner. Nous nous dirigeons ensuite vers le lit et son \u00e9norme couette pour une nuit de repos amplement m\u00e9rit\u00e9e.<\/p>\n
Dans le d\u00e9sert<\/h3>\n
46km, +700m<\/h4>\n
<\/a>Apr\u00e8s une nuit sous cette couette \u00e9paisse et bien chaude ainsi qu’un petit d\u00e9jeuner frugal pour des cyclistes du d\u00e9sert, nous reprenons la route vers le sud le long des lagunes o\u00f9 les flamands roses patientent \u00e0 moiti\u00e9 endormis que l’eau d\u00e9g\u00e8le enfin. Nous passons 4 lagunes : Hedionda, Chiar Khota, Honda et Santa Cruz. Pass\u00e9 cette derni\u00e8re, nous entamons un faux plat montant de sable o\u00f9 rien ne pousse. Les couleurs tout autour se r\u00e9sument \u00e0 nouveau \u00e0 des tons d’ocre et de brun. Nous entrons dans une partie vraiment d\u00e9sertique. Nous entamons la mont\u00e9e vers un col \u00e0 4650m qui nous prend une bonne partie de la journ\u00e9e. Arriv\u00e9s en haut nous sommes surpris par le paysage. A perte de vue s’\u00e9tendent des dunes de sable. Une autre surprise nous attend. Des reste de glace subsistent de ci de l\u00e0 alors que la temp\u00e9rature est autour de 23\u00b0C. Ces petits blocs de quelques dizaines de centim\u00e8tres de haut sont sculpt\u00e9s par le vent et r\u00e9sistent \u00e9tonnamment aux chaleurs de la journ\u00e9e.<\/p>\n
<\/a> A la descente du col S\u00e9bastien fait une petite pause r\u00e9paration pendant que Laetitia part en qu\u00eate d’eau dans un h\u00f4tel tout proche. En effet, ce matin nous avons constat\u00e9 des trous dans le pneu arri\u00e8re et la chambre \u00e0 air qui tentait de s’y faufiler. Puis nous repartons sur un plateau tout aussi d\u00e9sertique qu’avant le col. Bien que le terrain ne semble pas si difficile, nous avan\u00e7ons lentement dans tout ce sable. En fin de journ\u00e9e nous arrivons \u00e0 une formation rocheuse \u00e0 l’abri de laquelle nous posons notre tente, sous l\u2019\u0153il de viscachas curieux. La temp\u00e9rature descend vite une fois le soleil couch\u00e9. Derni\u00e8re surprise de la journ\u00e9e, le r\u00e9chaud refuse cat\u00e9goriquement de fonctionner. Apr\u00e8s avoir tent\u00e9 pr\u00e8s d’une heure les m\u00eames manipulations qu’hier soir, nous finissons par nous r\u00e9signer. Nous ouvrons une bo\u00eete de sardines que nous accompagnons de pain et en dessert un bol de c\u00e9r\u00e9ales. Nous nous couchons le ventre plein, mais regrettons le plat de f\u00e9culents que nous avions pr\u00e9vu ainsi que la casserole d’eau chaude pour se laver.<\/p>\n
Nous f\u00eemes feu de tout bois<\/h3>\n
59km, +500m, -300m<\/h4>\n
<\/a>Apr\u00e8s une nuit fra\u00eeche, nous nous r\u00e9veillons \u00e0 l’aube par -4\u00b0C et une tente couverte de givre. \u00c7a faisait 2 semaines que la tente \u00e9tait s\u00e8che tous les matins. La surprise est donc de taille. En sortant de la tente, Laetitia se souviens d’avoir vu un tas de branches non loin et nous louons la personne qui a eu l’amabilit\u00e9 de nous pr\u00e9parer tout \u00e7a. Nous allumons donc un feu pour pouvoir d\u00e9marrer la journ\u00e9e avec un bon th\u00e9 bien chaud. La temp\u00e9rature reste assez basse, le feu providentiel nous r\u00e9chauffe donc en plus les os. Le d\u00e9marrage du v\u00e9lo s’effectue sur une route assez propre. Nous arrivons m\u00eame \u00e0 atteindre les 20km\/h, une \u00e9ternit\u00e9 que \u00e7a ne nous \u00e9tait pas arriv\u00e9. Heureusement les choses reviennent vite \u00e0 la normale et nous retrouvons r\u00e9guli\u00e8rement quelques bancs de sable et un peu de t\u00f4le ondul\u00e9e. Nous \u00e9voluons dans un paysage de dunes de sable aux couleurs vari\u00e9es, tant\u00f4t jaunes, tant\u00f4t oranges ou rouges. Finalement la temp\u00e9rature se met \u00e0 augmenter et il fait tr\u00e8s vite 23\u00b0C. Nous croisons un 4×4 qui s’arr\u00eate \u00e0 notre hauteur. Un jeune homme en sort et se pr\u00e9cipite vers nous.
\n“Vous \u00eates fran\u00e7ais ?
\n_ Oui
\n_ Vous savez qui a gagn\u00e9 ?
\n_ Gagn\u00e9 quoi … ? Ah oui le rugby!
\n_ Oui, les fran\u00e7ais \u00e9taient en final hier soir
\n_ C’est vrai que c’est en ce moment …
\n_ Vous savez qui a gagn\u00e9 alors ?
\n_ Nous ne savions m\u00eame pas qu’il \u00e9taient en final.”
\n<\/a>
\nIl repart donc sans sa r\u00e9ponse. Nous n’\u00e9tions pas les bonnes personnes \u00e0 qui demander. S\u00e9bastien esp\u00e8re que les bleus ont gagn\u00e9 pour pouvoir faire le malin lorsque nous iront en Nouvelle Z\u00e9lande. Nous poursuivons ensuite vers le fameux Arbol de Piedra que nous avons pour nous tout seul. Contrairement aux photos que nous avions vu et l’id\u00e9e que nous nous en \u00e9tions fait, il n’est pas tout seul au milieu du d\u00e9sert mais en p\u00e9riph\u00e9rie d’un site d’o\u00f9 \u00e9mergent d’autres formations rocheuses. Cette pierre n’en reste pas moins \u00e9tonnante et porte bien son nom avec sa base \u00e9troite qui supporte une masse plus important au dessus, \u00e0 la mani\u00e8re d’un arbre et de ses branches. Contrairement aux jours pr\u00e9c\u00e9dents, la piste est suffisamment bonne pour que nous avancions \u00e0 bonne allure. Nous arrivons sur le coup de midi \u00e0 la laguna colorada, un record pour nous dans cette r\u00e9gion. Au niveau de la lagune d\u00e9bute une r\u00e9serve nationale pour laquelle l’entr\u00e9e est payante. Sur notre topo de 2009, le tarif \u00e9tait de 30$B. En 2010, le prix \u00e0 augment\u00e9 et est pass\u00e9 \u00e0 150$B. Nous n’avions pas du tout pr\u00e9vu cette d\u00e9pense et nos stocks de bolivianos se trouvent \u00eatre insuffisants. Nous nous retrouvons donc \u00e0 la boutique du village attenant pour changer quelques dollars. Pas facile de conna\u00eetre le taux de change ici et la propri\u00e9taire des lieux se montre particuli\u00e8rement m\u00e9fiante \u00e0 notre \u00e9gard. Apr\u00e8s moult discussions, nous parvenons \u00e0 un taux de 6.5 au lieu de 6.91 \u00e0 La Paz. Comme elle n’est toujours pas s\u00fbre et \u00e0 peur que nous cherchions \u00e0 l’entourlouper, elle s’en va demander des conseils dans le village. Manque de chance pour elle, tout le monde lui annonce un taux autour de 6.80. Nous parvenons donc finalement \u00e0 acheter quelques bricoles et \u00e0 payer l’entr\u00e9e du parc apr\u00e8s que le gardien ait consenti \u00e0 nous offrir un des billet au tarif des locaux. <\/p>\nEn plein vent<\/h3>\n
77,5km, +980m, -1100m<\/h4>\n
<\/a>Que de froid ce matin. Un petit vent glacial souffle d\u00e9j\u00e0 et nous nous disputons la plqce aupr\u00e8s du feu. Le petit d\u00e9jeuner est vite aval\u00e9 et nous nous mettons en route pour finir la mont\u00e9e entam\u00e9e la veille. La pente commence assez raide ce qui nous permet au moins de nous r\u00e9chauffer rapidement. Par contre, le vent qui nous avait habitu\u00e9 \u00e0 n’arriver qu’en fin de matin\u00e9e est d\u00e9j\u00e0 coriace et de face. Pour arriver en haut du col, qui se situe aux alentours de 4900m, nous mettons un bon moment et d\u00e9pensons une belle \u00e9nergie. \u00c0 cette altitude un d\u00e9sert de pierres rouges \u00e0 remplac\u00e9 le d\u00e9sert de sable. Dans ce paysage monotone nous ne tra\u00eenons pas et entamons aussi sec la descente vent dans le dos. Au passage nous croisons un engin de chantier qui est l\u00e0 pour am\u00e9liorer la route. Au final, il l’aplanit certes, mais la rend toute molle, faisant ressortir les cailloux. Un r\u00e9gal pour les voitures mais pas pour les v\u00e9los. La descente nous am\u00e8ne vers le Salar de Chalviri tout en couleurs. Contrairement au Salar d’Uyuni, il est tout humide. L’eau h\u00e9site entre le vert et le bleu turquoise et dans l’eau se nourrissent quelques flamands roses. Un bien joli tableau apr\u00e8s cette demi journ\u00e9e de roches rouges. Au bout du salar se trouvent des thermes. Nous d\u00e9cidons de pousser jusque l\u00e0 malgr\u00e9 la faim. Arriv\u00e9s sur place il y a d\u00e9j\u00e0 une trentaine de 4×4 et le bassin grouille de monde. Mais le temps de manger tranquillement nos sandwichs, tout ce petit monde se remet en route, nous laissant l’eau pour nous tout seul. La temp\u00e9rature de l’eau est exquise, sans doute autour de 35\u00b0C et nous prenons un grand plaisir \u00e0 tra\u00eener un peu dans le bassin quelques minutes. L’id\u00e9e de se d\u00e9barrasser d’une partie de la crasse accumul\u00e9e depuis la derni\u00e8re douche est bien sympathique aussi. La sortie du bain est un peu plus d\u00e9licate avec le vent frais. Un couple de fran\u00e7ais nous annoncent que le col est tr\u00e8s venteux. Nous nous relan\u00e7ons donc sur nos v\u00e9los d\u00e9lass\u00e9s mais un peu soucieux de ce qui nous attend. <\/p>\n
<\/a>En effet le vent est l\u00e0 et bien l\u00e0. Nous nous approchons du d\u00e9sert de Dali en essuyant r\u00e9guli\u00e8rement des rafales de sable. Ce d\u00e9sert est une petite poche de sable jaune au milieu d’un grand d\u00e9sert rouge-orang\u00e9 d’o\u00f9 \u00e9mergent quelques roches d\u00e9form\u00e9es par le vent. Il n’y manque plus que quelques horloges fondues et le tableau serait parfait. Nous avons tout le loisir de l’observer car le vent qui nous arrive de face nous emp\u00eache quasiment d’avancer. La pente se raidit pour l’ascension du 2e col de la journ\u00e9e qui monte \u00e0 4730m et nous filons \u00e0 l’allure extravagante de 4 ou 5 km\/h. Quand nous arrivons \u00e0 tenir sur le v\u00e9lo car il faut souvent poser le pied \u00e0 terre \u00e0 cause de la couche de gravier. Nous atteignons le col autour de 18h. 16km de descente nous s\u00e9parent du refuge et il fait nuit dans 1h. Nous d\u00e9cidons de tenter notre chance quand m\u00eame. La route est assez bonne au d\u00e9but, mais ce maudit vent nous accompagne toujours. Nous apercevons la Laguna Blanca au loin alors que le jour diminue fortement. Au final lorsque nous arrivons enfin \u00e0 proximit\u00e9 des lagunes, il fait nuit noire et nous ne voyons aucun signe de refuge. Nous d\u00e9cidons alors de poser la tente. Tanpis pour la douche chaude, tanpis pour le repas chaud. Nous nous contentons une nouvelle fois de pain, de sardines et de biscuits avant de nous glisser dans les duvets.<\/p>\n
Vers San Pedro<\/h3>\n
62km, +400m, -2100m<\/h4>\n
<\/a>L’int\u00e9rieur de la tente brille des premiers rayons du soleil. Il est 5h30 et notre respiration cr\u00e9e des panaches blancs \u00e9pais. Un coup d’oeil sur le thermom\u00e8tre. Il annonce -9\u00b0C. Les bouteilles d’eau sont dures comme du b\u00e9ton et il nous faut une bonne dose de motivation pour nous extirper du duvet. Heureusement la temp\u00e9rature monte rapidement et le temps de finir le rangement de l’int\u00e9rieur de la tente il fait d\u00e9j\u00e0 un bon -4\u00b0C. Dehors par contre il fait encore -9\u00b0C et les doigts et autres orteils sont mis \u00e0 rude \u00e9preuve. Nous voyons enfin l’endroit o\u00f9 nous nous sommes pos\u00e9s entre 2 routes qui heureusement sont encore peu fr\u00e9quent\u00e9es ce matin. Pas de vue sur la lagune par contre. En m\u00eame temps, de nuit \u00e7a n’aurait rien chang\u00e9. Nous partons en direction de ce refuge que nous n’avons pas r\u00e9ussi \u00e0 atteindre. il restait 5km, un peu trop pour les faire par une nuit lip\u00e9zienne. Aussit\u00f4t arriv\u00e9s, nous demandons un guide pour l’ascension du Licancabur. Pas de souci, d\u00e9part demain matin \u00e0 5h. Hmm hmm, nous serions bien partis \u00e0 l’assaut du sommet maintenant. La perspective d’attendre ici toute une journ\u00e9e suffit \u00e0 nous faire renoncer \u00e0 cette ascension. Apr\u00e8s un petit d\u00e9jeuner et une soupe de p\u00e2tes pour S\u00e9bastien, nous prenons la direction de la fronti\u00e8re, laissant derri\u00e8re nous les lagunes. <\/p>\n
<\/a>San Pedro est une ville tr\u00e8s touristique et ses tarifs nous changent de la Bolivie. Par contre le service est largement \u00e0 la hauteur et nous nous r\u00e9galons d’un menu de l\u00e9gumes et de jus de fruit frais apr\u00e8s nos 2 semaines de p\u00e2tes et autres sandwichs au thon. Malgr\u00e8s les airs de vacances \u00e0 la plage et l’invitation \u00e0 nous la couler douce, nous partons trouver une agence pour reserver des ascension de volcans. Nous choisissons de faire le Lascar demain. S’en suit une tentative de gros nettoyage de tout le sable et du sel que nous avons ramener du d\u00e9sert, mais qui se trouve \u00e9court\u00e9e par les protestations furieuses de la propri\u00e9taire de l’h\u00f4tel qui n’avait pas compris que nous souhaitions nettoyer autant de choses d’un coup et qui a d\u00fb relancer une seconde fois la machine \u00e0 laver contenant notre linge tellement il \u00e9tait sale. Nous allons finir la soir\u00e9e dans un restaurant bond\u00e9 \u00e0 l’ambiance chaleureuse avec ses chemin\u00e9es et sa client\u00e8le braillarde. Nous allons jusqu’\u00e0 nous laisser tenter par une bouteille de vin chilien pour accompagner notre bonne humeur du soir avant d’aller nous reposer 4 ou 5h en attendant l’arriv\u00e9e du guide pour l’ascension du lendemain.<\/p>\n