\u00c0 observer la ville, la Chine est bien plus d\u00e9velopp\u00e9e que le reste de l’Asie. La ville est grande et propre, ses all\u00e9es sont d\u00e9gag\u00e9es et lumineuses et un nombre impressionnant d’enseignes se battent les clients qui se prom\u00e8nent en masse dans les all\u00e9es commer\u00e7antes. Parmi elles, nous reconnaissons certaines grandes enseignes bien connues. C\u00f4t\u00e9 circulation, les scooters \u00e9lectriques semblent glisser sans un bruit et sans odeur sur le bitume tout neuf avant de s’arr\u00eater bien sagement au feu rouge. Le contraste est d\u00e9tonnant.<\/p>\n La journ\u00e9e a beau \u00eatre pluvieuse nous n’en sommes pas moins tout joyeux d’\u00eatre l\u00e0. Au gr\u00e9 de nos d\u00e9ambulations nous trouvons de bonnes petites choses \u00e0 nous mettre sous la dent pour pas trop cher. Bref le moral est bon. Soudain il le devient encore plus. Devant nos yeux \u00e9carquill\u00e9s, une boulangerie pleine de brioches et d’autres d\u00e9licatesses. En tout cas avant notre passage. Nous la d\u00e9valisons en bonne partie. <\/p>\n Ensuite c’est une autre vision du pays qui nous est pr\u00e9sent\u00e9e. Les immeubles sont de moins en moins clinquants, les routes un peu plus us\u00e9es. Les gens semblent un peu moins respectueux du code de la route qu’ils ne l’\u00e9taient quelques kilom\u00e8tres auparavant. Le centre des grosses villes serait en fait un peu plus avanc\u00e9 que le reste du pays. Le c\u00f4t\u00e9 charmant des gens lui ne faiblit pas.<\/p>\n La route secondaire que nous envisagions est en fait un axe tr\u00e8s passant. Qui plus est, un signe indique clairement que l’acc\u00e8s n’est pas autoris\u00e9 aux v\u00e9los. Sur notre carte, c’est la seule route que nous voyons. Nous demandons donc notre chemin aux gens qui passent et tous sont unanimes. Il faut suivre la route passante. Le panneau d’interdiction n’est sans doute l\u00e0 que pour la d\u00e9co. Timidement, nous nous engageons donc sur la bande d’arr\u00eat d’urgence. Au bout de quelques kilom\u00e8tres, voyant depuis un moment une petite route tranquille suivre notre quasi autoroute, nous prenons \u00e0 travers champs pour la rejoindre. C’est d\u00e9cid\u00e9 en Chine il faudra trouver les toutes petites routes. Celle sur laquelle nous sommes \u00e0 pr\u00e9sent est tellement plus calme. La voiture semble \u00eatre un luxe que ne peuvent pas se payer beaucoup de chinois et les quelques motos ou scooters qui nous passent sont une moins grande nuisance.<\/p>\n Pour naviguer, nous avons opt\u00e9 pour la carte routi\u00e8re en chinois. Pas tr\u00e8s pratique pour deviner le nom des lieux, mais tellement plus simple pour pointer une destination \u00e0 quelqu’un ou comparer \u00e0 l’un des trop rares panneaux de circulation. Il y a vraiment tr\u00e8s peu de signalisation sur les routes de Chine et ce pays est tellement peupl\u00e9 qu’il y a des routes partout. Sur nos cartes, car nous en avons plusieurs, toutes les routes ne sont pas indiqu\u00e9es. Certaines apparaissent sur l’une et pas sur l’autre et vice versa. Et beaucoup n’apparaissent sur aucune d’ailleurs.<\/p>\n<\/a>Nous voil\u00e0 donc arriv\u00e9s dans la ville de Nanning. Contrairement aux pays que nous venons de quitter, les chinois semblent vivre beaucoup la nuit. De nombreux commerces restent ouverts jusque tr\u00e8s tard le soir et nous nous \u00e9tonnons de voir certaines boutiques toujours disponibles \u00e0 minuit pass\u00e9 lorsque nous rentrons de notre restaurant.<\/p>\n
<\/a>Nos premiers contacts avec les gens sont tr\u00e8s positifs. La plupart nous font de grands sourires et sont vite pr\u00eats \u00e0 nous aider. Si nous essayons de nous expliquer maladroitement avec une personne qui ne parle pas anglais, il n’est pas rare qu’une autre d\u00e9barque dans la conversation pour jouer les traducteurs. Le tout premier soir nous sommes m\u00eame accompagn\u00e9s par un policier qui nous m\u00e8ne jusqu’\u00e0 la porte de l’h\u00f4tel que nous cherchions. Nous sommes bien loin des images qu’on nous avait d\u00e9peintes avant de partir.<\/p>\n
Sortie de ville<\/h4>\n
<\/a>La sortie de ville est aussi une exp\u00e9rience int\u00e9ressante. D\u00e9j\u00e0 c’est une aventure. Il nous faut bien 15 kilom\u00e8tres pour rejoindre le p\u00e9age qui indique la sortie de Nanning. Au fur et \u00e0 mesure que nous nous \u00e9loignons du centre ville, les scooters silencieux sont remplac\u00e9s par des poids lourds bruyants et odorants. Nous nous faufilons dans un bouchon gigantesque et assourdissant. La r\u00e8gle est facile. Priorit\u00e9 au plus gros et \u00e0 celui qui klaxonne le premier. C’est rarement notre cas. Comme les chinois ne regardent pas dans leur r\u00e9troviseur, le klaxonne sert aussi \u00e0 pr\u00e9venir de sa pr\u00e9sence. En v\u00e9lo c’est assez fatiguant. D’autant que le volume sonore est directement proportionnel au volume du v\u00e9hicule.<\/p>\n
<\/a>Les quelques petits villages que nous traversons sont tr\u00e8s d\u00e9suets. Les anciennes habitations de terre s\u00e8che sont petit \u00e0 petit remplac\u00e9s par des maisons en brique qui n’ont que peu de charme. Olfactivement parlant, la Chine est rarement neutre. \u00c7a sent le b\u00e9tail, les cultures, les \u00e9gouts, la nourriture en train de cuire. Des centaines d’odeurs qui se m\u00ealent au gr\u00e9 du vent en composant une symphonie \u00e9tonnante. Nous sommes souvent attrist\u00e9s de voir des d\u00e9potoirs \u00e0 l’entr\u00e9e m\u00eame des villages, mais bon. Apr\u00e8s tout, nos petits villages de campagne \u00e9tais un peu comme \u00e7a aussi il n’y a pas si longtemps que \u00e7a.<\/p>\n
<\/a>Nous en profitons donc pour demander notre chemin aux gens que nous croisons et ainsi peaufiner notre chinois balbutiant. Ils sont toujours tr\u00e8s patients et avides de commentaires. Parfois, alors que nous peinons \u00e0 nous comprendre avec les mots et les gestes, on nous sort du papier et un crayon. Nous esp\u00e9rons toujours un petit sch\u00e9ma explicatif mais \u00e7a finit souvent par des caract\u00e8res chinois et notre mine perdue suivi d’un “Bu mingbai…” qui les fait bien sourire. Heureusement certains enfourchent alors leur v\u00e9lo pour nous mettre sur le bon chemin. De temps en temps certains s’arr\u00eatent \u00e0 notre hauteur pour prendre une photo avec nous. Le jeu nous amuse beaucoup. Contrairement aux pays pr\u00e9c\u00e9dents dans cette r\u00e9gion du Guangxi o\u00f9 nous \u00e9voluons, nous croisons tr\u00e8s peu d’enfants. La politique de l’enfant unique est toujours en vigueur et cela se ressent concr\u00e8tement dans les rues. <\/p>\n
Dans la campagne du Guangxi<\/h3>\n