Au d\u00e9tour d’un virage, nous apercevons une voiture dans le foss\u00e9. Ses occupants encore ivres nous fondent dessus et nous demandent \u00e0 boire, \u00e0 manger, des cigarettes, bref tout ce qui leur passe par la t\u00eate maintenant et qu’ils avaient beaucoup moins pens\u00e9 \u00e0 prendre avant de prendre la route. Ils sont tr\u00e8s pot-de-colle et profitent que nous sommes lents pour nous accrocher alors que leurs compatriotes passent en voiture \u00e0 c\u00f4t\u00e9 sans trop de consid\u00e9ration. Ils sont pr\u00eats \u00e0 se servir sur nos v\u00e9los quand Laetitia hausse le ton. Ils se r\u00e9tractent alors et nous pouvons poursuivre vers le prochain groupe d’ivrognes qui peinent depuis de longues minutes \u00e0 redresser leur moto. En nous voyant, deux d’entre eux laissent imm\u00e9diatement tomber leur engin pour venir \u00e0 notre “secours”. Une fois arriv\u00e9s en haut, nous nous retrouvons sur un plateau en faux-plat montant l\u00e9ger. Deux restaurants-boutiques sont l\u00e0 en bord de route et nos deux pousseurs nous convient \u00e0 leur payer le repas. Ils devront se satisfaire des 2 cigarettes qu’il nous reste. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des nomades si honn\u00eates, les mongols citadins et ivres de surcro\u00eet ont un peu moins de retenue. Heureusement, 200 m\u00e8tres plus loin, un sympathique groupe de jeunes gens en partance pour le lac Khovsgol rattrape le coup par leurs sourires et leur encouragements. Il se fait tard et nous voulons trouver un endroit sympathique pour nous poser. Les nombreux arbres que nous retrouvons \u00e0 cette altitude nous fournissent un bon camouflage et nous profitons sereinement du coucher de soleil en savourant notre pl\u00e2tr\u00e9e de p\u00e2tes aux l\u00e9gumes.<\/p>\n Notre protecteur vit ici avec sa famille et sa m\u00e8re et s’occupe d’un beau troupeau de ch\u00e8vres qu’il surveille de loin avec ses jumelles. Lorsqu’elles s’aventurent un peu trop pr\u00e8s du bois, il enfourche sa moto et file les en \u00e9carter. Il nous raconte qu’il est avocat de formation, mais que le manque d’emploi l’a ramen\u00e9 vers l’\u00e9levage. Sa compagne est institutrice. Au final, sa vie ne semble pas lui d\u00e9plaire pour autant. La Mongolie a un bon taux de scolarisation et rares sont ceux qui ne savent pas lire. Nous n’en avons d’ailleurs pas crois\u00e9 un seul. Fait \u00e9tonnant, les filles font beaucoup plus d’\u00e9tudes que les gar\u00e7ons qui sont plus vite r\u00e9quisitionn\u00e9s pour s’occuper des animaux. Par voie de cons\u00e9quence les femmes occupent une place importante dans la soci\u00e9t\u00e9, ce qui fait de la Mongolie un exemple assez unique en son genre.<\/p>\n Quelques bosses plus loin, nous voyons poindre au loin les premiers toits d’un village. \u00c0 notre gauche un terrain se pr\u00eate bien \u00e0 poser la tente. Le paysage a chang\u00e9 par rapport \u00e0 la vall\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Les for\u00eats ont fait place \u00e0 des rochers nus dans un paysage plus sec. Nous retrouvons l’herbe odorante de nos premiers coups de p\u00e9dale. Derri\u00e8re notre petite butte dans le paysage, nous sommes \u00e0 l’abri du regard des voitures qui passent sur la route. Les motos par contre ont plus tendance \u00e0 prendre \u00e0 travers champ et nous voyons rapidement une d’entre elles rouler sur les cr\u00eates. En bons mongols curieux, ils viennent voir \u00e0 quoi ressemblent les deux campeurs. Ce sont deux jeunes hommes souriants avec qui nous \u00e9changeons quelques mots avant qu’ils ne repartent \u00e0 leur rendez-vous. Un rendez-vous galant peut-\u00eatre ?<\/p>\n La route descend dans la vall\u00e9e et longe la rivi\u00e8re jusqu’au village La pluie a finalement d\u00e9cid\u00e9e de s’arr\u00eater, mais le chemin d\u00e9tremp\u00e9 se transforme par endroits en parcours d’obstacles, m\u00ealant flaques profondes, boue glissante et sol herbeux spongieux. Dans le village c’est aussi la pataugeoire. Alors que nous cherchons un endroit pour manger, nous croisons deux hommes \u00e9m\u00e9ch\u00e9s \u00e0 l’esprit batailleur. Nous arrivons heureusement \u00e0 les garder \u00e0 distance mais restons tout de m\u00eame sur nos gardes. Un peu plus loin une femme s’approche de nous et nous d\u00e9tourne du restaurant o\u00f9 nous allons entrer pour nous rediriger plut\u00f4t vers le sien. Un petit restaurant bien cach\u00e9 au fond du village. Elle nous y sert un th\u00e9 au lait, quelques khuushur pr\u00e9par\u00e9s devant nous et une assiette de riz pour caler le tout. Entre temps le soleil est enfin arriv\u00e9 et nous \u00e9tendons la tente pour la faire s\u00e9cher un peu.<\/p>\n Un rocher un peu haut attire l\u2019\u0153il du grimpeur-photographe qui sommeil en S\u00e9bastien. Nich\u00e9 au bord de l’eau il offre un petit point de vue sur\u00e9lev\u00e9 pour admirer le panorama. \u00c0 peine redescendu nous sommes appel\u00e9 par un groupe de jeunes gens qui finissent leur pique-nique au soleil. Ils nous proposent quelques morceaux d’os \u00e0 finir et un verre de vin. Ils ont l’air sympathiques et certains bredouillent un peu d’anglais. Rapidement on nous offre de l’arkhi qu’il faut boire tranquillement sous peine d’\u00eatre aussit\u00f4t resservi. Ils sont venus l\u00e0 \u00e0 3 couples pour un week-end d\u00e9tente entre amis \u00e0 camper au bord du lac. Les mongols ne laissent rien tra\u00eener sur un plat de mouton. Chaque miette de viande ou de gras est scrupuleusement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e et ils vont m\u00eame jusqu’\u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer la moelle des os principaux pour ne rien perdre. Il faut dire que la vodka creuse l’app\u00e9tit.<\/p>\n<\/a>Aujourd’hui nous changeons de cap. Apr\u00e8s 10 jours \u00e0 rouler \u00e0 l’Ouest, nous prenons cette fois plein Sud vers le volcan Khorgo et le Grand Lac Blanc. En ce dernier jour de Naadam le taux d’alcool\u00e9mie bat des records d\u00e8s les premi\u00e8res heures du jour et certains ont d\u00e9j\u00e0 bien du mal \u00e0 tenir debout. Nous prenons notre temps pour d\u00e9coller et il se fait bien 14h quand nous sortons de M\u00f6r\u00f6n. Dans le paysage vallonn\u00e9 tout autour nous allons droit vers le plus haut relief et cela se ressent tr\u00e8s vite dans le p\u00e9dalage. La route se redresse de plus en plus et il faut parfois mettre le pied \u00e0 terre et pousser. La pauvre Laetitia souffre beaucoup avec nos v\u00e9los surcharg\u00e9s. S\u00e9bastien vient de temps en temps lui donner un petit coup de main pour pousser. Il faut dire que l’eau se fait assez rare et nous en emportons donc 7 \u00e0 8 bouteilles qui viennent s’ajouter au poids d\u00e9j\u00e0 cons\u00e9quent des 6 jours de vivres. <\/p>\n
<\/a>Ils ont bien du mal \u00e0 tenir debout, mais ils tiennent absolument \u00e0 nous aider \u00e0 monter les v\u00e9los dans cette pente qui est de loin la plus raide de la journ\u00e9e. Un petit coup de main ne fait pas de mal et \u00e7a les aidera sans doute \u00e0 dessaouler un peu.<\/p>\n
Un ours dans le bois<\/h3>\n
65 km<\/h4>\n
<\/a>La route poursuit son ascension lente vers un petit col que nous atteignons rapidement, puis se met \u00e0 descendre longuement \u00e0 travers des vallons verdoyants. Les chemin est fait d’une terre tass\u00e9e qui est tr\u00e8s agr\u00e9able \u00e0 rouler et nous permet d’avancer tranquillement sans nous faire secouer dans tous les sens. Apr\u00e8s de longues minutes de plaisir, nous arrivons enfin en bas et traversons une belle rivi\u00e8re d’eau claire dans laquelle nous faisons le plein d’eau. Au bout de 5 minutes nous sommes rejoints par 4 bouts de choux qui viennent faire de m\u00eame. Ils sont tr\u00e8s intrigu\u00e9s par notre pompe. Eux ne font pas autant de mani\u00e8res et remplissent leurs bidons directement. Les petits mongols nomades participent activement aux activit\u00e9s de la famille. Nous en voyons souvent \u00e0 cheval \u00e0 tout \u00e2ge qui s’occupent des troupeaux ou bien accompagnant le p\u00e8re camionneur dans ses d\u00e9placements. Cette responsabilisation rapide des enfants en fait finalement des petits adultes plut\u00f4t que des petits gamins, ce qui ne les emp\u00eache pas de s’amuser d\u00e8s qu’ils en ont l’occasion.<\/p>\n
<\/a>Apr\u00e8s cette petite pause sympathique, nous reprenons la route qui se remet \u00e0 grimper lentement mais s\u00fbrement pour nous emmener sur un plateau \u00e0 plus de 2000m d’altitude. Quelques arbres habillent les sommets et le fond de vall\u00e9e est relativement habit\u00e9. Nous pouvons voir facilement une trentaine de gers dans le paysage alors que nous sommes plut\u00f4t habitu\u00e9s \u00e0 en voir 3 ou 4 \u00e9parpill\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0. Au bout du plateau, juste avant de redescendre, nous d\u00e9cidons de poser le camp. S\u00e9bastien se dirige vers un groupe de gers mais en revient perplexe. Les gens semblent gentils, mais il n’a pas r\u00e9ussit \u00e0 se faire comprendre. Nous passons donc de l’autre c\u00f4t\u00e9 de la route et allons installer la tente \u00e0 l’or\u00e9e du bois \u00e0 300m de la route. Alors que la popote est en train de cuire sur le r\u00e9chaud, une moto bataille \u00e0 travers le champ de taupe pour nous rejoindre. Nous l’accueillons avec un grand sourire et un “Sain Bainu” de rigueur. Laetitia lui propose un carr\u00e9 de chocolat qui fait jaillir une petite \u00e9tincelle dans son \u0153il.<\/p>\n
<\/a>Il nous fait rapidement des signes en direction de la for\u00eat accompagn\u00e9s d’un regard s\u00e9rieux. Nous lui tendons notre dictionnaire et il nous pointe sur le mot “ours”. Il n’en faut pas plus \u00e0 Laetitia pour replier la tente en un temps record. D’autant que notre homme nous propose plut\u00f4t de nous installer pr\u00e8s de sa ger. S\u00e9bastien \u00e9goutte calmement les p\u00e2tes en \u00e9coutant les explications du mongol. Il n’y a qu’un ours dans la for\u00eat, mais il est r\u00e9guli\u00e8rement dans les parages. Nous avalons quelques fourchettes et d\u00e9pla\u00e7ons le camp \u00e0 l’abri derri\u00e8re les gers.<\/p>\n
<\/a><\/p>\nLa journ\u00e9e des 15000<\/h3>\n
60 km<\/h4>\n
<\/a>Apr\u00e8s une nuit rendue plus sereine sans ours, nous enfourchons les v\u00e9los et nous \u00e9lan\u00e7ons dans la pente qui est rapidement suivie d’une nouvelle c\u00f4te. La route est rude, pleine de cailloux et d’orni\u00e8res qui nous demandent beaucoup d’\u00e9nergie. Nous atteignons rapidement un village o\u00f9 nous croisons un groupe d’espagnoles en vacances avec qui nous discutons quelques minutes puis repartons de plus belle pour l’ascension d’un beau col. D\u00e9cid\u00e9ment, les routes sont d\u00e9mont\u00e9es par ici. vers le milieux de la mont\u00e9e, nous passons un cap significatif : la barre des 15000 kilom\u00e8tres ! Un sacr\u00e9 bout de chemin parcouru depuis le P\u00e9rou. Nous f\u00eatons le moment rapidement au milieu d’une nu\u00e9e de mouches et repartons de plus bel dans cette pente dont nous ne voyons pas la fin.
<\/a>Au bout de quelques kilom\u00e8tres, la pente s’adoucit progressivement. La pluie fait son apparition et nous arrivons au sommet, marqu\u00e9 d’une esp\u00e8ce de totem annon\u00e7ant le nom du prochain aimag. Cette fine bruine nous encourage \u00e0 poursuivre.<\/p>\n
<\/a><\/p>\nUn accueil chaleureux<\/h3>\n
40 km<\/h4>\n
<\/a>La pluie nous est arriv\u00e9e dessus t\u00f4t dans la nuit et elle n’est toujours pas d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 se lever. Du coup nous non plus et nous profitons d’une grasse matin\u00e9e dans le confort de nos duvets. Mais \u00e0 10h, \u00e7a n’est toujours pas fini. \u00c0 l’issu du petit d\u00e9jeuner, il pleut encore et il ne fait plus de doute que nous allons devoir d\u00e9marrer la journ\u00e9e tel quel. La pr\u00e9paration de deux personnes dans notre petite tente ressemble un peu \u00e0 un spectacle de contorsionnistes, surtout avec les parois humides que nous nous effor\u00e7ons d’\u00e9viter; mais nous n’en sommes pas \u00e0 notre coup d’essai. Fort heureusement cela reste un exercice rare. Lorsque nous donnons les premiers coups de p\u00e9dale, le crachin s’est r\u00e9duit \u00e0 l’\u00e9tat de fine bruine et donne de plus en plus de signes de fatigue. Une bonne chose.<\/p>\n
<\/a>Pour ne pas changer les bonnes habitudes, nous r\u00e9-attaquons par une mont\u00e9e apr\u00e8s avoir p\u00e9niblement quitt\u00e9 le village encore plus embourb\u00e9 de l’autre c\u00f4t\u00e9.heureusement le soleil est bien install\u00e9. En haut du col, nous croisons un groupe de mongols qui souhaitent nous inviter chez eux. ils habitent un peu plus loin et nous disent qu’ils nous feront signe quand nous passerons \u00e0 leur hauteur, puis repartent sur leurs motos. Dans ce coin tr\u00e8s touristique nous ne savons pas trop quoi en penser, mais nous appr\u00e9cions le geste n\u00e9anmoins. D’ici la route descend en plusieurs bosses vers la plaine par des sentiers de terre tass\u00e9e. Nous passons une premi\u00e8re bosse, puis une deuxi\u00e8me et voyons soudain quelques enfants courir \u00e0 notre rencontre. Ils nous proposent de venir boire le th\u00e9 dans la ger de leurs parents. Une deuxi\u00e8me invitation en moins d’une heure ! Au risque de frustrer les premiers, nous acceptons cette deuxi\u00e8me invitation. Trois familles vivent ensemble et \u00e9l\u00e8vent yaks, ch\u00e8vres et moutons. On nous offre le th\u00e9 et un bol d’un plat mongol qui s’apparente fortement \u00e0 de la b\u00e9chamel. C’est en fait une \u00e9paisse cr\u00e8me de yak revenue dans de l’huile ou du beurre, parfois agr\u00e9ment\u00e9e d’\u00e9pices ou de sucre. Le tout est accompagn\u00e9 de pains \u00e0 la vapeur particuli\u00e8rement savoureux. Bien entendu, hormis la farine, tout provient des animaux de la famille. <\/p>\n
<\/a>D’ailleurs c’est l’heure de rentrer les troupeaux et on nous convie \u00e0 participer. Le processus est long et compliqu\u00e9. Il faut trier les moutons et les ch\u00e8vres dans 3 enclos en les faisant rentrer et sortir plusieurs fois. Nous passons dans les enclos pour aider \u00e0 les attraper pour le marquage \u00e0 la peinture. Tout le monde est r\u00e9quisitionn\u00e9 pour l’occasion et il y a beaucoup d’\u00e9clats de rire. Les ch\u00e8vres sont plus facile \u00e0 ma\u00eetriser que les moutons qui courent dans tous sens et n\u00e9cessitent parfois des plaquages fa\u00e7on rugby. Un premier tri est fait, on ressort les animaux et il faut \u00e0 nouveaux les rentrer. Nous ne saisissons pas bien ce que nous faisons, mais le faisons diligemment n\u00e9anmoins. Les animaux non plus ne semblent pas trop comprendre pourquoi on leur fait faire tant d’allers-retours. \u00c0 la fin des nombreuses man\u0153uvres S\u00e9bastien est bien boueux et rev\u00eat un parfum de ch\u00e8vre tenace. Malheureusement la pluie arrive et \u00e9courte la soir\u00e9e. Nous passons sous la tente, chauffons une casserole pour faire la toilette et nous glissons dans les duvets en esp\u00e9rant que la pluie ne dure pas trop. <\/p>\n
Tsaagan Nuur<\/h3>\n
60 km<\/h4>\n
<\/a>Le soleil est radieux ce matin. Au programme du jour nous avons l’un des plus gros col de notre parcours mongol, suivi d’une belle descente. Tout semble en accord pour une bonne journ\u00e9e, le vent lui m\u00eame a d\u00e9cid\u00e9 de pousser dans le bon sens. Juste avant le d\u00e9marrage de l’ascension nous rep\u00e9rons une belle source d’eau claire pour ravitailler. L’eau doit \u00eatre bonne car toutes les voitures s’arr\u00eatent de m\u00eame pour remplir leur bidons. Puis la mont\u00e9e d\u00e9bute. Quelle est raide cette mont\u00e9e; \u00e0 tel point que les mongols y ont mis quelques virages, fait rare dans le pays. Aujourd’hui encore quelques mouches viennent s’ajouter aux festivit\u00e9 mais nous tenons bon et finissons par atteindre le sommet au bout de deux bonnes heures. En guise de r\u00e9compense nous voyons la route partir en descente sur plusieurs kilom\u00e8tres. Enfin un peu de repos pour nos mollets en surchauffe. Lorsque la route s’aplanit un peu nous apercevons un premier lac au loin, le petit Khobo Nuur qui annonce l’arriv\u00e9e prochaine sur le grand lac blanc, le Tsaagan Nuur que nous atteignons quelques kilom\u00e8tres plus loin. La route longe les berges du lac et quelques petites bosses dans le paysage nous offrent de beaux points de vue. Nous poursuivons un moment avant de poser le camp sur une grande \u00e9tendue d’herbe non loin d’une famille mongole qui s’affaire autour de son feu de bois. L’endroit est paisible et nous profitons tranquillement de la fin de journ\u00e9e en d\u00e9gustant notre cuisine de bivouac, des p\u00e2tes bien \u00e9videmment.<\/p>\n
<\/a><\/p>\nLe match de basket<\/h3>\n
40 km<\/h4>\n
<\/a>Pour une fois depuis bien longtemps nous arrivons \u00e0 d\u00e9marrer t\u00f4t ce matin. 9h30 ! Il semblerait que nous ayons pris de mauvaises habitudes ces temps-ci. Plus le voyage avance et plus nous prenons notre temps le matin; comme pour \u00e9tirer ce temps qui nous \u00e9chappe de plus en plus. La route se transforme un peu en parcours d’aventure lorsque nous traversons notre premi\u00e8re rivi\u00e8re. Le courant n’est pas fort, l’eau n’est pas trop profonde mais elle glace les jambes jusqu’\u00e0 mi-mollet. C’est un peu amusant de voir les 4×4 h\u00e9siter, chercher le meilleur passage de peur de s’embourber quand nous prenons simplement nos v\u00e9los sur l’\u00e9paule et passons en deux minutes. Peu de temps apr\u00e8s nous passons une deuxi\u00e8me rivi\u00e8re pour rafra\u00eechir les pieds \u00e0 peine r\u00e9chauff\u00e9s. Sous ce soleil le lac est resplendissant.<\/p>\n
<\/a><\/p>\n<\/a>Nous sommes en compagnie d’un juge, d’un policier, de leur ami encore \u00e9tudiant chacun accompagn\u00e9 de leur compagne. La conversation se met \u00e0 tourner autour du basket et S\u00e9bastien se retrouve enr\u00f4l\u00e9 pour un petit match. Non loin de l\u00e0, un camp de gers \u00e0 pr\u00e9par\u00e9 un petit terrain avec panier. Le sol est bien marqu\u00e9 de l’int\u00e9r\u00eat que portent les mongols pour le sport. Nous ne trouvons d’abord qu’un vieux ballon de volley ball dont la chambre \u00e0 air \u00e0 d\u00e9marr\u00e9 son \u00e9vasion et que nous avons un mal fou \u00e0 ma\u00eetriser sur le sol in\u00e9gal. Bient\u00f4t d’autres personnes se joignent avec un vrai ballon pour un mini tournoi qui dure bien 2h. Nous les quittons ensuite alors qu’ils piquent une t\u00eate dans le lac et prenons la direction du volcan. Cette attraction majeure du parc national est en fait une toute petite butte dont l’ascension ne prend pas beaucoup plus de 5 minutes. Ce petit joueur dans la famille des volcans a tout de m\u00eame fait une belle coul\u00e9e noire qui d\u00e9coupe le paysage et que la nature a bien du mal \u00e0 recouvrir.<\/p>\n
<\/a>Dans la ville de Tariat, nous profitons des quelques \u0413\u0443\u0430\u043d\u0437 (guanz) pour grignoter un peu. En cours de repas nous voyons d\u00e9barquer un motard allemand qui a rep\u00e9r\u00e9 les v\u00e9los. Il porte un blouson de cuir, un \u00e9pais pantalon et une barbe mal ras\u00e9e d’aventurier et gare son engin \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des n\u00f4tres : un scooter qui l’a amen\u00e9 ici directement depuis l’Allemagne. Un personnage sympathique avec qui nous discutons jusqu’\u00e0 19h pass\u00e9e. en sortie de ville nous tombons \u00e0 nouveaux sur des motards, isra\u00e9liens cette fois. Des backpackers qui ont d\u00e9cid\u00e9s de tester la moto pour leur voyage mongol et dont les sacs en tous genre sont ficel\u00e9s comme ils ont pu sur leurs engins chinois encore neufs. D\u00e9cid\u00e9ment les motards atypiques sont de sortie. Apr\u00e8s la ville, nous tombons dans une vall\u00e9e toute plate et p\u00e9dalons quelques kilom\u00e8tres jusqu’au premier relief o\u00f9 nous poser la tente.<\/p>\n
Course poursuite avec l’orage<\/h3>\n
90 km<\/h4>\n