Pour repartir d’ici c’est tout d’abord une belle descente de quelques kilom\u00e8tres histoire de red\u00e9marrer doucement. Le programme de la journ\u00e9e s’annonce correcte avec tout de m\u00eame un peu de mont\u00e9e en pr\u00e9vision. Notre itin\u00e9raire \u00e9vite soigneusement la route principale en passant dans des vall\u00e9es paisibles o\u00f9 nous sommes vraiment peu d\u00e9rang\u00e9s par la circulation. La route est bord\u00e9e de pans de montagne couverts de bambou. Ceux-ci sont coup\u00e9s puis amen\u00e9s dans de petites structures locales o\u00f9 ils fabriquent des tapis de bambou, des esp\u00e8ces de lampions et tout un tas d’autres artefacts. Les faci\u00e8s ont chang\u00e9s. Les gens sont bien plus petits et menus et leur visage tr\u00e8s rond est tr\u00e8s d\u00e9gag\u00e9 avec un front haut, des pommettes hautes, un menton tr\u00e8s peu saillant et de petits yeux tr\u00e8s brid\u00e9s.<\/p>\n Les habitants du village sont issus de la minorit\u00e9 Yao, reconnaissable aux coiffes des femmes. Elles enroulent leurs longs cheveux noir d’encre autour de leur t\u00eate \u00e0 la mani\u00e8re d’un turban qu’elle fixent en place \u00e0 l’aide d’un chignon plac\u00e9 au dessus du front. Souvent, un tissu aussi du m\u00eame noir entoure leur chevelure. Elles portent sur elles de lourds bijoux en m\u00e9tal qui leur d\u00e9forment les oreilles et offrent un peu de brillance sur leurs habits noirs d’encre. Un gilet au motif rose fuchsia vient \u00e9clairer le tout. Leurs visages sont souvent marqu\u00e9s par le temps qu’elles passent dehors dans les champs et leurs yeux noirs vous fixent droit. Mais leur large sourire vient rappeler leur gentillesse.<\/p>\n Ce qui fait la renomm\u00e9e du site, ce sont bien s\u00fbr ses terrasses. La montagne est enti\u00e8rement terrass\u00e9e. Nous sommes \u00e0 la saison s\u00e8che et elles ne sont ni en eau ni cultiv\u00e9es, mais le spectacle n’en reste pas moins impressionnant. C’est magnifique. Le paysage donne l’impression d’avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e2tel\u00e9 par un jardinier g\u00e9ant comme on le fait pour un jardin zen. Quel travail titanesque. Combien de g\u00e9n\u00e9rations on bien pu se relayer pour am\u00e9nager une telle surface ? Le tout pour dompter la montagne et rendre ses pentes raides cultivables.<\/p>\n La ballade passe dans des terrasses un peu recul\u00e9es. Certaines ne sont pas utilis\u00e9es. En jach\u00e8re peut-\u00eatre ? Au d\u00e9tour d’un virage nous faisons un bond. Un serpent d’un bon m\u00e8tre cinquante de long, aussi effray\u00e9 que nous, se tord dans tous les sens pour essayer de grimper le talus. Apr\u00e8s ces \u00e9motions, nous d\u00e9couvrons enfin les terrasses de Ping’An. Elles viennent \u00e9pouser la moindre bosse autour du village. Certaines sont en eau et d’autres sont vertes de cultures, offrant ainsi un tableau fort sympathique. Le village de Ping’An lui m\u00eame a perdu beaucoup de son charme. Les rues sont couvertes de vendeurs de tout et de rien ou d’h\u00f4tels et les paisibles paysans ont c\u00e9der leur place aux rabatteurs de tout poil.<\/p>\n Nous rejoignons Brigitte apr\u00e8s cette bonne journ\u00e9e et prenons table dans un autre restaurant o\u00f9 nous avons notre premi\u00e8re occasion d’utiliser l’imprimante que nous venons d’acqu\u00e9rir. Nous prenons une photo de la femme de maison et de son mari et leur offrons. Le r\u00e9sultat semble convainquant et nous passons un bon moment de rigolade.<\/p>\n<\/a>Nous sommes accueillis ce matin par un grand soleil. Nous en profitons donc pour visiter ce petit village que nous n’avions pas eu trop le temps de voir hier soir. Les locaux aussi bien que les touristes chinois de passage n’ont pas trop l’habitude de voir passer des cyclistes par ici et nous sommes regard\u00e9s avec curiosit\u00e9 pendant que nous d\u00e9ambulons dans les ruelles \u00e9troites et sombres. Les maisons de bois sont tr\u00e8s rapproch\u00e9es les unes des autres, laissant peu de lumi\u00e8re entrer dans ces passages. Le rez de chauss\u00e9e est utilis\u00e9 pour les animaux o\u00f9 les activit\u00e9s poussi\u00e9reuses et le haut constitue la pi\u00e8ce \u00e0 vivre. Elle est faite enti\u00e8rement de bois et les lambris et fen\u00eatres sont finement sculpt\u00e9s. La vue sur les toits est magnifique. Toutes les maisons du village semblent n’en former qu’une seule. La vall\u00e9e tire son nom des nombreux papillons qui peuvent y \u00eatre observ\u00e9s. Nous avons effectivement la chance d’en voir plusieurs sp\u00e9cimens plus ou moins grands, avec des couleurs parfois m\u00e9tallique et des ailes dentel\u00e9es.<\/p>\n
<\/a>Apr\u00e8s une route qui monte sacr\u00e9ment sur un premier col, puis une belle descente qui vient r\u00e9compenser de la mont\u00e9e, nous trouvons enfin l’entr\u00e9e du parc de Longji. 2 villages offrent des possibilit\u00e9s de logement : Ping’An et Dazhai. Sur les conseils de quelques personnes nous choisissons le second qui est annonc\u00e9 plus loin mais au bout d’une route moins raide. Nous longeons une rivi\u00e8re dans une vall\u00e9e encaiss\u00e9e et passons de charmants petits villages tous bord\u00e9s de hautes terrasses. Au final c’est quand m\u00eame 24 kilom\u00e8tres dont 2\/3 de mont\u00e9e qu’il nous faut vaincre. D’ailleurs nous n’arrivons pas \u00e0 finir de jour. La derni\u00e8re portion est redoutable et ne semble pas vouloir finir. Sur le moment nous regrettons d’avoir \u00e9couter les locaux qui sont assez souvent de tr\u00e8s mauvais conseils quant aux conditions des routes. Nous avons d\u00fb \u00eatre annonc\u00e9s car la g\u00e9rante d’un des h\u00f4tels nous attend \u00e0 l’entr\u00e9e du village. Dans la p\u00e9nombre ambiante nous sommes ravis de nous faire guider et de trouver un petit h\u00f4tel cosy o\u00f9 les chambres tout en bois ressemblent \u00e0 des saunas. La famille de la g\u00e9rante ainsi que tous les habitants du village sont des Yao qui ont gard\u00e9 quelques coutumes comme l’habillement, la coiffe, le travail des terrasses, les bijoux et une architecture pour leurs habitats.<\/p>\n
Les terrasses de Longji<\/h3>\n
<\/a>Le village de Dazhai est assez touristique mais il montre toute fois quelques signes d’authenticit\u00e9 appr\u00e9ciable. Un rivi\u00e8re y coule tranquillement, le s\u00e9parant en deux parties joignables par une multitude de ponts plus ou moins \u00e9volu\u00e9s. La partie basse du village est essentiellement compos\u00e9e de structures pour accueillir les touristes. Tous ces b\u00e2timents neufs ont tout de m\u00eame su conserver l’architecture locale. Les toitures \u00e0 4 pans couvertes de grosses tuiles grises \u00e9paisses sont d\u00e9cor\u00e9es sur les ar\u00eates et les coins par des petites statuettes ou des enchev\u00eatrements de tuiles. Elles sont pos\u00e9es sur une structure en bois rectangulaire faite d’un quadrillage de poutres verticales. Les murs sont perc\u00e9s d’ouvertures finement d\u00e9cor\u00e9es. <\/p>\n
<\/a>Nous empruntons les chemins de pierres pour acc\u00e9der \u00e0 un point de vue. En chemin, nous observons ces femmes dans leurs tenues typiques affair\u00e9es \u00e0 pr\u00e9parer les terrasses pour la saisons des pluies prochaine. Nous commen\u00e7ons \u00e0 penser que ce n’est peut \u00eatre pas que pour les touristes et que le folklore est toujours vivant. Dans ces pays de montagnes, les chevaux ont remplac\u00e9s les b\u0153ufs des plaines pour aider l’homme. Alors que Brigitte s’accorde une apr\u00e8s midi de relaxation \u00e0 observer les allers-retours des locaux dans leurs t\u00e2ches quotidiennes, nous partons en direction de Ping’An, un second village \u00e0 quelques heures de marche. <\/p>\n
<\/a><\/p>\nDazhai-Ma’an<\/h3>\n