<\/a> Comme souvent en cette saison \u00e0 Puno, la matin\u00e9e d\u00e9marre sous la pluie. Le simple bruit de cette pluie sur la fen\u00eatre en plexiglas nous incite \u00e0 tra\u00eener dans la chambre un peu plus. Nous finissons quand m\u00eame par d\u00e9coller apr\u00e8s quelques cr\u00eapes qui nous r\u00e9chauffent le moral. Nous commen\u00e7ons par acheter les billets de bateau pour aller aux \u00eeles Amantani et Taquile demain. Puis nous mettons les v\u00e9los sur un collectivo pour visiter la p\u00e9ninsule de Capachica \u00e0 60km de Puno que nous atteignons sur le coup de midi. Entre temps le soleil est arriv\u00e9 et nous en profitons pour pique niquer au bord du lac Titicaca. La p\u00e9ninsule est paisible en comparaison de la ville. Le sol sec un peu rouge, les cultures en terrasses surplombant le lac bleu profond sous un ciel d’azur ont comme des airs de m\u00e9diterran\u00e9e. Nous croisons peu de voitures et de rares chiens, ce qui rajoute encore au plaisir de la ballade. Notre rythme s’adapte tranquillement \u00e0 cette atmosph\u00e8re d\u00e9contractante et prenons notre temps pour rejoindre le bout du chemin.
<\/a> Les femmes d’ici ont fi\u00e8re allure avec leur chapeau quadricorne orn\u00e9s de pompons. Quand le chemin se termine, nous poursuivons \u00e0 pied jusqu’\u00e0 la pointe sud d’o\u00f9 nous profitons d’un panorama sur le lac et l’\u00eele de Taquile toute proche. Cet endroit est merveilleusement paisible et cette lumi\u00e8re chaleureuse nous fait oublier le temps qui d\u00e9file pourtant immanquablement. Nous retournons insouciants vers Capachica pour constater que le dernier collectivo est d\u00e9j\u00e0 parti depuis un moment. Apr\u00e8s un tour de la place o\u00f9 les quelques taxis esp\u00e8rent tirer profit de notre situation et de la nuit qui est tomb\u00e9e, nous finissons par trouver un v\u00e9hicule \u00e0 un prix raisonnable. Comme \u00e0 l’accoutum\u00e9e, le tarif \u00e9volue en cours de route, mais manque de chance pour le chauffeur, nous avons acquis une certaine habitude et il repart avec la somme initiale. Nous filons rapidement \u00e0 l’h\u00f4tel. L\u00e6titia m\u00e8ne une nouvelle fois une bataille sans merci contre le repas de la veille et \u00e0 besoin de repos.<\/p>\n
Direction les \u00eeles<\/h3>\n
<\/a> De m\u00eame que la veille, le d\u00e9collage s’effectue sous la pluie. Pas question de tra\u00eener cette fois car le bateau nous attend. Nous ne voyons pas grand chose au d\u00e9but et restons confiner dans la partie abrit\u00e9e du bateau. cette fois-ci, elle semble vouloir persister, mais heureusement, le soleil finit par l’emporter alors que nous atteignons les Uros. Ces \u00eeles artificielles flottantes sont faites de roseaux appel\u00e9s “totora”. Jadis construites pour \u00e9chapper \u00e0 la pers\u00e9cution des populations voisines, ces \u00eeles, charmantes au demeurant, sont devenues des attractions touristiques et nous semblent manquer cruellement d’authenticit\u00e9. Elles sont donc faites d’une superposition de roseaux qui sont constamment renouvel\u00e9s pour \u00e9viter le pourrissement et conserver une \u00e9lasticit\u00e9 \u00e9tonnante aux premiers pas hors du bateau. Les autres passagers qui nous accompagnent sont en grande majorit\u00e9 des voyageurs au long cours et ils semblent assez dubitatif face aux sc\u00e8nes qui se d\u00e9roulent sous leurs yeux. Nous poursuivons cahin-caha sur cette petite embarcation essouffl\u00e9e vers l’\u00eele d’Amantani, \u00e0 3h de navigation. Le temps est magnifique et nous profitons de la vue sur le lac et la p\u00e9ninsule Capachica que nous voyons sous un angle nouveau. A l’arriv\u00e9e sur l’\u00eele, on assigne chaque touriste \u00e0 une famille. Dans cette communaut\u00e9, l’ensemble du tourisme est g\u00e9r\u00e9 en rotation. Que ce soit le bateau, le guidage des touristes ou bien leur h\u00e9bergement dans les maisons, les familles tournent r\u00e9guli\u00e8rement pour garder un peu d’espace vital. Il est 13h et nous sommes invit\u00e9 \u00e0 manger l’almuerzo avant de partir en visite. Contrairement \u00e0 notre premi\u00e8re exp\u00e9rience de Raqchi, nous sommes laiss\u00e9s seuls dans une grande pi\u00e8ce pour manger un repas frugal. Ce premier contact un peu froid nous surprend et nous d\u00e9cidons d’attendre le repas du soir pour nous faire une opinion. Enfin nous sommes laiss\u00e9s seuls pour d\u00e9couvrir l’\u00eele. Nous n’avons pas l’habitude d’\u00eatre balad\u00e9s et l’inertie du groupe commen\u00e7ait \u00e0 nous peser un peu. Sur le chemin nous sommes r\u00e9guli\u00e8rement accompagn\u00e9s par de tr\u00e8s jeunes gar\u00e7ons qui \u00e9corchent tour \u00e0 tour l’air d’Au Clair de la Lune \u00e0 la fl\u00fbte de pan dans l’espoir de gagner quelques soles.
<\/a> En haut, les ruines des temples de la Pachamama et de Pachatata ne valent pas vraiment le d\u00e9tour. Par contre, les panoramas sur les c\u00f4tes boliviennes et p\u00e9ruviennes du lac sont bien plus int\u00e9ressantes et nous restons jusqu’au coucher du soleil \u00e0 admirer les montagnes au loin avant d’entamer la descente. Le repas du soir confirme malheureusement nos premi\u00e8res impressions. Nous sommes \u00e0 nouveau laiss\u00e9s \u00e0 3 avec une camarade autrichienne et la famille qui nous h\u00e9berge semble fuir le contact que nous recherchons tant. A force d’insister la m\u00e8re finit par se joindre \u00e0 nous. Le dialogue est forc\u00e9 et convenu et elle repart rapidement apr\u00e8s avoir engloutie sa soupe. S\u00e9bastien est d’autant plus frustr\u00e9 qu’il aper\u00e7oit les plats copieux que se servent les p\u00e9ruviens dans la cuisine alors qu’ils nous servent la portion congrue. D\u00e9cid\u00e9ment, cette merveilleuse exp\u00e9rience qu’on nous avait tant vant\u00e9e s’av\u00e8re bien fade en r\u00e9alit\u00e9. La soir\u00e9e se termine en apoth\u00e9ose avec une f\u00eate “d’\u00e9change inter culturel” o\u00f9 on nous d\u00e9guise pour aller danser la carmagnole dans une fiesta mont\u00e9e de toute pi\u00e8ce pour les touristes. Sur le chemin du retour, la contemplation du ciel brillant de 1000 \u00e9toiles rattrape un l\u00e9g\u00e8rement le coup, mais nous nous couchons un peu frustr\u00e9s d’\u00eatre tomb\u00e9s dans le pi\u00e8ge \u00e0 touristes. On avait d\u00e9conseill\u00e9 Taquile pour son manque d’authenticit\u00e9, Amantani n’aura pas \u00e9t\u00e9 plus \u00e0 la hauteur. Sans doute sommes nous tomb\u00e9s dans la mauvaise famille.<\/p>\n
Taquile<\/h3>\n