La croisi\u00e8re se passe sur le sound brumeux qui se d\u00e9voile petit \u00e0 petit devant nous. Les parois sont toujours aussi raides ne laissent pas beaucoup de places aux quelques phoques qui dorment sur les rares rochers qui d\u00e9passent de l’eau. Alors que nous revenons au port, le soleil d\u00e9gage la vue et nous lib\u00e8re le mont Mitre en guise de cadeau de d\u00e9part. Nous remontons dans le bus qui nous d\u00e9pose un peu plus loin, dans un lieux appel\u00e9 le Divide. Les autres passagers ne semblent pas nous envier devant les nuages gris qui menacent. Toute fois il ne pleut pas et nous d\u00e9marrons donc le trek sous une m\u00e9t\u00e9o qualifiable de bonne dans le Fjordland n\u00e9o z\u00e9landais. Nous avons m\u00eame droit \u00e0 quelques petites \u00e9claircies qui s’intensifient le soir. Nous arrivons rapidement au campement. C’est une grande zone plate bord\u00e9e d’arbres et parsem\u00e9e de fleurs o\u00f9 seule une tente est d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9e.<\/p>\n Apr\u00e8s la s\u00e9ance de photos de rigueur, nous reprenons le cours de la ballade qui monte toujours aussi tranquillement vers le col de Harris Saddle, point culminant du trek avec ses 1400m. Bien qu’en partie bouch\u00e9e par les nuages insistants, la vue du col permet tout de m\u00eame d’appr\u00e9cier le relief qui nous entoure, les montagnes qui se jettent dans la mer et forment les fjords. Nous profitons d’un abri pour d\u00e9poser nos sacs et monter le dos l\u00e9ger vers un sommet tout proche. Au bout d’une vall\u00e9e large, nous arrivons au dernier refuge du trek qui semble bond\u00e9. C’est un complexe de 3 gros b\u00e2timents o\u00f9 s’affairent de nombreuses personnes \u00e0 pr\u00e9parer leur couchage ou leur repas du soir. Les refuges de montagnes sont souvent s\u00e9par\u00e9s en 3 parties : une r\u00e9serv\u00e9e au personnel du refuge et qui ressemble \u00e0 un petit chalet tout \u00e9quip\u00e9, une autre r\u00e9serv\u00e9e pour les marches guid\u00e9es et qui jouissent aussi d’un certain confort et une derni\u00e8re bien plus basique pour les marcheurs ind\u00e9pendants. L’aventurier indiscret qui s’\u00e9gare dans les parties r\u00e9serv\u00e9es aux marches guid\u00e9es est vite remis dans le droit chemin.<\/p>\n Nous sommes chass\u00e9s de nos r\u00eaveries par une vague de froid et de gr\u00eale qui s’\u00e9vapore aussi vite qu’elle nous est tomb\u00e9e dessus. Au moins elle nous aura remis en route. Le trek est annonc\u00e9 en 4 \u00e0 5 jours et nous avons un jour et demi pour le finir. Le challenge est engag\u00e9. Le chemin commence par faire les montagnes russes dans une for\u00eat tranquille qui grouille de souris. Nous les voyons s\u2019\u00e9chapper fr\u00e9n\u00e9tiquement devant nous et sauter dans tous les sens. De temps en temps, les arbres nous autorisent des vues sur la vall\u00e9e et la rivi\u00e8re en contre bas. Quelques jet boats viennent bri\u00e8vement perturber le silence qui r\u00e8gne. Nous arrivons au premier refuge, Dayles flat hut, en fin d’apr\u00e8s-midi. A peine nous sortons la carte pour trouver notre lieux de bivouac que nous sommes \u00e0 nouveau assaillis par les sandflies. Il y a des lieux comme \u00e7a o\u00f9 il ne fait pas bon tra\u00eener en Nouvelle Z\u00e9lande. <\/p>\n D’ici le chemin monte droit et sans d\u00e9tour dans la pente et nous devons r\u00e9guli\u00e8rement nous agripper \u00e0 tout ce qui tra\u00eene pour nous hisser le long du torrent. Derri\u00e8re nous une belle mer de glace se d\u00e9voile au fur et \u00e0 mesure que nous prenons de l’altitude. Nous regrettons un peu de n’avoir pu parcourir ce trek dans l’autre sens tant les vues dans notre dos sont plus spectaculaires. Dans cette r\u00e9serve naturelle il n’y a pas de p\u00e2turage et la diversit\u00e9 florale s’en ressent. La v\u00e9g\u00e9tation alpine nous r\u00e9gale de quelques fleurs et de petits arbustes dont certains parfument le sentier de leur effluves douces et sucr\u00e9es. Laetitia aper\u00e7oit m\u00eame une petite fleur discr\u00e8te aux allures d’Edelweiss. Mais ce terrain d’aventure ne serait en \u00eatre un sans quelques emb\u00fbches et il nous faut bien nous m\u00e9fier de certaines plantes un peu moins commodes; comme cette petite plante rase aux graines fourchues qui s’agrippent \u00e0 la peau dans une br\u00fblure br\u00e8ve mais vive, ou bien cette plante grasse aux feuilles longues et rigides arm\u00e9es d’une aiguille qui n’a aucune difficult\u00e9 \u00e0 percer notre faible carapace. Ces sentinelles veillent peut \u00eatre ce que les randonneurs n’aillent pas s’\u00e9garer hors du chemin.<\/p>\n Les corps sont mis \u00e0 rude \u00e9preuve et les premi\u00e8res petites g\u00eanes font leur apparition. Une petite douleur au pied pour Laetitia et une au genou pour S\u00e9bastien. Nous croisons quelques randonneurs qui montent vers le refuge. Il y aura du monde ce soir. Apr\u00e8s un bref passage en for\u00eat nous atteignons la vall\u00e9e large et plate que nous apercevions depuis le col et qui s’\u00e9tend devant nous \u00e0 perte de vue. Dans ces herbes hautes d’un bon 80cm certains poteaux de marquage du chemin ne se distinguent qu’une fois arriv\u00e9s \u00e0 leur hauteur. R\u00e9sultat nous perdons quelques fois la trace et nous nous retrouvons \u00e0 patauger dans des terrains mar\u00e9cageux pour rejoindre le sentier. La douleur dans le genou de S\u00e9bastien ne passe pas et s’affirme m\u00eame un peu plus \u00e0 chaque kilom\u00e8tre. Sans grande cons\u00e9quence sur le plat, elle s’av\u00e8re bien plus g\u00eanante en mont\u00e9e et en descente. Justement au moment o\u00f9 le chemin passe son temps \u00e0 monter et descendre les coteaux pour \u00e9viter la rivi\u00e8re qui s’approche un peu trop du bord. Laetitia soulage alors son homme de quelques kilos qu’elle ajoute courageusement \u00e0 sa charge et nous poursuivons co\u00fbte que co\u00fbte. Ici autour il n’y a rien, pas m\u00eame une ferme. Il nous faut donc poursuivre jusqu’au bout pour esp\u00e9rer trouver un v\u00e9hicule qui pourra nous ramener \u00e0 Queenstown. Les chances d’en trouver un ce soir semblent nulles en tout cas. Mais nous souhaitons \u00eatre au parking ce soir pour profiter demain matin des voitures qui viendront d\u00e9poser les randonneurs.<\/p>\n C’est donc bien malgr\u00e9 nous que nous optons pour un bus vers Dunedin, pour S\u00e9bastien en tout cas. Laetitia ne renonce pas \u00e0 parcourir la piste et se fera d\u00e9poser au d\u00e9but. Nous nous remontons le moral au pr\u00e8s d’une \u00e9norme glace et profitons d’un peu de temps pour r\u00e9-imperm\u00e9abiliser notre tente.<\/p>\n<\/a>Deuxi\u00e8me lev\u00e9 \u00e0 l’aube d’affil\u00e9 pour avoir le bus. Nous nous am\u00e9liorons ces temps-ci ! Nous exp\u00e9dions le petit d\u00e9jeuner pour monter \u00e0 bord juste \u00e0 temps et parcourir les 300 kilom\u00e8tres de route qui m\u00e8ne \u00e0 Milford Sound, distant de Queenstown de 60 kilom\u00e8tres \u00e0 peine \u00e0 vol d’oiseau. Bien que la fatigue se fasse un peu sentir nous pr\u00e9f\u00e9rons rester \u00e0 l’\u00e9coute du chauffeur bavard qui explique tout un tas de choses \u00e0 son micro. Entre v\u00e9rit\u00e9s \u00e9tablies, bobards flagrants et blagues, nous passons finalement un bon moment dans ce bus. La route est tr\u00e8s belle \u00e0 partir de Te Anau. Elle serpente \u00e0 travers for\u00eats et plaines pour nous amener jusqu’au tunnel dont nous avait parl\u00e9 des cyclos rencontr\u00e9s sous la pluie de la West Coast. Il marque le d\u00e9but d’une descente vertigineuse vers Milford Sound que peu de cyclos osent remonter par la suite. Et franchement nous ne sommes pas f\u00e2ch\u00e9s d’\u00eatre en bus pour une fois. Il pleut, il fait gris et les vues sont tr\u00e8s bouch\u00e9es. Les fa\u00e7ades de roches tout autour de nous sont tr\u00e8s raides et stri\u00e9es d’une myriade de petites cascades dont certaines n’existent que quand il pleut, donc assez souvent quand m\u00eame.<\/p>\n
Route Burn Track<\/h4>\n
<\/a>La journ\u00e9e d\u00e9marre sous de bons hospices. La m\u00e9t\u00e9o est grise certes, mais le ciel n’est pas trop charg\u00e9, il ne pleut pas et nous avons m\u00eame le droit \u00e0 de belles \u00e9claircies, une autre belle journ\u00e9e dans le Fjordland. La rainforest est splendide. Les rayons de lumi\u00e8re s’infiltrent entre les branches des arbres et d\u00e9coupent les feuilles de foug\u00e8res pour donner une atmosph\u00e8re brumeuse. Nous nous arretons souvent pour observer les fleurs qui sortent des tapis de fougeres. La route passe au pied de l’impressionnante Earland falls. Les filets d’eau arrivent de plusieurs dizaines de m\u00e8tres au dessus de nos t\u00eates et provoquent un vent humide qui nous rafra\u00eechit rapidement. Les pluies importantes des jours pr\u00e9c\u00e9dents ont gonfl\u00e9 tous les cours d’eau de la r\u00e9gion, ce qui ajoute encore \u00e0 la superbe de cette cascade. Nous marchons d’un pas l\u00e9ger sur ce chemin qui monte doucement jusqu’\u00e0 arriver \u00e0 un refuge au bord du lac Mackenzie. Un petit espace de roches plates donnant vue sur le lac nous sugg\u00e8re d’y faire la pause pique nique.<\/p>\n
<\/a>La grimpette est raide et glissante et il faut s’accrocher aux rochers pour franchir certains passages d\u00e9licats, ce qui n’a rien pour nous d\u00e9plaire apr\u00e8s les quelques heures pass\u00e9es sur le sentier principal si propre et si am\u00e9nag\u00e9. La route Burn est en effet tr\u00e8s travaill\u00e9e. Tous les 20m une petite rigole est creus\u00e9 pour \u00e9vacuer les eaux des pluies qui peuvent \u00eatre torrentielles et des petites passerelles de bois permettent de passer le moindre filet d’eau de plus de 30cm de large. L\u00e0 haut, la vue est encore plus belle. Nous voyons le chemin qui nous attend ensuite; une longue descente tranquille taill\u00e9e dans la roche \u00e0 l’aplomb du lac.<\/p>\n
<\/a>La fin de la route serpente longuement dans une rainforest qui \u00e9touffe le peu de lumi\u00e8re qu’il reste en cette heure tardive. Comme souvent les derniers kilom\u00e8tres paraissent contenir un peu plus de m\u00e8tres que les premiers et nous ne sommes pas f\u00e2ch\u00e9s d’arriver au pont qui nous permet de sortir de cette for\u00eat. La ballade n’est pas tout \u00e0 fait finie pour autant. Nous poursuivons en direction d’un campement situ\u00e9 aux abords du Lac Sylvan \u00e0 quelques kilom\u00e8tres d’ici. Une fois arriv\u00e9 sur place nous trouvons un camping du DOC propret mais qui est pos\u00e9 au milieu de nulle part et soumis au vent et nous d\u00e9cidons de poursuivre \u00e0 nouveaux dans l’espoir de poser la tente au bord du lac. La for\u00eat que nous traversons alors est tr\u00e8s diff\u00e9rente et ressemble plus aux n\u00f4tres. Le chemin n’est pas toujours simple \u00e0 suivre car de nombreux arbres barrent la route. Lorsque nous arrivons aux berges du lac, elles n’offrent aucune possibilit\u00e9 de camping. Les arbres s’avancent jusque dans l’eau sans laiss\u00e9 la moindre place. D’un naturel t\u00eatu, nous poursuivons le long des berges et sommes r\u00e9compenser par une petite plage de cailloux fins offrant, comble du luxe, un petit espace parfaitement abrit\u00e9 du vent.\t<\/p>\n
Rees Dart Track<\/h3>\n
Day1<\/h4>\n
<\/a>Nous nous levons tardivement de notre bivouac sur la plage. La journ\u00e9e d’hier et la pluie qui r\u00e9sonne sur la tente ont tous les arguments n\u00e9cessaires pour d\u00e9bouter le peu de volont\u00e9 que nous avons. Sans compter le remue-m\u00e9nage incessant des souris qui sont venues visiter nos sacs toute la nuit, et celui des oiseaux s’amusant sur les cordes de notre tente depuis l’aube. Nous arrivons tant bien que mal \u00e0 d\u00e9marrer vers 10h sous une m\u00e9t\u00e9o qui s’est bien am\u00e9lior\u00e9e. Le chemin qui passe par la for\u00eat est difficile. Il faut passer les arbres morts et leurs branches qui gisent \u00e0 travers le chemin. Ce parcours d’aventure nous am\u00e8ne enfin \u00e0 une cabane au bord de la superbe rivi\u00e8re XXX et son eau turquoise. Mais le charme des lieux passent vite lorsque les nu\u00e9es de sandflies s’invitent \u00e0 la f\u00eate et nous poursuivons rapidement notre avanc\u00e9e. Des cano\u00ebs sortent du canyon et nous saluent depuis leur embarcation. Nous les recroisons un peu plus loin alors qu’ils s’amarrent pour un pique nique dans l’herbe. Leur guide nous propose de croiser la rivi\u00e8re sur son cano\u00eb mais ce n’est pas la bonne. Nous devons en effet une ou deux rivi\u00e8re \u00e0 traverser pour rejoindre le d\u00e9marrage du second trek et parait-il, c’est faisable. Nous traversons la premi\u00e8re sans soucis. L’eau fra\u00eeche qui descend des glaciers nous arrive \u00e0 mi-mollet. <\/p>\n
<\/a>Rassur\u00e9s par cette premi\u00e8re exp\u00e9rience, nous nous dirigeons vers la Dart river, mais celle-ci est un peu plus large que le filet d’eau pr\u00e9c\u00e9dent. Le courant est plus fort et surtout, le sable gris qu’elle charrie emp\u00eache compl\u00e8tement de voir la hauteur d’eau qui nous attend. Nous tentons une premi\u00e8re travers\u00e9e, mais avant la moiti\u00e9, Laetitia a d\u00e9j\u00e0 de l’eau jusqu’\u00e0 la taille et elle commence \u00e0 se faire un peu chahuter par le courant. Nous rebroussons chemin et remontons la rive droite en qu\u00eate d’un passage plus simple. Nous retentons plus loin, toujours sans succ\u00e8s. Le chemin du trek nous nargue de l’autre rive. Nous finissons par trouver un passage particuli\u00e8rement large. La travers\u00e9e est longue, \u00e0 t\u00e2tons et nos jambes se refroidissent \u00e0 toute allure. Heureusement que le soleil r\u00e9chauffe le haut du corps. Un banc de galet semble s’\u00e9taler sous nos pieds et part en travers \u00e0 45\u00b0 vers notre Graal. Pas \u00e0 pas, nous avan\u00e7ons. Les deux rives sont maintenant \u00e0 plus de 10m et l’eau accepte de rester \u00e0 mi-cuisse. Plus que 5m … 2m et enfin c’est le salut. Les jambes s\u00e9rieusement rafra\u00eechies et un grand sourire en travers du visage, nous contemplons le r\u00e9sultat de nos efforts : 2h pour avancer d’un bon 500m. Il est maintenant 14h et la pause sandwich s’impose.<\/p>\n
<\/a>Cattle Flat est annonc\u00e9 \u00e0 2h de marche et semble \u00eatre un endroit sympathique pour nous poser. Nous y arrivons en fin de journ\u00e9e apr\u00e8s un passage de for\u00eat grouillant de rongeurs surpris de voir encore des hominid\u00e9s en marche. Cattle flat est un long plat de 5 km de long au bord de la rivi\u00e8re ou pousse des herbes qui ressemblent \u00e0 du bl\u00e9 et il est agr\u00e9able de traverser ce champs de hauts gramin\u00e9es qui viennent caresser nos jambes et nous ferra un matelas douillet pour dormir. Au dessus de nos t\u00eates, d’\u00e9paisses couches de glaces ornent les cr\u00eates malgr\u00e9 la distance ils nous paraissent colossaux. Nous d\u00e9gotons un petit promontoire avec juste ce qu’il faut de plat pour nos 3m\u00b2 dans cet endroit superbe et nous lan\u00e7ons alors la cantine mais alors que nous buvons notre soupe, le r\u00e9chaud tombe en panne d’essence alors que l’eau des p\u00e2tes ne bout pas encore. Ce sera donc les sandwichs de demain qui remplacerons. En tout cas l’eau chaude n’est pas perdue pour tout le monde. S\u00e9bastien qui une fois de plus n’avait pas eu le courage de suivre Laetitia dans sa toilette vivifiante dans la rivi\u00e8re en profite donc pour se rincer \u00e0 l’eau chaude sous les yeux jaloux de sa compagne. Nous nous mettons enfin au lit sous un millier d’\u00e9toiles apr\u00e8s avoir bien rentr\u00e9 tout ce que nous pouvons dans la tente en perspective du ballet nocturne de nos rongeurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n
Day 2<\/h4>\n
<\/a>Chose qui ne nous \u00e9tait pas arriv\u00e9e depuis longtemps, la tente est toute givr\u00e9e ce matin. La lumi\u00e8re rasante \u00e9claire \u00e0 peine les gramin\u00e9es tout autour de notre perchoir qui est aussi celui d’une foule d’oiseaux \u00e9nergiques qui \u00e9gayent notre r\u00e9veil de leurs chants. Nous replions le camp et prenons la direction de la dart hut, point de d\u00e9part de l’ascension du col de Rees Saddle. Il y a des d\u00e9tails qui vous permettent de savoir que vous \u00eates le premier marcheur de la journ\u00e9e: les nombreux animaux qui d\u00e9talent \u00e0 votre arriv\u00e9e, les herbes gorg\u00e9es de ros\u00e9e qui vous trempent le bas des jambes, mais l’indice le plus r\u00e9v\u00e9lateur est sans doute les centaines de toiles d’araign\u00e9es en travers du chemin et que l’on se prend dans la figure. Nous arrivons au refuge sans croiser de monde et celui-ci est vide lui aussi. La pr\u00e9sence de sacs \u00e0 dos indique n\u00e9anmoins que nous ne sommes pas les seuls \u00e0 nous aventurer par ici. Sans doute sont-ils partis vers Cascade Saddle pour aller admirer la vue sur les glaciers.<\/p>\n
<\/a>A l’approche du col la pente s’assagit un peu et nous nous retrouvons \u00e0 nouveau dans un champ d’herbes hautes coinc\u00e9 entre deux belles cr\u00eates d\u00e9chiquet\u00e9es et \u00e9ventr\u00e9 en son centre par le torrent qui y a creus\u00e9 un profond canyon. Le col n’est qu’\u00e0 1470m, mais le paysage y ressemble \u00e0 celui \u00e0 celui de nos Pyr\u00e9n\u00e9es 1000m plus haut: des herbes rases m\u00eal\u00e9es \u00e0 une roche grise, le tout balay\u00e9 par un petit vent frais. De l’autre c\u00f4t\u00e9, la descente d\u00e9marre raide pour rejoindre la rivi\u00e8re Rees qui n’est encore ici qu’un petit filet d’eau discret. La vall\u00e9e s’\u00e9tend loin devant nous tandis que dans notre dos la vue sur les glaciers laisse appara\u00eetre un peu plus leur taille impressionnante. Le chemin suit la rivi\u00e8re Rees sur sa rive gauche, tant\u00f4t s’en \u00e9loignant un peu, tant\u00f4t prenant un peu de hauteur. Vers 16h nous atteignons le refuge de Shelter Rock o\u00f9 quelques personnes ont d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9 leur sac pour la nuit. De notre c\u00f4t\u00e9, un panneau indique 5h de marche pour atteindre notre but. Ces gens seront peut \u00eatre d\u00e9j\u00e0 couch\u00e9s avant que nous puissions poser nos sacs.<\/p>\n
<\/a>Nous passons 25 Mile hut sans la voir puis passons une rivi\u00e8re o\u00f9 les sandflies, toujours pr\u00eates \u00e0 nous motiver \u00e0 bouger ne nous laissent pas le temps d’enlever les chaussures pour traverser. Une peine que nous n’aurions pas d\u00fb prendre \u00e9tant donn\u00e9 qu’un kilom\u00e8tre plus loin, une zone mar\u00e9cageuse nous oblige \u00e0 mouiller les pieds jusqu’au chevilles. La vall\u00e9e s’\u00e9tend toujours et ne semble pas vouloir se terminer. Encore une rivi\u00e8re \u00e0 passer, puis nous atteignons une route de graviers, mais toujours pas de signe du parking final. Il est 21h pass\u00e9e lorsque nous y arrivons enfin. 3 voitures y sont gar\u00e9es, mais aucun signe de vie. Nous allons planter notre tente dans une clairi\u00e8re non loin et d\u00e9marrons un feu pour le repas du soir. Mais avant de manger, nous profitons de l’abondance de bois pour chauffer une casserole d’eau en guise de douche, bien plus sympathique que la perspective d’une toilette dans la rivi\u00e8re sous le vent glacial. La nuit tombe vite et nos paupi\u00e8res s’alourdissent avant que nous puissions finir de savourer nos p\u00e2tes \u00e0 l’eau. Nous nous endormons rapidement du sommeil du juste dans le confort de nos duvets.<\/p>\n
Back to QT<\/h3>\n
<\/a>Nous nous r\u00e9veillons tranquillement vers 8h apr\u00e8s une nuit reposante. Alors que nous tra\u00eenons un peu, un minibus arrive pour d\u00e9poser des randonneurs. S\u00e9bastien file n\u00e9gocier un retour en ville et nous replions la tente en 7 minutes chrono pour monter dans ce v\u00e9hicule providentiel. Un beau coup de chance alors que nous nous demandions bien comment nous allions faire pour revenir en ville. Nous y arrivons assez t\u00f4t le matin et profitons de la ville ensoleill\u00e9e pour fl\u00e2ner un peu avant de reprendre le v\u00e9lo. Nous passons acheter de nouvelles chaussures, les n\u00f4tres trop us\u00e9es sont peut \u00eatre responsables des diff\u00e9rentes douleurs. En tout cas les semelles liss\u00e9es par les kms nous ont valus quelques belles chutes. Nous avons trois jours pour rallier Dunedin par le Otago Central Rail Trail, une piste cyclable de 150 kilom\u00e8tres en dehors de la route. Malheureusement pour nous, les premiers kilom\u00e8tres r\u00e9veillent la douleur de genou et nous sommes bien contraints de renoncer. Il y a 80 kilom\u00e8tres pour rejoindre la piste cyclable et 50 de plus derri\u00e8re pour rejoindre Dunedin, soit trois journ\u00e9es de v\u00e9los qui seront difficiles \u00e0 parcourir sur une jambe.<\/p>\n
<\/a><\/p>\n
Otago central rail trail<\/h3>\n
<\/a>Cette journ\u00e9e d\u00e9marre par un bus matinal. La\u00ebtitia descend du bus 80 km plus loin dans le village de Clyde et S\u00e9bastien continue en bus pour aller r\u00e9cup\u00e9rer la voiture \u00e0 Dunedin 2 jours plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. Le rendez vous est donn\u00e9 \u00e0 Midllemarch 150 km plus loin. Je m’engage donc sur le fameux Central Otago Rail Trail, ancien chemin de fer reconverti en piste gravillonneuse r\u00e9serv\u00e9e aux cyclos. Le d\u00e9part se fait du petit village typique de Clyde avec ses quelques battisses du d\u00e9but du si\u00e8cle. La piste traverse la r\u00e9gion de l’Otago, je suis loin de la cote ouest. La r\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s habit\u00e9e au d\u00e9but du si\u00e8cle lors de la folie mini\u00e8re. On creusait partout pour trouver de l’or, les plus chanceux sont juste rentr\u00e9s dans leur frais. Il n’ y a pas de for\u00eat, que des p\u00e2tures \u00e0 moutons. Le v\u00e9lo d\u00e9roule tout seul sur cette piste avec peu de d\u00e9nivel\u00e9. Il faut dire que mon v\u00e9lo est l\u00e9ger ayant laiss\u00e9 quelques affaires \u00e0 Seb, et en plus il n’y a pas de vent. Je traverse des petits villages qui sont pass\u00e9s de 800 \u00e2mes \u00e0 25. Les petites gares de train ont \u00e9t\u00e9 reconverties en panneaux touristiques avec des photos anciennes. J’ai du mal \u00e0 imaginer qu’il y ait eu autant d’activit\u00e9s en voyant les photos de trains de marchandises plein \u00e0 rabord. <\/p>\n