Un peu plus loin, nous visitons de nouveau un petit ensemble de temples perch\u00e9s sur le seul rocher du coin. Le M\u00e9kong est vraiment un fleuve impressionnant par ici. Il coule tranquillement et sans remoud, mais sa largeur nous laisse bouche b\u00e9e. De part et d’autre, nous continuons de voir cette suite ininterrompue de maisons de p\u00eacheur ou d’agriculteur d’o\u00f9 sortent toujours autant de “Hello” \u00e0 notre passage. Il semble y avoir un manque de professeurs et du coup les enfants n’ont pas \u00e9cole toute la journ\u00e9e. Quelques jeunes form\u00e9s apr\u00e8s les khmers rouges enseignent \u00e0 ces ribambelles en alternance dans les villages un peu comme les pr\u00eatres de nos campagnes font la tourn\u00e9e des paroisses. Nous en croisons donc en permanence et les voyons courir derri\u00e8re nous ou \u00e0 notre rencontre. <\/p>\n A l’heure du repas, nous nous arr\u00eatons devant une \u00e9cole dans un petit boui-boui familial en bord de route. Toute la famille est pr\u00e9sente pour s’occuper de l’affaire et le grand p\u00e8re parle fran\u00e7ais. Ils ne servent qu’un plat : une soupe de riz au poisson que nous tentons donc en croisant un peu tous les doigts que nous pouvons pour ne pas tomber malades. Le poisson vient directement du M\u00e9kong tout proche, le “Trei”, un poisson long et fin orn\u00e9 d’une belle paire de moustache et que nous avons souvent aper\u00e7u sur les march\u00e9s. En tout cas le go\u00fbt est bon. Pour finir sur une note sucr\u00e9e, nous prenons quelques beignets de banane en dessert. Dans le village suivant, c’est une petite carriole qui attire notre regard. Des boules blanches parsem\u00e9e de copeaux de noix de coco frais sont dispos\u00e9s dans des feuilles de bananes. La curiosit\u00e9 et sans doute aussi la gourmandise l’emportent. Ce sont de boules de riz gluantes tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9es. La noix de coco parfum\u00e9e donne l’essentiel du go\u00fbt. Voila un des grands plaisirs du voyage; pouvoir s’arr\u00eater partout et go\u00fbter au gr\u00e9 des hasards et de nos envies les sp\u00e9cialit\u00e9s culinaires es pays travers\u00e9s. Et pour \u00e7a, l’Asie se montre d\u00e9j\u00e0 g\u00e9n\u00e9reuse. Le village dans lequel nous sommes atterris est un peu trop gros pour nous poser. Quelques gars un peu louches nous observent et nous pr\u00e9f\u00e9rons poursuivre un peu pour demander l’hospitalit\u00e9 aux moines dans une pagode un peu plus loin. Ils acceptent rapidement et nous sommes accueillis dans leur logis pour la nuit. Pendant que nous pr\u00e9parons pour la premi\u00e8re fois au Cambodge notre repas du soir, nous les entendons chanter quelques mantras et r\u00e9citer leurs pri\u00e8res.<\/p>\n Il y a beaucoup de feux ce matin le long du chemin, des feux pour cuisiner au bois devant les maisons, d’autres pour br\u00fbler les d\u00e9chets et nettoyer les parvis et les abords de route. Le tout parfume la route d’odeurs plus ou moins agr\u00e9able selon les foyers. Odeur de feux de bois ou de paille, odeurs de cuisine qui vous mettent l’eau \u00e0 la bouche, odeurs de march\u00e9, viandes ou poisson pas toujours frais, fleurs, fruits et l\u00e9gumes. Des centaines d’odeurs qui changent en permanence. Les Villages poss\u00e8dent souvent un march\u00e9 que nous pouvons rep\u00e9rer bien \u00e0 l’avance. La rue devient noire de monde et nous devons mettre pied \u00e0 terre, ce qui permet de mieux observer aussi. La p\u00eache du jour agonise lentement au fond des bassines, les coquillages s\u00e8chent au soleil \u00e0 cot\u00e9 des quartiers de viande qui nous attirent bien moins avec toutes les mouches autour. Les \u00e9tals de fruits et l\u00e9gumes inconnus, aux formes et couleurs \u00e9tonnantes et au milieu de tout \u00e7a, des stands qui proposent tout un tas de plats cuisin\u00e9s plus ou moins \u00e9pic\u00e9s pour moins de 1$. Dans chaque villages les sp\u00e9cialit\u00e9s diff\u00e8rent un peu, un ravissement pour S\u00e9bastien.<\/p>\n Arriv\u00e9s \u00e0 Krati\u00e9 vers midi, nous passons directement au march\u00e9 pour la collation. Encore une nouvelle sp\u00e9cialit\u00e9. Ici, il y a plein de petites roulottes proposant plusieurs marmites avec une dizaine de choix alors que d’habitude il n’y en a qu’un ou 2. Tout \u00e0 l’air app\u00e9tissant. Nous prenons un l\u00e9gume avec des herbes, un curry, et un autre plat le tout accompagn\u00e9 de riz. Nos quelques mots de khmers nous valent des grands sourires des vendeuses surprises et nous savourons tout \u00e7a sur un banc \u00e0 l’ombre d’un grand arbre. Puis ayant entendu parler d’une action lanc\u00e9e par une ONG visant \u00e0 aider une communaut\u00e9 isol\u00e9e qui vit sur une \u00eele au milieu du M\u00e9kong, nous passons voir de plus pr\u00e8s de quoi il s’agit et y r\u00e9servons un logement chez l’habitant pour le soir. C’est \u00e0 35 km, nous devrions pouvoir y \u00eatre pas trop tard. <\/p>\n<\/a>Au d\u00e9part de Kompong Cham, nous prenons la rive droite du M\u00e9kong. La route calme et bitum\u00e9e est tr\u00e8s reposante. Il n’y a pas beaucoup de voiture, le moyen de locomotion est clairement la petite moto ou le scooter. Au bout de quelques kilom\u00e8tres, nous profitons d’un petit espace d’herbe en bord de route pour faire une pause biscuit. Au loin dans les champs, un groupe de personnes est en plein arrachage de l\u00e9gumes. Lorsqu’ils nous aper\u00e7oivent, ils nous font des grands signes. Intrigu\u00e9s S\u00e9bastien part voir de quoi il s’agit. Ils sortent de terre des racines qui ressemblent fortement \u00e0 des navets et lui en tendent quelques uns. Devant sa mine curieuse, une dame \u00e9pluche un des navets et fait signe de go\u00fbter. Contre toute attente, le r\u00e9sultat est assez plaisant. Rafra\u00eechissant et riche en eau, le go\u00fbt tire en effet tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement sur le navet, mais sucr\u00e9. En remerciement de ce cadeaux, Laetitia offre \u00e0 son tour \u00e0 toute l’assistance un petit bout de chocolat de la plaque que nous venions d\u2019entamer et repart du coup avec un ou deux kilos de navets suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n
<\/a>Nous prenons un ferry pour passer de l’autre c\u00f4t\u00e9 de la rivi\u00e8re. Sur le rafiot il y a plus de scooters que de voitures. L’ambiance est \u00e0 la bonne humeur et tout le monde semble se conna\u00eetre. De l’autre c\u00f4t\u00e9 le paysage ne change gu\u00e8re, par contre le visage des gens un peu plus. Nous sommes dans une r\u00e9gion \u00e0 dominante musulmane et \u00e9trangement les mines sont moins souriantes. Les jeunes femmes voil\u00e9es ne r\u00e9pondent pas trop \u00e0 nos sourires, les vieux nous regardent passer impassibles. Heureusement, il y a toujours les tout-petits pour nous garantir notre dose de “hello”. <\/p>\n
\nIl nous arrive en effet de croiser quelques personnes \u00e2g\u00e9es parlant un peu de fran\u00e7ais, mais cela reste tout de m\u00eame rare. Durant le r\u00e8gne de Pol Pot, parler fran\u00e7ais \u00e9tait suffisant pour vous exp\u00e9dier dans l’autre monde.<\/p>\n<\/a>La piste que nous reprenons est poussi\u00e9reuse et un peu difficile. Elle a sans doute \u00e9tait moins entretenue que d’autres et de nombreuses orni\u00e8res nous font obstacle. Sur notre droite, un atelier grouille d’ouvriers affair\u00e9s. C’est une fabrique de tabac. Ils sont assis par terre, certains coupent les feuilles, d’autres font les gros paquets de tabac \u00e0 rouler. Lorsque nous passons la t\u00eate par la porte, nous sommes invit\u00e9s \u00e0 regarder ce qu’ils font et on offre du tabac \u00e0 S\u00e9bastien qui accepte poliment.<\/p>\n
Koh Phdau<\/h3>\n
106 km<\/h4>\n
<\/a>R\u00e9veill\u00e9s par l’activit\u00e9 des moines, nous sommes sur les v\u00e9los d\u00e8s 6h30; Il fait bon \u00e0 cette heure matinale, \u00e0 peine 27\u00b0C. Nous nous arr\u00eatons rapidement pour d\u00e9jeuner, une soupe de nouille naturellement; copieusement garnie de morceaux de b\u0153uf, de foie et de tripes. Parfait pour d\u00e9marrer la journ\u00e9e. Nous nous habituons peu \u00e0 peu \u00e0 ces petits d\u00e9jeuners sal\u00e9s, m\u00eame si Laetitia commence \u00e0 manquer de pain et de Nutella. Nous sommes \u00e0 peine remont\u00e9s sur le v\u00e9lo qu’un petit stand nous attire d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u0153il. Quelques enfants sont sagement assis autour d’une gaufre pos\u00e9e un tas de bout, nous sommes tent\u00e9s. Elles sont servies nature dans une feuille de bananier. Faites avec du lait de coco, il n’y a pas besoin de rajouter quoique ce soit pour les d\u00e9guster, un pur d\u00e9lice!!<\/p>\n
<\/a> Nous roulons le long du M\u00e9kong et c’est samedi aujourd’hui, jour des mariages. Nous entendons souvent de la musique au loin. De gros hauts parleurs gr\u00e9sillants se font entendre de tr\u00e8s loin et nous annoncent haut et fort qu’un mariage est c\u00e9l\u00e9br\u00e9. Nous passons alors des tentes bariol\u00e9es de rouge, jaune et orange abritant les tables de convives. \u00c0 cot\u00e9 une foule de bras pr\u00e9pare la cuisine. Nous essayons de voir les stars de la journ\u00e9e par\u00e9s de leur plus beaux atours. La mari\u00e9e souvent tr\u00e8s maquill\u00e9e ressemble \u00e0 une poup\u00e9e de porcelaine . Tout cela contraste beaucoup avec la simplicit\u00e9 qui r\u00e8gne autour dans le village.<\/p>\n