Un vendeur ambulant nous passe plusieurs fois au gr\u00e9 de ses arr\u00eats, avec \u00e0 chaque fois un grand sourire. Nous finissons par aller voir ce qu’il a \u00e0 vendre. Nous lui prenons quelques mangues bien charnues et un peu de pain. De nombreux vendeurs font des allers-retours le long des routes pour approvisionner les maisons les plus \u00e9loign\u00e9es des villages. Chacun y va de sa sp\u00e9cialit\u00e9 : fruits et l\u00e9gumes comme notre vendeur sympathique, montagne d’objets en osier, jus de sucre de cane, etc. Tout ce qui peut \u00eatre achet\u00e9 est trimbal\u00e9 en moto.<\/p>\n Nous finissons par atteindre le site de Koh Ker, une s\u00e9rie de temples qui s’\u00e9tale sur quelques kilom\u00e8tres. Le site vient d’\u00eatre d\u00e9min\u00e9 r\u00e9cemment, les derni\u00e8res parcelles ayant \u00e9t\u00e9 finie vers 2009. Il est donc assez vierge et nous croisons peu de touristes. Les quelques ruines se trouvent dans une for\u00eat qui n’est pas si dense que nous l’avions imagin\u00e9. Le m\u00e9lange de pierres et de v\u00e9g\u00e9tation rend tout de m\u00eame un r\u00e9sultat int\u00e9ressant et nous donne un avant go\u00fbt d’Angkor Wat all\u00e9chant. En fin de journ\u00e9e, alors que le soleil irradie de sa lumi\u00e8re rouge\u00e2tre, nous rejoignons le dernier village crois\u00e9 \u00e0 l’aller pour atterrir dans la seule guest house. Une grande maison rudimentaire mais tr\u00e8s charmante. Nous y retrouvons les douches \u00e0 grand coup de casserole d’eau typique du Cambodge. Dans ce village si modeste et si typique nous sommes pris \u00e0 contre pied la nuit venue par un d\u00e9luge de Watt. Jusqu’\u00e0 assez tard, le village est anim\u00e9 par une musique de bo\u00eete de nuit \u00e0 grand renfort de basse et c’est sur un remix de Justin Bieber que nous nous couchons un peu surpris.<\/p>\n Nos m\u00e9thodes de r\u00e9paration intriguent la tenante de la boutique qui ne semble pas tout \u00e0 fait approuver. Elle prend alors les choses en main et nous voil\u00e0 parti pour une petite le\u00e7on de pose de rustine. Elle sort quelques outils des quatre coin de sa petite officine, un bout de papier de verre enroul\u00e9 sur un b\u00e2ton, une barre de fer forg\u00e9e et un briquet. Apr\u00e8s avoir soigneusement nettoyer la zone perc\u00e9e avec le papier de verre, elle badigeonne de colle et y met le feu. Nous regardons avec un \u00e9tonnement perplexe et la voyons ensuite poser la rustine qui se fixe instantan\u00e9ment. Pas besoin de s\u00e9chage, et d’appui pendant de longues minutes. A vrai dire il faut m\u00eame \u00e9viter de tra\u00eener car la prise est vraiment rapide. Elle \u00e9tire ensuite la rustine dans tous les sens comme pour l’assouplir et voil\u00e0 ! C’est r\u00e9par\u00e9. En 3 minutes chrono, elle vient de nous faire une r\u00e9paration bien plus efficace que ce que nous faisions jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent. Apr\u00e8s 6 mois sur la route, nous venons tout juste d’apprendre \u00e0 mettre une rustine.<\/p>\n Vers 15h nous nous remettons en route pour rejoindre Siem Reap o\u00f9 nous avons rendez-vous avec Sehya, un membre de Warmshower chez qui nous sommes h\u00e9berg\u00e9s ce soir. Il nous reste 68 kilom\u00e8tres et la nuit tombe dans 3h3O. Nous poussons tout ce que nous pouvons sur les p\u00e9dales pour \u00e9courter un maximum le p\u00e9dalage nocturne qui nous attend. Le paysage s’est consid\u00e9rablement reverdi. Nous repassons des rizi\u00e8res vertes des jeunes pousses fra\u00eechement plant\u00e9es et de nombreux arbres fruitiers r\u00e9apparaissent. Nous retrouvons un peu de l’ambiance que nous avions au bord du M\u00e9kong. Nous arrivons en ville \u00e0 la nuit tomb\u00e9e et retrouvons la circulation cambodgienne chaotique qui ne change pas trop ses habitudes sous pr\u00e9texte qu’il fait nuit. Nous nous arr\u00eatons au bord d’un h\u00f4tel pour demander \u00e0 quelques chauffeurs de Tuk Tuk s’ils connaissent un endroit pour pouvoir t\u00e9l\u00e9phoner. Ils nous tendent alors leur t\u00e9l\u00e9phone sans h\u00e9siter et nous prenons rendez vous avec notre h\u00f4te pour qu’il passe nous r\u00e9cup\u00e9rer. En attendant, nous faisons essayer les v\u00e9los aux chauffeurs de Tuk Tuk impressionn\u00e9s par le poids de nos b\u00e9canes. Sehya, arrive accompagn\u00e9 d’un groupe de touristes qu’il avait emmen\u00e9 en excursion \u00e0 v\u00e9lo et nous nous joignons au groupe pour rejoindre son office o\u00f9 attendent deux autres cyclos touristes qu’il re\u00e7oit aussi ce soir. Tanya et Raphael sont Portugais. Ils arrivent \u00e0 la fin d’un voyage de 19 mois qui les a emmen\u00e9 \u00e0 travers le Moyen Orient et l’Asie centrale. Leurs r\u00e9cits d’Iran, de Kazakhstan et autre Pakistan sont riches en couleur et en anecdotes croustillantes et nous mettent bien l’eau \u00e0 la bouche.<\/p>\n Nous commen\u00e7ons par visiter quelques sites un peu moins fr\u00e9quent\u00e9s sur l’ext\u00e9rieur. Plus petits et en moins bon \u00e9tat que les stars des lieux, ils permettent de se familiariser petit \u00e0 petit avec l’architecture angkorienne. Les ma\u00e7ons de l’\u00e9poque ne ma\u00eetrisaient pas la clef de vo\u00fbte, c’est pourquoi leurs couloirs sont \u00e9troits et les murs sont \u00e9pais rendant bien souvent les int\u00e9rieurs assez sombres. Quand les toits se sont effondr\u00e9s, cela donne des esp\u00e8ces de labyrinthes o\u00f9 il faut r\u00e9guli\u00e8rement enjamber des tas de pierres pour avancer dans la visite. G\u00e9n\u00e9ralement, les temples sont construits sur le m\u00eame plan, un repr\u00e9sentation du mont sacr\u00e9 Meru, r\u00e9sidence des dieux, entour\u00e9s de tours qui repr\u00e9sente l’univers et les continents. Les escaliers sont raides car l’acc\u00e8s aux dieux se doit d’\u00eatre difficile.<\/p>\n Le travail architectural est impressionnant, mais ce qui fait r\u00e9ellement la splendeur d’Angkor, ce sont les milliers de bas relief, gravure et autres sculptures qui restent encore pr\u00e9sentent. Pourtant, le pillage, l’\u00e9rosion du temps et les tentatives malheureuses de certains restaurateurs ind\u00e9licats ont caus\u00e9 beaucoup de d\u00e9g\u00e2t. N\u00e9anmoins, il en reste \u00e0 profusion et la plupart poss\u00e8dent quelque d\u00e9tail particulier qui les rendent uniques. Nous faisons le tour du site en 2 jours et il n’en faut pas moins. Quelle difficult\u00e9 de comprendre les fresques dans ce folklore hindouiste et bouddhiste qui nous est si obscure, le barattage de l’oc\u00e9an de lait entre les d\u00e9mons et les dieux \u00e0 plusieurs t\u00eates et plusieurs bras nous laisse souvent un peu confus et les explications que nous glanons aupr\u00e8s des guides ne nous aident pas toujours \u00e0 mieux le cerner. Parmi les attractions, les levers et couchers de soleil font fureur et perdent un peu de leur magie quand il faut se battre pour quelques centim\u00e8tres carr\u00e9 d’espace en esp\u00e9rant avoir LA photo qui sera sans doute d\u00e9j\u00e0 disponible sur internet en plusieurs millions d’exemplaires. <\/p>\n Parmi le grand nombre de temples nous en retenons particuli\u00e8rement 4 qui nous ont marqu\u00e9s : Ta Prohm, Angkor Wat, Banteay Kdei et Bayon Bayon<\/strong>, le temple c\u00e9l\u00e8bre des t\u00eates. Bien qu’en assez mauvais \u00e9tat, il reste impressionant. Construit par Jayavarman VII pour sa propre gloire, quelque soit l’endroit ou l’on se trouve au moins une douzaine de visages nous regardent.<\/p>\n Banteay Kdei<\/strong>, un labyrinthe de corridors dont les toits se sont effondr\u00e9s laissant plus de lumi\u00e8re que partout ailleurs pour admirer les centaines de gravures d’apsaras qui ornent chaque face de chaque colonne du temple et bien entendu chaque mur aussi.<\/p>\n Angkor Wat<\/strong>, bien que surpeupl\u00e9 en permanence, Angkor est un b\u00e2timent spectaculaire. Apparemment c’est le plus grand b\u00e2timent religieux au monde. En meilleur \u00e9tat de conservation que tous les autres il b\u00e9n\u00e9ficie de grands espaces a\u00e9r\u00e9s et lumineux et surtout d’une impressionnante fresque de 800m qui en fait le tour. Un enchev\u00eatrement de personnages qui racontent l’histoire d’une grande \u00e9pop\u00e9e hindou et le commencement du monde.<\/p>\n Nous savourons de pouvoir visiter tranquillement \u00e0 notre rythme sur nos v\u00e9los plut\u00f4t que d’\u00eatre g\u00e9rer \u00e0 la montre et transport\u00e9s dans les autobus. La ville de Siem Reap regorge de loueurs de v\u00e9los et nous le conseillons tr\u00e8s vivement.<\/p>\n<\/a> La journ\u00e9e commence par un petit passage au march\u00e9. Nous y ravitaillons en fruits et profitons de la p\u00e2tisserie pour \u00e9chapper \u00e0 la soupe de nouille matinale. Il est 8h30 quand nous d\u00e9marrons et il fait d\u00e9j\u00e0 bien chaud. La route est assez monotone. Nous apercevons quelques travailleurs chinois et des feux de for\u00eat qui pr\u00e9disent sans doute les futurs travaux d’agrandissements. Au loin apparaissent quelques reliefs. Ce sont les premi\u00e8res v\u00e9ritables collines que nous croisons au Cambodge. Quand la route pique droit dessus, nous esp\u00e9rons fortement qu’elle n’aille pas s’y aventurer. Heureusement pour nous, elle finit toujours par les \u00e9viter. Nous avons affront\u00e9 les Andes et voil\u00e0 que nous palissons devant des petites bosses. Il faut dire que la chaleur nous \u00e9crase. Il fait un peu plus chaud chaque jour.<\/p>\n
<\/a> Nous n’avan\u00e7ons pas beaucoup aujourd’hui. De nombreuses crevaisons nous obligent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 nous arr\u00eater sous cette chaleur \u00e9crasante. Bien entendu elles surviennent de pr\u00e9f\u00e9rence quand il n’y a pas d’ombre. Nous sommes d\u00e9goulinants de sueur. Au final, nous finissons par changer le pneu et la chambre \u00e0 air pour r\u00e9gler le probl\u00e8me. Quelle chaleur. Nous vidons les r\u00e9serves d’eau \u00e0 toute allure. A la mi-journ\u00e9e nous en sommes d\u00e9j\u00e0 \u00e0 3l litres par personne et l’eau est si chaude qu’on pourrait y infuser le th\u00e9. Au pire de la journ\u00e9e, le thermom\u00e8tre flirte avec les 46\u00b0C. Le moindre faux plat nous coupe les jambes. Les Cambodgiens bien install\u00e9s dans leur hamac \u00e0 l’ombre doivent nous croire fous et peut \u00eatre n’ont ils pas tout \u00e0 fait tort.<\/p>\n
Direction Siem Reap<\/h3>\n
130km<\/h4>\n
<\/a>Une petite surprise nous attend d\u00e8s le matin. La roue que nous avons chang\u00e9e hier soir est \u00e0 nouveau \u00e0 plat. Apr\u00e8s inspection de la chambre \u00e0 air, nous ne voyons rien. Nous regonflons et prenons le chemin de Siem Reap. Mais apr\u00e8s seulement 5 petits kilom\u00e8tres, S\u00e9bastien est \u00e0 nouveau \u00e0 plat. Par chance nous sommes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d’un chantier et demandons un peu d’eau dans un sceau pour d\u00e9busquer la fuite que nous trouvons en fait sur l’une des rustines qui d\u00e9corent d\u00e9j\u00e0 la chambre \u00e0 air. Nous r\u00e9parons une nouvelle fois, testons dans l’eau que la fuite est colmat\u00e9e et repartons pour une dizaine de kilom\u00e8tres avant de constater que la r\u00e9paration n’a pas \u00e9tait suffisante. En fait la vielle rustine ne tient plus beaucoup et se met \u00e0 fuir d’un peu partout. Cette fois, c’est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d’une petite boutique que nous sommes arr\u00eat\u00e9s. Nous demandons \u00e0 tout hasard si ils ont des chambres \u00e0 air \u00e0 vendre, mais ils n’ont que des rustines. Au rythme o\u00f9 nous les consommons ce matin, nous en reprenons quelques unes et commen\u00e7ons \u00e0 d\u00e9monter une nouvelle fois la roue pour la r\u00e9parer.<\/p>\n
<\/a>Sur la route, nous faisons une halte pour visiter le site de Beng Mealea, un temple pr\u00e9 Angkorien qui a malheureusement subit les foudres des khmers rouges et qui est aujourd’hui principalement un champ de ruines. Alors qu’il \u00e9tait dans un bel \u00e9tat \u00e0 se d\u00e9couverte dans les ann\u00e9es 1850, Pol Pot et ses camarades se sont acharn\u00e9s \u00e0 le dynamiter pour quelques raisons obscures. La v\u00e9g\u00e9tation s’est depuis charg\u00e9e de poursuivre les travaux de d\u00e9molition. Mais le site n’en reste pas moins int\u00e9ressant. Nous crapahutons sur les tas de pierres et sous les arcades encore debout. L’air est frais dans la p\u00e9nombre des galeries. Ce parcours qui serpente dans le m\u00e9andre des ruines \u00e0 un petit air de film d’Indiana Jones. Les murs sont fait de pierre volcaniques massive richement sculpt\u00e9es. Malheureusement, la plupart des figures divines ont eu droit \u00e0 une d\u00e9capitation de la part des Khmers Rouges.<\/p>\n
<\/a>A mi-chemin, nous nous accordons une petite pause mangues et biscuits \u00e0 l’ombre des arbres d’une \u00e9cole o\u00f9 les \u00e9l\u00e8ves en uniforme nous regardent curieusement puis repartons de plus belle.<\/p>\n
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Les temples de la cit\u00e9 d’Angkor<\/h3>\n
<\/a>Construite entre le 12e et le 16e si\u00e8cle, la cit\u00e9 d’Angkor est un immense site qui contient de nombreux temples khmers dans des \u00e9tats diff\u00e9rents. Parfois en ruines, parfois tr\u00e8s bien conserv\u00e9s ou restaur\u00e9s, ces monuments de pierre volcanique ou de brique ne laissent en tout cas pas indiff\u00e9rent. Il ne reste par contre quasiment pas de trace d’habitation, uniquement des temples. Pourtant cette cit\u00e9 a vu jusqu’\u00e0 1 million d’habitants \u00e0 son apog\u00e9e. Aujourd’hui ce sont des milliers de touristes qui se pressent quotidiennement dans les couloirs de ses temples. <\/p>\n
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<\/a>Autour des hordes de touristes, des hordes \u00e0 peine moins nombreuses de marchands du temple avec leur boissons, leur nourriture et leurs bricoles. Dans les sites principaux, il n’est pas possible de faire un pas sans d\u00e9cliner leurs offres plusieurs fois d’affil\u00e9e. Bien \u00e9videmment les tarifs sont 4 fois sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de Siem Reap qui est d\u00e9j\u00e0 2 fois sup\u00e9rieur aux prix du Cambodge, mais quelques mots de khmer et on nous propose des tarifs un peu plus raisonnables.<\/p>\n
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\nTa Prohm<\/strong> est le temple de la jungle, des arbres immenses enfoncent leurs racines profond\u00e9ment dans les murs et les conservateurs sont bien oblig\u00e9s de faire avec eux plut\u00f4t que de les couper car leurs racines tiennent maintenant les pierres qui menacent de s’\u00e9crouler sans leur soutient.<\/p>\nLes villages flottants du Tonle Sap<\/h3>\n