Sur la route, c’est un concert de klaxon permanent. Les vietnamiens adorent klaxonner. Pour d\u00e9passer, pour dire \u00e0 quelqu’un de se pousser ou bien tout simplement pour le plaisir, ils ont toujours une main sur la manette. Le niveau de bruit peut vite devenir assourdissant. Sur la route aujourd’hui un d\u00e9fil\u00e9 de camion passe son temps \u00e0 envoyer des d\u00e9cibels. Plus l’engin est gros, plus le klaxon est violent. Et lorsqu’ils nous voient nous boucher les oreilles, certains semblent ravis d’en rajouter un couche. Nous sortons rapidement de la route principale mais les tympans sont d\u00e9j\u00e0 douloureux apr\u00e8s seulement 10 kilom\u00e8tres. Sur la route secondaire le trafic est un peu moins dense mais les klaxons n’arr\u00eatent pas pour autant. La pluie s’invite \u00e0 la f\u00eate.<\/p>\n Plus tard dans la journ\u00e9e, nous apercevons un groupe de 3 policiers post\u00e9s en embuscade. Au moment o\u00f9 nous passons, ils se jettent en travers de la route. Ce n’est pas pour nous, mais pour tenter de proc\u00e9der au contr\u00f4le de la voiture qui nous suit. La voiture vis\u00e9e ne se d\u00e9monte pas. Elle acc\u00e9l\u00e8re, klaxonne les malotrus et passe le barrage en force. Cela ne semble pas \u00e9mouvoir plus que \u00e7a nos trois comp\u00e8res qui se disent s\u00fbrement qu’ils feront mieux \u00e0 la prochaine.<\/p>\n<\/a>Le Vietnam est un tr\u00e8s beau pays. C’est ind\u00e9niable. C’est m\u00eame le plus beau pays d’Asie que nous ayons travers\u00e9 pour l’instant. De tr\u00e8s tr\u00e8s loin. Ses rizi\u00e8res, ses petits monts de karst et les villages sont d’un charme absolu. L’absence de culture sur br\u00fblis permet de profiter pleinement d’une nature verdoyante et s’il y a de la brume, elle n’est due qu’\u00e0 l’humidit\u00e9 de l’air. C\u00f4t\u00e9 cuisine, le moindre march\u00e9 ou la moindre carte de restaurant est d\u00e9j\u00e0 un po\u00e8me pour le gourmand que je suis. Mais pour le voyageur, le Vietnam a cependant un gros d\u00e9faut. Voici le d\u00e9tail d’une journ\u00e9e de p\u00e9dalage, la troisi\u00e8me journ\u00e9e que nous avons pass\u00e9e dans le pays en fait.<\/p>\n
<\/a>Pas besoin de r\u00e9veil ce matin. Une personne \u00e2g\u00e9e et tr\u00e8s certainement v\u00e9n\u00e9rable est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e hier et les tambours tonitruants d\u00e9marrent leur veill\u00e9e fun\u00e8bre \u00e0 partir de 5h. Nous ne remettons bien entendu pas en question les coutumes d’un pays qui n’est pas le n\u00f4tre. Le concert de casseroles qui est jou\u00e9 nous aide d’ailleurs sans doute \u00e0 partager la peine de la famille. \u00c7a aura au moins le m\u00e9rite de nous aider \u00e0 nous lever t\u00f4t. Avant de partir sur les routes pour nous enfoncer dans la campagne nous tentons un petit passage \u00e0 la banque pour faire le plein de dongs. Les retraits au distributeur sont ridiculement bas et s’il faut retirer plus de fois, il faut aussi pay\u00e9 plus de frais. La premi\u00e8re banque nous oppose un refus net et pr\u00e9cis. La seconde ne pose pas de soucis, par contre le tarif fait fr\u00e9mir. Nous en venons donc au retrait au distributeur finalement. Entre le marteau et l’enclume nous faisons le choix du marteau. <\/p>\n
<\/a>Nous passons non loin d’un village flottant et profitons de l’occasion pour faire une petite pause de d\u00e9tente. Nous sommes quelques personnes sur place, mais on n’embarque que deux touristes \u00e0 la fois sur un bateau. Au moins nous avons de la place. Nous partons dans la foul\u00e9e d’un autre bateau et filons tranquillement sur les canaux. La ballade est sens\u00e9e passer par un premier village sans pr\u00e9tention avant d’arriver au second qui est la v\u00e9ritable destination de la vir\u00e9e. Mais alors que nous commen\u00e7ons \u00e0 apercevoir le clocher de l’\u00e9glise du second village au loin, notre chauffeur d\u00e9cide de faire demi-tour. Il ne semble pas d’humeur \u00e0 poursuivre jusqu’au bout. Nous protestons et le prions de nous emmener l\u00e0 ou il faut mais en vain. \u00c0 chaque insistance de notre part, c’est une nouvelle excuse qu’il invente. Nous bouillonnons.<\/p>\n
<\/a>De retour sur la route, nous nous arr\u00eatons dans un petit restaurant pour la pause de midi. Nous demandons consciencieusement le prix des diff\u00e9rents plats que nous commandons. Le tarif est raisonnable. Autour de 20000 VND chaque. S\u00e9bastien se laisse tenter par un autre plat mais commet l’erreur fatale de ne pas demander le prix. Celui l\u00e0 sortira \u00e0 150 000 VND. Voila une nouvelle le\u00e7on ch\u00e8rement apprise. \u00c0 ce stade de la journ\u00e9e (13h) nous sommes d\u00e9j\u00e0 assez frustr\u00e9s. Nous avons v\u00e9ritablement l’impression d’\u00eatre attendus \u00e0 chaque tournant. Parmi les petits plaisir du voyage il y a les passages au march\u00e9, les grignotages sur le pouce, mais ici nous en venons \u00e0 les fuir. Nous avons beau assister \u00e0 une transaction, voir clairement les montants \u00e9chang\u00e9s, nous n’avons pas le droit d’acc\u00e9der au tarif local. D’ailleurs on nous fait souvent une t\u00eate d’enterrement lorsque nous essayons de n\u00e9gocier les prix prohibitifs qui nous sont annonc\u00e9s. R\u00e9sultat nous limitons tous ces contacts au strict minimum. Nous nous accordons tout de m\u00eame une petite pause, caf\u00e9 pour Laetitia et th\u00e9 pour S\u00e9bastien, dans un bistro. Il y a un menu avec les prix d’indiqu\u00e9s, parfait ! Au moment de payer la note nous semble un peu haute. Nous avons certes quitt\u00e9 les bancs de l’\u00e9cole depuis un moment mais nous avons encore quelques restes de math\u00e9matiques. “Ah, mais c’est un vieux menu ! Les prix ont chang\u00e9s depuis”. Il n’y a donc aucun r\u00e9pits …<\/p>\n