S’en suit un passage \u00e0 l’office du tourisme, c’est \u00e0 dire un petit comptoir dans un coin d’un restaurant. Il n’y a presque rien et comme nous nous y attendions un peu, il n’y pas non plus d’endroit pour trouver de carte ou de guide. On nous conseille d’aller voir le march\u00e9 central. Pour ajouter \u00e0 l’attraction nous nous y rendons en tuk tuk, une esp\u00e8ce de carrosse tir\u00e9 par une moto ou un scooter. Dans ce march\u00e9 central de la ville, qui date de l’\u00e9poque fran\u00e7aise, on trouve de tout. Nous y trouvons notre guide et des cartes qui valent ce qu’elles valent, c’est \u00e0 dire 5 fois moins que chez nous. Bien entendu c’est de la contre fa\u00e7on et \u00e7a ne s’en cache m\u00eame pas. Les vendeurs n’essayent pas de nous les faire au tarif des vrais non plus. Nous y trouvons le Lonely Planet dans des versions qui n\u2019existent pas chez l’\u00e9diteur mais qui sont peut \u00eatre plus pratiques, en tout cas pour nous. La copie est bien faite et seule la qualit\u00e9 du papier et de l’encre la trahit.<\/p>\n Nous passons ensuite au palais royal et sa c\u00e9l\u00e8bre pagode d’argent. Les b\u00e2timents sont splendides. Ce sont les premiers exemplaires d’architecture cambodgienne que nous voyons et nous sommes impressionn\u00e9s. Les to\u00eets \u00e0 pan multiples d\u00e9cor\u00e9s en d\u00e9tail, les portes richement orn\u00e9es, les nombreuses statues sont d\u00e9j\u00e0 un r\u00e9gal pour les yeux et \u00e0 l’int\u00e9rieur, les statues de Boudha et les plafons peints finissent de nous en mettre plein la vue. Quel contraste avec la simplicit\u00e9 de la ville en dehors de ces murs. Notre ballade culturelle par le mus\u00e9e tout proche. Celui-ci est rempli de statues de Boudha d’\u00e9poque diff\u00e9rentes. Notre connaissance du boudhisme et de l’histoire asiatique ne nous permet pas de comprendre grand chose mais nous appr\u00e9cions toute fois de voir l’\u00e9volution de l’art dans la r\u00e9gion. Les b\u00e2timents du mus\u00e9e valent aussi le d\u00e9tour et le patios fleuris offre un espace de fra\u00eecheur qui n’est pas d\u00e9sagr\u00e9able.<\/p>\n Parfois, le passage d’un cours d’eau nous oblige \u00e0 revenir provisoirement sur la route pour traverser. Nous constatons alors que les villages ne sont pas tr\u00e8s larges, une ou deux maisons \u00e0 peine. Ensuite ce sont des champs \u00e0 perte de vue. Nous en prenons plein les yeux. L’asie est vraiment un d\u00e9paysement total. Il fait tr\u00e8s chaud, mais \u00e0 l’ombre des arbres nous sommes tr\u00e8s bien. Palmiers, bananiers, cocotiers, manguiers et autres jaquiers, la v\u00e9g\u00e9tation est luxuriante. Au milieu de tout \u00e7a les maisons sont sur pilotis. A la saison des pluies, le M\u00e9kong gonfle de mani\u00e8re impressionnante et la plupart des maisons doivent se retrouver les pieds dans l’eau. Sur le chemin, nous ne croisons des scooters, des motos et des v\u00e9los ainsi que les animaux qui se baladent librement. Vaches, porcs et buffles semblent habitu\u00e9s au trafic et c’est plut\u00f4t \u00e0 nous de faire l’effort pour les \u00e9viter. Ce qui nous impressionne vraiment c’est partout les grands sourires des gens. Le Cambodge est un pays de gens souriants. Les boliviens ont quelques le\u00e7ons \u00e0 prendre de ce c\u00f4t\u00e9 l\u00e0.<\/p>\n La langue des signes n’est pas universelle et nous voyons combien les habitudes de vie impacte la compr\u00e9hension. Pour demander o\u00f9 manger, nous faisions nos gestes habituels mimant l’assiette et la fourchette. Mais ici, nous sommes en asie et personne ne nous avait compris. Quelques minutes plus tard, la femme de maison nous demande si nous voulons manger et c’est avec deux doigts qu’elle mime l’usage des baguettes bien s\u00fbr. M\u00eame en langage des signes il faut un minimum de traduction.<\/p>\n<\/a>La vie reprend tr\u00e8s t\u00f4t au Cambodge. Nous entendons les premiers bruits vers 4h et \u00e0 6h tout le monde est d\u00e9j\u00e0 bien actif dans la rue. Nous sortons donc de notre torpeur nous aussi et passons prendre notre petit d\u00e9jeuner au march\u00e9. Nous tentons de baragouiner les quelques mots appris consciencieusement hier soir, mais les mines d\u00e9concert\u00e9es qui nous font face indiquent clairement que notre prononciation n’est pas correcte. Pas facile de se frotter \u00e0 la langue Khmer. Nous prenons le pouls des tarifs locaux, 1$ par ci, 2$ par l\u00e0 … nous voil\u00e0 rassur\u00e9s. <\/p>\n
<\/a>La ville de Phnom Penh n’est pas d\u00e9sagr\u00e9able. Elle est beaucoup moins peupl\u00e9e que l’id\u00e9e que nous nous en faisions. A aucun moment nous ne ressentons d’ins\u00e9curit\u00e9. Personne ne nous regarde de travers et la plupart des gens arborent un grand sourire. Cette ville semble respirer tranquillement et paisiblement. Nous passons dans un immeuble qui abrite une galerie commer\u00e7ante moderne. Sur le m\u00eame principe que le vieux march\u00e9, ce sont ici par \u00e9tage que sont regroup\u00e9es les activit\u00e9s. A l’avant dernier \u00e9tage une patinoire pour patin \u00e0 roulette o\u00f9 les jeunes gens viennent faire quelques acrobaties sous la musique vitalis\u00e9e type discoth\u00e8que et au dernier \u00e9tage un restaurant o\u00f9 nous nous installons pour profiter de la vue sur la ville qui s\u2019assombrit peu \u00e0 peu. Le principe de ce restaurant est de commander des ingr\u00e9dients pour composer soi m\u00eame une soupe selon l’humeur du jour. Nous en choisissons quelques uns \u00e0 l’instinct pour un r\u00e9sultat plut\u00f4t satisfaisant puis repartons dans les rues maintenant noires de la ville pour rentrer peaufiner les pr\u00e9paratifs de notre d\u00e9part de demain.<\/p>\n
Dans la campagne cambodgienne<\/h3>\n
90km<\/h4>\n
<\/a>Nous prenons aujourd’hui le long du M\u00e9kong en direction de la ville de Kompong Cham. La route charg\u00e9e n’est pas tr\u00e8s plaisante \u00e0 suivre. A chaque passage de camion nous prenons une grande vol\u00e9e de poussi\u00e8re sans compter les passages \u00e0 raz qui ne nous rassurent pas toujours. Du coup nous quitons rapidement la route pour aller fureter dans les petits chemins le long de la rivi\u00e8re. Nous rentrons alors dans le Cambodge des campagnes, le vrai. Les chemins sont poussi\u00e9reux, bien plus que la route et ils sont r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9fonc\u00e9s, mais nous les appr\u00e9cions bien plus. Loin du trafic dense que nous sentons encore au loin, nous naviguons \u00e0 la fra\u00eecheur de l’ombre des cocotiers. Les abords du M\u00e9kong semblent \u00eatre qu’un immense village ininterrompu. Le passage d’une pagode ou d’une \u00e9cole sugg\u00e8re que nous avons sans doute changer de village. Tout le long, nous sommes accueillis par des milliers de “hello” de la part des petits et des grands sur notre passage. Pas facile de r\u00e9pondre \u00e0 tous. Nous faisons de notre mieux pour ne frustrer personne.<\/p>\n
<\/a>Devant la plupart de seuils de porte, quelque chose \u00e0 vendre. Souvent des fruits ou des l\u00e9gumes, ce peut \u00eatre aussi des boissons fra\u00eeches ou des plats pr\u00e9par\u00e9s ou finalement tout ce qui a une valeur marchande. Et sous les pilotis des maisons, des hamacs se balancent tranquillement. Alors que la nuit approche, nous demandons \u00e0 des gens s’ils connaissent un endroit o\u00f9 dormir. Nous tombons sur un jeune gar\u00e7on avec un bon niveau d’anglais qui nous emm\u00e8ne voir le temple et les moines. Sur place l’accueil est mitig\u00e9 et devant le peu d’enthousiasme nous d\u00e9cidons de poursuivre la route. La nuit se fait de plus en plus insistante. Nous finissons par tomber sur un petit \u00e9tal au devant d’une maison. Un grand hello souriant nous accueille. Nous demandons une nouvelle fois un lieux pour poser notre tente. Les explications ne sont pas toujours faciles. Nous tentons un peu de khmer francis\u00e9, un peu d’anglais et quelques signes devant une assembl\u00e9e de Cambodgiens amus\u00e9s et finissons par nous en sortir. Mais il semble hors de question que nous posions la tente. C’est dans la maison que nous sommes invit\u00e9s \u00e0 dormir et aussi \u00e0 manger sur place.<\/p>\n