<\/a> Cette nuit \u00e0 \u00e9tait particuli\u00e8rement venteuse et le vent sournois a r\u00e9ussi \u00e0 infiltrer pas mal de sable et de poussi\u00e8re dans la tente. Nous reprenons la route en direction des termes d’Enquelga. En chemin nous apercevons au loin 4 ou 5 autruches, qu’on appelle “suri” dans le coin. Le panneau que nous avions vu le 1er jour n’\u00e9tait donc pas une blague. Il y en a bien. Par contre elles sont peu nombreuses et tr\u00e8s farouches. Elles commencent par d\u00e9taler , puis lorsque que nous nous approchons un peu plus, elles s\u2019assoient dans les arbustes et nous ne les voyons plus. Arriv\u00e9s aux thermes nous en profitons pour d\u00e9poussi\u00e9rer un peu quelques affaires, nous tremper les pieds dans cette qui n’est pas si chaude que \u00e7a et manger un paquet de biscuits bien appr\u00e9ciable. Puis nous partons en direction de Colchane o\u00f9 nous attend la fronti\u00e8re bolivienne. Quelques kilom\u00e8tres avant d’y arriver nous tombons sur un tron\u00e7on de bitume flambant neuf, pile poil dans la direction du vent : un r\u00e9gal. Il faut dire que le vent souffle particuli\u00e8rement fort. Nous atteignons facilement les 35-40 km\/h sans p\u00e9daler, ce qui nous fait dire que nous avons choisi la bonne direction pour ce voyage. Nous arrivons finalement au poste fronti\u00e8re vers 12h25. A cette heure-ci ces messieurs-dames de l’immigration sont en pause d\u00e9jeuner. Il faudra attendre 14h30 que les boliviens reprennent leur poste et 30 minutes de plus pour les chiliens pour pouvoir passer la fronti\u00e8re. Laetitia bout. A peine passer la fronti\u00e8re nous faisons le plein d’eau et sortons de la route asphalt\u00e9e en direction du salar de Co\u00efpasa. La piste est d’abord sableuse pendant une heure puis nous atteignons la cro\u00fbte de sel. La premi\u00e8re impression est assez \u00e9trange. Le cerveau semble interpr\u00e9ter tout ce blanc comme une belle cro\u00fbte de glace et nous avons l’impression d’\u00eatre sur un lac gel\u00e9, sans cesse craignant que la glace ne se brise. Rapidement la peur s’estompe et la facilit\u00e9 de roulage par rapport au sable commence \u00e0 se faire appr\u00e9cier. Quelques \u00eelots de pierres flottent de ci de l\u00e0.
<\/a> Nous en voyons un au loin avec quelques maisons de sel en ruine, mais une fois arriv\u00e9s sur place nous sommes bien oblig\u00e9s de constater que leur \u00e9tat est trop d\u00e9sastreux pour pouvoir y dormir. Nous poursuivons jusqu’\u00e0 la prochaine terre ferme et d’autres ruines encore. Nous y trouvons une troupe de militaires en poste qui s’appr\u00eatent \u00e0 passer la nuit entass\u00e9s dans le fond de leur camion sous quelques \u00e9paisseurs de couvertures. Une maisonnette en brique de sel sert pour la cuisine et une autre pour les grad\u00e9s, les autres sont en ruines. Lorsqu’on leur demande o\u00f9 nous pouvons poser la tente ils ouvrent des yeux tous ronds, apparemment \u00e9tonn\u00e9s que des gringos viennent ici pour le plaisir. Nous finissons par rep\u00e9rer une maison pourra nous abriter du vent qui continu de monter. La tente est vite install\u00e9e sur un tapis d’herbes s\u00e8ches qui composaient jadis le toit de notre abri. dehors le ciel s’embrase et rougit le salar dans un festival de couleurs un peu plus chaudes que l’air qui s’engouffre sous nos couches de v\u00eatements.<\/p>\n
L’\u00e9preuve de force<\/h3>\n
70km<\/h4>\n
<\/a> Nous nous r\u00e9veillons au son des militaires en footing. Cette nuit \u00e0 \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s venteuse une nouvelle fois, mais le positionnement strat\u00e9gique de la tente nous a \u00e9pargn\u00e9 d’\u00eatre secou\u00e9s. Nous prenons la direction du sel et dans notre na\u00efvet\u00e9 partons tout droit dans la direction qui nous semble la bonne pour nous retrouver embourb\u00e9s dans un saumur \u00e9pais au bout de 100m. Peut-\u00eatre est-il plus judicieux de suivre les traces de voitures qui vont d’\u00eelot en \u00eelot finalement. Demi-tour donc. En chemin nous croisons des militaires en panne sur le salar. Ceux-ci nous indiquent la direction \u00e0 suivre, nous conseillant de rejoindre rapidement la terre pour \u00e9viter les passage o\u00f9 le sel n’est pas assez solide pour y p\u00e9daler. Nous faisons rapidement les 20km de plat qui nous am\u00e8ne \u00e0 la fin du salar. Le tout d\u00e9but est tr\u00e8s roulable sur une terre tass\u00e9e et lisse, mais rapidement les conditions se d\u00e9gradent et nous nous retrouvons \u00e0 rouler sur un ripio affreux et ensabl\u00e9 sur lequel nous n’avan\u00e7ons plus. Il fait chaud, le vent qui est dans notre dos parvient \u00e0 nous aider un peu quand m\u00eame, mais la route est vraiment tr\u00e8s sableuse dans ce coin d\u00e9sertique. Toutefois nous voyons des parcelles de terrains labour\u00e9s dont nous apprendrons plus tard qu’ils sont pr\u00eats pour la culture du quinoa qui d\u00e9bute \u00e0 la saison des pluies. Nous descendons r\u00e9guli\u00e8rement du v\u00e9lo pour pousser. Depuis les militaires nous n’avons pas crois\u00e9 \u00e2me qui vive pour estomper les doutes que nous avons sur les directions que nous ont donn\u00e9es les militaires. Arriv\u00e9s \u00e0 un gros rocher couverts de cactus fa\u00e7on western am\u00e9ricain, nous posons les v\u00e9los pour un pique nique les fesses dans le sable. Nos r\u00e9serves d’eau s’\u00e9puisent in\u00e9luctablement sous cette chaleur et sur ce terrain \u00e9puisant, quand nous arrivons au village d’Hizo. Le village est vide de ses habitants et semble abandonn\u00e9.
<\/a>Laetitia d\u00e9niche un puis \u00e0 l’ancienne sous un morceau de t\u00f4le et nous remontons un peu du pr\u00e9cieux liquide \u00e0 l’aide d’un sceau attach\u00e9 au bout d’une corde. R\u00e9confort\u00e9s par cette trouvaille nous reprenons la route si droite, si monotone et qui nous force \u00e0 pousser de plus en plus souvent. Apr\u00e8s de nombreux kilom\u00e8tres nous retrouvons le salar que nous n’aurions pas du quitter. Entre temps le vent \u00e0 tourn\u00e9 et cette fois nous l’avons de face. L’heure aussi tourne et nous n’avons toujours aucun signe du village de Llica que nous aimerions atteindre ce soir. Nous croisons un grand-p\u00e8re en v\u00e9lo qui nous annonce que notre destination se trouve \u00e0 une dizaine de bornes. Lui file vent dans le dos vers Hizo qui n’est donc pas un village abandonn\u00e9. Apr\u00e8s un premier village qui n’est pas le bon, un col et la tomb\u00e9e de la nuit, nous arrivons enfin \u00e0 Llica. Il y avait en fait 20km. Nous y trouvons un h\u00f4tel o\u00f9 nous partageons la chambre d’un autre cycliste. Nathanael est am\u00e9ricain. Il est en Bolivie pour une th\u00e8se de sociologie sur l’impact du lithium sur les communaut\u00e9s du salar d’Uyuni. Plut\u00f4t que de rester derri\u00e8re le bureau de l’universit\u00e9 de La Paz il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 enfourch\u00e9 son v\u00e9lo pour aller directement sur place poser ses questions aux populations concern\u00e9es. L’h\u00f4tel est assez crade et rempli de gars \u00e9m\u00e9ch\u00e9s en ce dimanche. Nous faisons le plein de vivre pour la semaine qui nous attend et nous couchons rapidement pour reprendre des forces.<\/p>\n
Le Salar d’Uyuni<\/h3>\n
65km<\/h4>\n
<\/a>Apr\u00e8s un d\u00e9part tardif nous passons les ruelles sableuses de Llica o\u00f9 l’on nous regarde comme deux extra-terrestres avec nos v\u00e9los charg\u00e9s comme jamais. A la sortie de la ville il faut passer par un poste militaire pour acc\u00e9der au salar. La route commence par longer les bords du salar puis s’enfonce d’en l’immensit\u00e9 de sel par un ponton am\u00e9nag\u00e9 pour la saison pluvieuse. Rapidement nous arrivons \u00e0 carrefour en Y. A droite la route semble avoir la bonne direction mais elle file tout droit dans le salar sans le moindre rep\u00e8re visuel reconnaissable. Il n’y a \u00e0 l’horizon qu’un petit point discret dont nous n’arrivons pas \u00e0 d\u00e9terminer si c’est l’\u00eele que nous visons. Nous nous apercevrons plus loin que c’\u00e9tait la Isla del Pescador, une route tout \u00e0 fait possible pour rejoindre notre bus. A gauche, le chemin prend la direction du volcan Tunupa. N’ayant qu’une carte et une boussole sous la main, nous d\u00e9cidons de la jouer s\u00e9curit\u00e9 et prenons la direction du volcan pour rattraper plus loin une autre route qui file plein sud vers l’\u00eele d’Inca Huasi. Au fur et \u00e0 mesure que se d\u00e9voilent d’autres petits bouts de terre sur le salar nous quittons les traces de voitures pour partir dans des zones de sel vierges. Pendant 6h durant nous suivons la m\u00eame direction avec une petite bande de terre en ligne de mire. Sous nos roues le sol du salar \u00e9volue r\u00e9guli\u00e8rement. Les cellules de sel hexagonales sont parfois concaves, parfois convexes et de hauteur variable. Certaines parties ressemblent \u00e9trangement aux murs incas du P\u00e9rou. Sur ce grand salar tout plat nous avons la chance de pouvoir aller o\u00f9 bon nous semble. Certaines ann\u00e9es de petits murets de sel de 15cm se forment autour des cellules et emp\u00eachent les cyclistes de sortir des pistes toutes trac\u00e9es. Nathanael nous avait annonc\u00e9 un trafic intense sur le salar. Nous apercevons vaguement une jeep au loin mais le reste du temps nous sommes seuls au monde. A l’horizon les bandes de terre que nous voyons semblent flotter dans l’air. Vers 16h nous atteignons enfin l’\u00eele que nous fixions depuis si longtemps. Nous avons l’impression d’accoster \u00e0 la mani\u00e8re d’explorateurs qui d\u00e9couvrent une nouvelle terre.
<\/a>Nous prenons un peu de hauteur pour observer le salar et trouver la direction \u00e0 prendre. Un petit point appara\u00eet au loin et semble correspondre \u00e0 l’\u00eele d’Inca Huasi. Toute fois il est un peu tard pour esp\u00e9rer l’atteindre ce soir, d’autant que la surface gondol\u00e9e du salar nous donne le m\u00eame effet que la t\u00f4le ondul\u00e9e des meilleurs ripio du coin. Nous prenons donc le temps d’un go\u00fbter et d\u00e9cidons d’aller poser notre camp au milieu du salar en croisant les doigts pour qu’il n’y ait pas trop de vent cette nuit. Il n’est pas difficile de trouver un endroit pour poser la tente. Tout est plat a des kilom\u00e8tres \u00e0 la ronde. Par contre le vent se l\u00e8ve, nous enjoignant \u00e0 nous presser. La cro\u00fbte de sel est bien dure et il n’est pas ais\u00e9 d’y planter les piquets. Pendant que S\u00e9bastien finit d’arrimer la tente, Laetitia rentre tout \u00e0 l’int\u00e9rieur pour \u00e9viter que cela ne s’envole. S\u00e9bastien tente tout de m\u00eame de gonfler son matelas \u00e0 l’ext\u00e9rieur et une rafale l’emporte au loin, l’obligeant \u00e0 se lancer dans un sprint de 100m qui aurait tr\u00e8s bien pu en faire 1000 ou plus. Le vent ne souffle finalement pas si fort que nous le craignions et il fait plut\u00f4t bon \u00e0 l’int\u00e9rieur de la tente o\u00f9 la popote est sur le feu. Nous avons entendu parler de temp\u00e9ratures extr\u00eames sur le salar et attendons de voir ce que la nuit nous r\u00e9serve.<\/p>\n
2e jour sur le salar<\/h3>\n
76km<\/h4>\n
<\/a>Apr\u00e8s une nuit calme et sans vent, nous ouvrons les yeux avec les premi\u00e8res lueurs de l’aube. Un vent l\u00e9ger et froid parcours la tente et nous avons du mal \u00e0 nous extirper de nos duvets. Mais au loin, l’\u00eele d’Inca Huasi nous invite \u00e0 la rejoindre. Nous retournons sur le m\u00eame tape-cul qu’hier soir pour franchir les derniers kilom\u00e8tres qui nous en s\u00e9parent. Alors que nous sommes plus qu’\u00e0 quelques encablures de l’\u00eele, nous voyons notre premier 4×4 qui fonce \u00e0 toute allure sur le salar. L’\u00eele est belle avec sa coiffe de cactus centenaires. Les quelques b\u00e2timents qui ont \u00e9t\u00e9 construits ont \u00e9t\u00e9 forts bien faits et le tout est assez photog\u00e9nique. Comme tous les autres \u00eelots du salar, Inca huasi est fait de roche volcanique rouge qui d\u00e9tonne avec le blanc lumineux du sel. C’est une roche l\u00e9g\u00e8re et tr\u00e8s abrasive sur laquelle ne pousse pas beaucoup de plantes \u00e0 l’exception des cactus et de quelques arbustes rustiques. Apr\u00e8s un petit go\u00fbter o\u00f9 S\u00e9bastien craque pour une soupe de p\u00e2tes, nous partons faire le tour rapide de l’\u00eele. Les tables ici sont faites de sel et les meubles en bois de cactus. Un sp\u00e9cimen de cactus annonc\u00e9 vieux de 900 ans nous montre \u00e0 quel point cette plante pousse lentement. La moindre poubelle de l’\u00eele n\u00e9cessite facilement 4 \u00e0 500 ans de pousse ! Les autres touristes pr\u00e9sents sont curieux de nous voir en v\u00e9lo et nous posent quelques questions.
<\/a> Vers midi nous enfourchons \u00e0 nouveaux nos bolides pour aller manger sur le salar et nous livrer \u00e0 la classique s\u00e9ance de photos en trompe l’oeil. Nous nous sentons bien dans cet environnement paisible. De plus il fait chaud et nous avons le vent dans le dos. Du coup nous tra\u00eenons un peu en route et prenons le temps d’appr\u00e9cier nos derniers moments ici. Nous sommes pass\u00e9s par une foule de 4×4 qui filent vers la terre, ce qui nous rappelle que nous devons avancer un peu aussi. Le vent \u00e0 discr\u00e8tement chang\u00e9 d’orientation et ne nous aide plus beaucoup \u00e0 avancer. Vers 16h30 nous arrivons sur le chantier d’une route en construction qui nous ram\u00e8ne \u00e0 terre. Cette fois nous avons le vent de face et il souffle furieusement, nous rappelant quelques passages du Chili. Une fois \u00e0 terre nous retrouvons les pistes en ripio qui ne nous avaient pas trop manqu\u00e9es. La nuit approche et nous n’avan\u00e7ons plus beaucoup dans les chemins sableux. Nous apercevons une ruine au loin. Apr\u00e8s un petit m\u00e9nage pour d\u00e9barrasser les briques nous pouvons y installer la tente \u00e0 l’abri du vent qui ne faiblit pas.<\/p>\n
L’entr\u00e9e dans le Lipez<\/h3>\n
75km<\/h4>\n
<\/a>Nous \u00e9mergeons de notre nuit r\u00e9veill\u00e9s par le doux son des 4×4 qui font rugir leur moteur pour monter la petite route sableuse toute proche de notre abri. La nuit a due \u00eatre un peu fra\u00eeche car les bouteilles sont toutes gel\u00e9es ce matin. Apr\u00e8s un petit d\u00e9crassage du r\u00e9chaud qui nous fait des caprices nous nous mettons en route pour le village de San Juan. La piste d\u00e9marre par du sable qui nous oblige \u00e0 pousser sur les p\u00e9dales d’entr\u00e9e de jeu. Rapidement nous remarquons des traces peu communes dans le sable. Comme deux roues de v\u00e9lo parall\u00e8les et au milieu, des pas. Il s’agit d’un compatriote qui vient de traverser le salar d’Uyuni \u00e0 pied pendant 6 jours en tractant une carriole faite-maison pour transporter tout son mat\u00e9riel. Nous \u00e9changeons quelques impressions sur nos modes de voyage respectifs, sur les parages et sur nos itin\u00e9raires pr\u00e9vus. Il se dirige comme nous vers les lagunas, mais mettra juste un peu plus de temps pour y parvenir. Nous lui souhaitons bonne chance et nous remettons en selle. Il y a des chemins un peu partout et ils partent dans toutes les directions. Ce n’est pas toujours \u00e9vident de trouver la bonne voie. Heureusement, arm\u00e9s de nos topos r\u00e9dig\u00e9s par de pr\u00e9c\u00e9dents cyclistes nous arrivons \u00e0 nous rep\u00e9rer dans ce labyrinthe. Le chemin que nous empruntons est tr\u00e8s ensabl\u00e9 et il faut encore une fois pousser r\u00e9guli\u00e8rement. Cette d\u00e9bauche d’\u00e9nergie finit par r\u00e9veiller nos estomacs et nous d\u00e9jeunons avant d’atteindre San Juan. L\u00e0 bas nous faisons le dernier ravitaillement avant San Pedro de Atacama dans 5 jours. Il y a ici tout un tas de boutiques qui proposent biscuits, bonbons, bi\u00e8res et vin mais malheureusement pas de fruit ni de l\u00e9gume. Nous faisons le plein d’eau pour 1 jour et demi et filons chercher du pain \u00e0 l’unique boulangerie du coin, une maison dot\u00e9e d’un four. Malheureusement la fourn\u00e9e du jour n’est pr\u00e9vue qu’\u00e0 16h30. Nous nous rabattons donc sur le pain de la veille qui est bien plus frais que celui que nous mangeons depuis 3 jours. S’ensuit une pause go\u00fbter au bord d’une marre o\u00f9 s\u00e9bastien profite de l’eau pour d\u00e9barrasser la cha\u00eene et les plateaux de tout le sel accumul\u00e9 sur les 2 salars. \u00c7a fera un peu de place pour le sable \ud83d\ude42 Nous quittons San Juan \u00e0 l’heure o\u00f9 les touristes en 4×4 viennent d’y poser. La piste d\u00e9marre par une belle couche de sable. A la vue de la plaine qui s’\u00e9tend sous nos yeux, nous craignons de devoir en baver sur plusieurs kilom\u00e8tres, mais \u00e0 notre grande surprise, nous nous retrouvons tr\u00e8s vite sur une sorte de salar tout plat et bien dur, un r\u00e9gal surtout avec la petite brise que nous avons dans le dos. Nous avan\u00e7ons droit sur le volcan Ollag\u00fce sur cette surface gris\u00e2tre lorsque le vent se met \u00e0 changer de cap brutalement et nous souffle droit au visage. Il nous faut \u00e0 nouveau forcer sur les p\u00e9dales pour avancer.
<\/a> Nous sommes au beau milieu d’une large \u00e9tendue toute plate et nous cherchons un abri pour la tente. Au loin se dessine un petit monticule avec quelques b\u00e2timents au pied. Il nous faut encore une bonne demi-heure de p\u00e9dalage sur le sol qui s’est consid\u00e9rablement ramolli pour y arriver. C’est le camp militaire de Chiguarra. Nous y arrivons alors qu’il commence \u00e0 faire nuit. Toutes les b\u00e2timent ont les vitres bris\u00e9es et nous ne voyons pas \u00e2me qui vive \u00e0 l’horizon. Nous faisons le tour du propri\u00e9taire et d\u00e9cidons de nous installer dans l’un des d\u00f4mes du camp quand soudain nous apercevons une ombre qui s’engouffre dans un b\u00e2timent plus loin. En fait le camp est bien occup\u00e9. Il y a une dizaine de militaires en poste. Avec ce vent qui souffle ils \u00e9taient bien au chaud \u00e0 l’int\u00e9rieur et ne nous avaient pas vu arriver. Ils proposent de nous installer dans la “salle de op\u00e9rations”, une des rares pi\u00e8ces avec des fen\u00eatres dans ce camp d\u00e9cr\u00e9pi. Contrairement aux militaires de Co\u00efpasa ils sont bien plus sympathiques et nous discutons un peu avec eux. Nous nous retrouvons donc \u00e0 poser notre bivouac entre 4 murs et un toit dans une pi\u00e8ce \u00e0 la temp\u00e9rature douce avec de la place pour nous \u00e9taler. Quel luxe !<\/p>\n
Finit le plat<\/h3>\n
57km, +800m, -200m<\/h4>\n
<\/a>Pour une fois nous n’avons aucun mal \u00e0 sortir du duvet. En cette heure matinale, la temp\u00e9rature dans la pi\u00e8ce est encore tr\u00e8s bonne alors que la nuit \u00e0 \u00e9t\u00e9 glaciale dehors et que les premiers rayons du soleil peinent \u00e0 faire repasser l’atmosph\u00e8re au dessus de 0\u00b0C. Pas de tente \u00e0 replier, du coup nous sommes vite pr\u00eats et nous d\u00e9collons une heure plus t\u00f4t que d’habitude. Lorsque nous sortons il fait tout pile 0\u00b0C. Nous sommes couverts de tout ce que nous pouvons. Pas un bout de peau ne d\u00e9passe. La route commence par du plat sur le salar d’Ollag\u00fce avant d’arriver aux pieds des montagnes. Nous devons franchir un premier col \u00e0 4200m. D\u00e8s le d\u00e9but les chemins s’ensablent. Nous avan\u00e7ons comme nous le pouvons et il faut pousser souvent. Entre le ripio, les tas de sable et les pierres de la taille d’un ballon de foot, la navigation est difficile. A certains endroits, le passage des 4×4 \u00e0 cr\u00e9\u00e9 des orni\u00e8res bien profondes dont il n’est pas \u00e9vident de se sortir. La temp\u00e9rature monte rapidement et l’effort intense \u00e0 fournir nous r\u00e9chauffe aussi de l’int\u00e9rieur. Heureusement la vue sur les salar et les volcans nous encourage. Et en voyant les touristes enferm\u00e9s dans leurs bulles de verre poussi\u00e9reuses, nous nous souvenons pourquoi nous avons choisi le v\u00e9lo. Nous arrivons au bout de 5h apr\u00e8s avoir bien entam\u00e9 nos r\u00e9serves de biscuits et d’\u00e9nergie. De l’autre c\u00f4t\u00e9 du col, la palette de couleurs se garnie \u00e0 nouveau et nous avons le droit \u00e0 de l’orange, du vert, du jaune que nous n’avons pas eu depuis longtemps. Les pistes par contre ne sont pas bien meilleures. \u00c7a a beau descendre, nous ne sommes toujours pas tr\u00e8s rapides. Nous rejoignons la “route internationale”. C’est une large bande de terre durcie, mais non asphalt\u00e9e sur laquelle nous avons l’immense plaisir de ne plus avoir de calamina. Pour cette section nous avons 2 topos diff\u00e9rents. Un premier indique un chemin \u00e0 10km, le second \u00e0 20km. C’est au milieu d’une belle descente que nous tombe sur le premier chemin. Apr\u00e8s quelques secondes d’h\u00e9sitation, nous decidons de poursuivre sur cette belle route sans sable 10km de plus. Alors que nos r\u00e9serves d’eau viennent \u00e0 manquer nous passons devant un cours d’eau claire avec une belle plage et une vue agr\u00e9able sur les 2 sommets qui nous encerclent.
<\/a>Elle est parfaite pour le go\u00fbter. En posant son v\u00e9lo, S\u00e9bastien voit une nouvelle fois voler sa b\u00e9quille. Heureusement nous avons des vis de rechange. Nous reprenons la route alors que l’heure se fait tardive. cette route est une succession de petites mont\u00e9es et descentes peu m\u00e9chantes mais le reste de la journ\u00e9e \u00e0 d\u00e9j\u00e0 tellement us\u00e9 nos jambes que nous peinons \u00e0 franchir les 10km qui nous s\u00e9parent de la bifurcation vers les lagunes. Apr\u00e8s quelques h\u00e9sitations, nous finissons par trouver un chemin qui semble correspondre. Le topo indiquait : “un chemin qui part bien \u00e0 droite pour descendre sur une route qui ne ressemble pas \u00e0 grand chose”. Des traces de v\u00e9los finissent de nous convaincre quand bien m\u00eame elles ne veulent pas dire grand chose. Il est d\u00e9j\u00e0 17h30. Nous posons la tente dans un paysage superbe de touffes d’herbes verte fleuries en jaune, avec au loin une lagune d’un bleu intense et des rochers rouges \u00e9parses tortur\u00e9s par le vent. Il ne fait pas encore froid et le vent reste calme. Nous en profitons pour faire quelques r\u00e9parations sur les v\u00e9los puis nous filons tous les deux \u00e0 l’abri pour une l\u00e9g\u00e8re toilette salvatrice suivie d’un repas de p\u00e2tes pour recharger les batteries.<\/p>\n