27Avr/12Off

Premiers pas en Chine

Premiers pas en Chine

La grande ville

Les chinoisNous voilà donc arrivés dans la ville de Nanning. Contrairement aux pays que nous venons de quitter, les chinois semblent vivre beaucoup la nuit. De nombreux commerces restent ouverts jusque très tard le soir et nous nous étonnons de voir certaines boutiques toujours disponibles à minuit passé lorsque nous rentrons de notre restaurant.

À observer la ville, la Chine est bien plus développée que le reste de l'Asie. La ville est grande et propre, ses allées sont dégagées et lumineuses et un nombre impressionnant d'enseignes se battent les clients qui se promènent en masse dans les allées commerçantes. Parmi elles, nous reconnaissons certaines grandes enseignes bien connues. Côté circulation, les scooters électriques semblent glisser sans un bruit et sans odeur sur le bitume tout neuf avant de s'arrêter bien sagement au feu rouge. Le contraste est détonnant.

BinyangNos premiers contacts avec les gens sont très positifs. La plupart nous font de grands sourires et sont vite prêts à nous aider. Si nous essayons de nous expliquer maladroitement avec une personne qui ne parle pas anglais, il n'est pas rare qu'une autre débarque dans la conversation pour jouer les traducteurs. Le tout premier soir nous sommes même accompagnés par un policier qui nous mène jusqu'à la porte de l'hôtel que nous cherchions. Nous sommes bien loin des images qu'on nous avait dépeintes avant de partir.

La journée a beau être pluvieuse nous n'en sommes pas moins tout joyeux d'être là. Au gré de nos déambulations nous trouvons de bonnes petites choses à nous mettre sous la dent pour pas trop cher. Bref le moral est bon. Soudain il le devient encore plus. Devant nos yeux écarquillés, une boulangerie pleine de brioches et d'autres délicatesses. En tout cas avant notre passage. Nous la dévalisons en bonne partie.

Sortie de ville

Mi fenLa sortie de ville est aussi une expérience intéressante. Déjà c'est une aventure. Il nous faut bien 15 kilomètres pour rejoindre le péage qui indique la sortie de Nanning. Au fur et à mesure que nous nous éloignons du centre ville, les scooters silencieux sont remplacés par des poids lourds bruyants et odorants. Nous nous faufilons dans un bouchon gigantesque et assourdissant. La règle est facile. Priorité au plus gros et à celui qui klaxonne le premier. C'est rarement notre cas. Comme les chinois ne regardent pas dans leur rétroviseur, le klaxonne sert aussi à prévenir de sa présence. En vélo c'est assez fatiguant. D'autant que le volume sonore est directement proportionnel au volume du véhicule.

Ensuite c'est une autre vision du pays qui nous est présentée. Les immeubles sont de moins en moins clinquants, les routes un peu plus usées. Les gens semblent un peu moins respectueux du code de la route qu'ils ne l'étaient quelques kilomètres auparavant. Le centre des grosses villes serait en fait un peu plus avancé que le reste du pays. Le côté charmant des gens lui ne faiblit pas.

La route secondaire que nous envisagions est en fait un axe très passant. Qui plus est, un signe indique clairement que l'accès n'est pas autorisé aux vélos. Sur notre carte, c'est la seule route que nous voyons. Nous demandons donc notre chemin aux gens qui passent et tous sont unanimes. Il faut suivre la route passante. Le panneau d'interdiction n'est sans doute là que pour la déco. Timidement, nous nous engageons donc sur la bande d'arrêt d'urgence. Au bout de quelques kilomètres, voyant depuis un moment une petite route tranquille suivre notre quasi autoroute, nous prenons à travers champs pour la rejoindre. C'est décidé en Chine il faudra trouver les toutes petites routes. Celle sur laquelle nous sommes à présent est tellement plus calme. La voiture semble être un luxe que ne peuvent pas se payer beaucoup de chinois et les quelques motos ou scooters qui nous passent sont une moins grande nuisance.

Neuf et ancienLes quelques petits villages que nous traversons sont très désuets. Les anciennes habitations de terre sèche sont petit à petit remplacés par des maisons en brique qui n'ont que peu de charme. Olfactivement parlant, la Chine est rarement neutre. Ça sent le bétail, les cultures, les égouts, la nourriture en train de cuire. Des centaines d'odeurs qui se mêlent au gré du vent en composant une symphonie étonnante. Nous sommes souvent attristés de voir des dépotoirs à l'entrée même des villages, mais bon. Après tout, nos petits villages de campagne étais un peu comme ça aussi il n'y a pas si longtemps que ça.

Pour naviguer, nous avons opté pour la carte routière en chinois. Pas très pratique pour deviner le nom des lieux, mais tellement plus simple pour pointer une destination à quelqu'un ou comparer à l'un des trop rares panneaux de circulation. Il y a vraiment très peu de signalisation sur les routes de Chine et ce pays est tellement peuplé qu'il y a des routes partout. Sur nos cartes, car nous en avons plusieurs, toutes les routes ne sont pas indiquées. Certaines apparaissent sur l'une et pas sur l'autre et vice versa. Et beaucoup n'apparaissent sur aucune d'ailleurs.

LaetiNous en profitons donc pour demander notre chemin aux gens que nous croisons et ainsi peaufiner notre chinois balbutiant. Ils sont toujours très patients et avides de commentaires. Parfois, alors que nous peinons à nous comprendre avec les mots et les gestes, on nous sort du papier et un crayon. Nous espérons toujours un petit schéma explicatif mais ça finit souvent par des caractères chinois et notre mine perdue suivi d'un "Bu mingbai..." qui les fait bien sourire. Heureusement certains enfourchent alors leur vélo pour nous mettre sur le bon chemin. De temps en temps certains s'arrêtent à notre hauteur pour prendre une photo avec nous. Le jeu nous amuse beaucoup. Contrairement aux pays précédents dans cette région du Guangxi où nous évoluons, nous croisons très peu d'enfants. La politique de l'enfant unique est toujours en vigueur et cela se ressent concrètement dans les rues.

Dans la campagne du Guangxi

Laeti se jette à l'eauLe soleil est plutôt timide ces temps-ci. Le ciel est souvent voilé, mais heureusement il ne pleut pas. Au final c'est une bonne température pour pédaler. Les journées passent et se ressemblent beaucoup. Nous nous posons généralement dans les petites villes de notre carte plutôt que dans les villages. Ces derniers n'ont pratiquement jamais d'hôtel. Les petites villes par contre sont déjà assez importantes et nous avons souvent un peu de mal à en sortir le lendemain. Elles sont très souvent en travaux permanents. Partout des chantiers bouillonnent d'activité pour faire sortir de terre immeubles et maisons individuelles. Des avenues complètes sont construites de zéro. C'est à se demander où pouvait bien loger tout ce monde avant ? Nous restons assez dubitatifs sur le remplissage de tous ces logements neufs. Dans cette hâte les urbanistes en ont parfois oublié de créer un centre ville. Nous voyons aussi beaucoup de petits ateliers comme il n'en existe plus chez nous et qui s’avéreront sans doute très utiles si notre matériel continue de nous faire des tracasseries.

Côté campagne, ça travaille dur dans les champs et les rizières. Il y a très peu de tâches mécanisées hormis de temps en temps un champ labouré au motoculteur. Tout se fait encore à la main. Bêchage, désherbage, plantage, repiquage. Des centaines et des centaines de petites mains s'activent en permanence jeunes et vieux avec tout de même des séances de décontraction devant des parties de cartes qui peuvent vite devenir très sérieuses. Nous voyons parfois de belles liasses de billets sur des tables où les regards concentrés fixent ces cartes si différentes des nôtres.

Gym douceParmi les productions chinoises bien connues, il y a le thé. On le trouve partout. On nous le sert gratuitement au repas et il y a des magasins à tous les coins de rue. Nous observons quelques fois les transactions qui s'y trame. C'est très sérieux. On s'assoit, on parle, on goûte, on négocie ferme. Ça se passe souvent entre hommes.

Parmi les spécialités moins connues, il y a les toilettes à la chinoises. Notamment les toilettes publiques qui après la première spécialité mentionnée sont assez rapidement incontournables. Les lieux s'articulent autour d'une goulotte d'écoulement commune au dessus de laquelle sont alignés des box séparés entre eux par des petits murets. Les portes sont une option relativement rare, si bien qu'on peut tout à fait sympathiser avec son voisin d'en face plutôt que de regarder bêtement au plafond. Autant dire que nous ne les utilisons que quand nous manquons d'alternative.

ChantierUn soir alors que nous essuyons plusieurs crevaisons dans la journée, la nuit arrive et nous sommes encore à plusieurs dizaines de kilomètres d'une ville. Nous décidons de camper. Nous tombons sur un petit îlot entre deux bras de rivière qui est bien caché de routes qui longe les berges. Nous traversons donc l'eau et installons notre camp. Ce que nous n'avions pas envisagé par contre, c'est que l'endroit sert de passage y compris la nuit. Des gens traversent la rivière pour passer d'une route à l'autre en s'évitant un copieux détour. Par deux fois nous sommes réveillés par une lampe de poche qui scrute avec étonnement notre tente. Nous nous faisons tout petits car la pratique est parait-il interdite en Chine. Il faut normalement s'enregistrer tous les soirs auprès de la police. Ce sont les hôtels qui s'en chargent pour nous, même si parfois, devant nos passeports en alphabet latin et leurs formulaires en chinois, certains hôteliers restent assez perplexes. Nous décidons alors souvent d'un commun accord de laisser tomber la paperasse.

les monts Dayao shan

Village pauméLa grande plaine de Nanning laisse enfin place à des montagnes. Nous les voyons poindre lentement le bout de leur nez et se rapprocher doucement de nous. Plutôt que de les contourner, nous optons pour une séance de côtes et nous ne sommes pas déçus. Pour monter, ça monte. La route tortille dans tous les sens pendant une bonne trentaine de kilomètres. Mais le jeu en vaut bien la chandelle. Après avoir longé une rivière paisible à travers des paysages vides de monde, nous tombons dans une ville en chantier dans laquelle poussent un nombre incroyable d'hôtels. Il faut bien faire 1 kilomètre avant d'arriver dans la ville déjà construite. Du haut de notre chambre nous observons la place principale où un groupe de femmes se livre à une séance de danse. Une version bien plus zen de notre step sur musique asiatique qu'elles pratiquent sans soucis au milieu des badauds. Elles semblent connaître les pas par cœur, c'est un enchantement de les regarder exercer cette gymnastique douce bien meilleures que nos versions techno.

Jardin de thé Le lendemain nous filons toujours plus profondément dans les montagnes. Comme la route se met à redescendre, nous optons pour un chemin qui nous dirige un peu plus vers les crêtes. Du bitume, nous passons à la terre et aux cailloux. Les vues donnent de plus en plus loin sur des vallées travaillées pour notre plus grand plaisir. La brume couvre les sommets d'un voile léger qui ajoute un côté un peu mystérieux au lieu. Soudain, au détour d'un col, c'est l'extase. Nous nous retrouvons face à un pan de montagne couverts d'arbustes bas rangés bien proprement en épousant les courbes naturelles. Nous sommes face à notre tout premier jardin de thé et sa beauté nous subjugue. Un groupe de femmes s'active à cueillir à la main feuille par feuille qu'elles glissent ensuite dans le panier en bambou qu'elle ont dans le dos. Un travail de patience qu'elles pratiquent dans des pentes raides qu'elles montent et descendent plusieurs fois par jour. Nous restons quelques instants à les regarder faire tout en dégustant tranquillement quelques fruits pour notre goûter. Les théiers sont taillés au cordeau. Pas une feuille ne dépasse. Les arbustes sont maintenus petits pour pouvoir obtenir les feuilles intéressantes sans se baisser ni lever les bras trop haut. Au bas des plantations, les cueillettes précédentes sèchent au soleil ou bien sont fumées dans des machines. Pour les modestes amateurs de thé que nous sommes, le spectacle est fort intéressants. Tout est charmants dans les parages. Les petits villages que nous passons ne sont pas encore refaits en parpaings comme leurs homologue de la plaine. Ils conservent ainsi un charme hors du temps.

Entre la beauté des paysages et la raideur des montées nous n'avons pas réussi à avancer aussi vite que prévu et faisons halte le soir venu dans la petite ville de Lipu.


Remplis sous: chine, voyage Commentaires
12Avr/12Off

La traversée interminable

Le réveil nous extirpe violemment de notre sommeil trop court. Nous secouons brièvement les neurones endormis dans la douche et replions rapidement les bagages. Avant d'attraper notre bus nous souhaitons retirer un peu d'argent et en convertir une bonne partie en dollars pour arriver en Chine. Une opération des plus basiques pour le voyageurs. Bien entendu, tout ne peut pas se passer comme prévu. Et il faut d'abord se heurter aux impossibilités de retrait, puis aux impossibilité de change. Ensuite ces sont les taux prohibitifs et le visage étonné du personnel qui ne comprend pas trop pourquoi nous nous plaignons des 10% de frais. S'engage alors une petite course contre la montre pour trouver un endroit où changer l'argent. Nous tombons sur un hôtel qui accepte de nous faire la transaction à moindre dégâts et filons droit vers le bus.

Quelle genre d'affrontement nous attend pour l'embarquement des vélos ? Étonnamment rien du tout. Le chauffeur du bus est un peu sceptique sur la place dans le coffre, mais lorsque nous prenons les choses en main il nous laisse faire sans soucis. Mieux même, il ne nous demande rien. Pas un dong. Laetitia se fait la réflexion qu'il ne doit pas être vietnamien.

Une fois installé dans le bus, la tension ne redescend pas pour autant. Nous avions croisé des cyclos qui se sont vu refuser l'entrée en Chine à cause de leur vélo et un autre plus tard qui nous avait confirmé la problématique après sa discussion avec l'ambassade de Chine de Vientiane elle même. Le passage en vélo semble donc difficile, mais qu'en est-il du passage en bus avec les vélos ? Nous passons les heures du bus à envisager les différents scénarios lorsque soudain nous sommes pris de panique. Les passeports ne sont ni dans nos poches, ni dans le sac à dos. Les avons nous perdus ? Nous sommes nous fait voler ? "Es tu sûre qu'on ne les a pas rangé ailleurs par réflexe ?", "Es tu sûr de les avoir repris après la banque ?" Les souvenirs flous de la matinée un peu folle se chamboulent dans notre tête. Un début de déprime pointe à l'horizon. Que faire si nous ne les retrouvons pas ? Et le visa chinois ? Il n'est pas possible de le faire au Vietnam, faudra-t-il retourner au Laos ? Combien de temps et d'argent ?

Lors d'un arrêt du bus, nous fouillons les sacoches au cas où. Dans la précipitation nous les avions remis au fond d'une autre sacoche que celle de d'habitude. Ouf ... De l'art de se faire peur tout seul sans raison. Au final, cette petite histoire nous a fait retomber l'anxiété liée au passage des vélos ... du moins jusqu'à l'arrivée à la frontière.

Le passage vietnamien se passe sans encombre. Les passeports sont tamponnés. Ça y est, nous sommes maintenant dans le No Man's Land. Après le bâtiment décrépi de la frontière vietnamienne, le passage en Chine impressionne. Buissons taillés au carré, route neuve et bâtiment imposant annoncent d'entrée la couleur et nous nous sentons déjà tout petit face à l'empire du milieu. Vient le moment de passer les différents contrôles. Le tout premier est le contrôle des papiers. Nous avons tous les bagages avec nous. Au moins, nous ne cachons rien, c'est ici que ça passe ou que ça casse. Laetitia se présente au guichet. On lui fait signe de poser son vélo sur le côté. Un coup de tampon. Bienvenue en Chine ! Elle est ensuite dirigée vers les rayons X pour le contrôle des sacs. Sébastien se présente à son tour. Contrôle du visa, ok. Contrôle de l'identité ... Aie. Sous la photo, une large déchirure de la colle qui n'échappe pas à l’œil attentif du douanier. Il appelle une deuxième personne qui part avec le passeport et Sébastien est mis à l'écart.

Au bout de longues minutes d'attente Laetitia se demande se que peut bien faire son homme. Une trentaine de personne défile au guichet et le passeport ne revient toujours pas. Certains sont aussi mis de côté, mais leur cas est assez vite réglé. Le temps a une fâcheuse tendance à se dilater dans ces moments là. Après pas loin de 35 minutes le passeport revient enfin. Un militaire aux nombreux galons le tend au guichet avec un grand sourire. C'est bon. Il ne reste plus qu'à mettre un coup de tampon. Aie. Nouveau soucis. Le tampon ne s'imprime pas entièrement ! La colle du visa de l'autre côté de la page semble avoir traverser la feuille et l'encre ne tient pas dessus. Décidément il y a des jours hauts en émotions. Le passeport repart à nouveau dans les couloirs et Sébastien est remis de côté. Cette fois c'est plus rapide. Un coup de tampon "cancelled" sur le premier, un deuxième tampon et la voie est enfin libre. Il nous faut passer un dernier check point qui se passe sans problème. Nous sommes en Chine ! Que d'émotions.

Nous arrivons bien évidemment les derniers au bus. Pas de souci, nous étions attendus. Le chauffeur a même réservé de l'espace pour les vélos qui avaient été annoncés. Ça ne commence pas trop mal. Les autoroutes que nous voyons depuis la fenêtre sont impressionnantes et l'arrivée à Nanning encore plus. C'est la capitale régionale du Guangxi et comme toute ville chinoise qui se respecte elle abrite quelques 2.5 petits millions d'habitants. Une broutille. Nous fouillons un peu pour trouver un hôtel et finissons dans une petite rue calme. L'hôtel n'est pas exceptionnel mais le personnel est sympathique et aidant et nous autorise à rentrer les vélos pour la nuit. En règle général les chinois que nous croisons sont plutôt aidant. Nous n'arrivons pas à nous exprimer avec tout le monde mais tout se passe néanmoins avec de grands sourires. Quel apaisement. Demain nous achetons un dictionnaire pour aller au delà des phrase types du Lonely Planet !

C'est parti pour 2 mois et demi au moins !!

Remplis sous: chine, voyage Commentaires
12Avr/12Off

Le Vietnam, aussitôt venus, aussitôt repartis

Le jour le plus long

Paysages vietnamiensLe Vietnam est un très beau pays. C'est indéniable. C'est même le plus beau pays d'Asie que nous ayons traversé pour l'instant. De très très loin. Ses rizières, ses petits monts de karst et les villages sont d'un charme absolu. L'absence de culture sur brûlis permet de profiter pleinement d'une nature verdoyante et s'il y a de la brume, elle n'est due qu'à l'humidité de l'air. Côté cuisine, le moindre marché ou la moindre carte de restaurant est déjà un poème pour le gourmand que je suis. Mais pour le voyageur, le Vietnam a cependant un gros défaut. Voici le détail d'une journée de pédalage, la troisième journée que nous avons passée dans le pays en fait.

Tam CocPas besoin de réveil ce matin. Une personne âgée et très certainement vénérable est décédée hier et les tambours tonitruants démarrent leur veillée funèbre à partir de 5h. Nous ne remettons bien entendu pas en question les coutumes d'un pays qui n'est pas le nôtre. Le concert de casseroles qui est joué nous aide d'ailleurs sans doute à partager la peine de la famille. Ça aura au moins le mérite de nous aider à nous lever tôt. Avant de partir sur les routes pour nous enfoncer dans la campagne nous tentons un petit passage à la banque pour faire le plein de dongs. Les retraits au distributeur sont ridiculement bas et s'il faut retirer plus de fois, il faut aussi payé plus de frais. La première banque nous oppose un refus net et précis. La seconde ne pose pas de soucis, par contre le tarif fait frémir. Nous en venons donc au retrait au distributeur finalement. Entre le marteau et l'enclume nous faisons le choix du marteau.

Sur la route, c'est un concert de klaxon permanent. Les vietnamiens adorent klaxonner. Pour dépasser, pour dire à quelqu'un de se pousser ou bien tout simplement pour le plaisir, ils ont toujours une main sur la manette. Le niveau de bruit peut vite devenir assourdissant. Sur la route aujourd'hui un défilé de camion passe son temps à envoyer des décibels. Plus l'engin est gros, plus le klaxon est violent. Et lorsqu'ils nous voient nous boucher les oreilles, certains semblent ravis d'en rajouter un couche. Nous sortons rapidement de la route principale mais les tympans sont déjà douloureux après seulement 10 kilomètres. Sur la route secondaire le trafic est un peu moins dense mais les klaxons n'arrêtent pas pour autant. La pluie s'invite à la fête.

Tam CocNous passons non loin d'un village flottant et profitons de l'occasion pour faire une petite pause de détente. Nous sommes quelques personnes sur place, mais on n'embarque que deux touristes à la fois sur un bateau. Au moins nous avons de la place. Nous partons dans la foulée d'un autre bateau et filons tranquillement sur les canaux. La ballade est sensée passer par un premier village sans prétention avant d'arriver au second qui est la véritable destination de la virée. Mais alors que nous commençons à apercevoir le clocher de l'église du second village au loin, notre chauffeur décide de faire demi-tour. Il ne semble pas d'humeur à poursuivre jusqu'au bout. Nous protestons et le prions de nous emmener là ou il faut mais en vain. À chaque insistance de notre part, c'est une nouvelle excuse qu'il invente. Nous bouillonnons.

Paysages vietnamiensDe retour sur la route, nous nous arrêtons dans un petit restaurant pour la pause de midi. Nous demandons consciencieusement le prix des différents plats que nous commandons. Le tarif est raisonnable. Autour de 20000 VND chaque. Sébastien se laisse tenter par un autre plat mais commet l'erreur fatale de ne pas demander le prix. Celui là sortira à 150 000 VND. Voila une nouvelle leçon chèrement apprise. À ce stade de la journée (13h) nous sommes déjà assez frustrés. Nous avons véritablement l'impression d'être attendus à chaque tournant. Parmi les petits plaisir du voyage il y a les passages au marché, les grignotages sur le pouce, mais ici nous en venons à les fuir. Nous avons beau assister à une transaction, voir clairement les montants échangés, nous n'avons pas le droit d'accéder au tarif local. D'ailleurs on nous fait souvent une tête d'enterrement lorsque nous essayons de négocier les prix prohibitifs qui nous sont annoncés. Résultat nous limitons tous ces contacts au strict minimum. Nous nous accordons tout de même une petite pause, café pour Laetitia et thé pour Sébastien, dans un bistro. Il y a un menu avec les prix d'indiqués, parfait ! Au moment de payer la note nous semble un peu haute. Nous avons certes quitté les bancs de l'école depuis un moment mais nous avons encore quelques restes de mathématiques. "Ah, mais c'est un vieux menu ! Les prix ont changés depuis". Il n'y a donc aucun répits ...

Plus tard dans la journée, nous apercevons un groupe de 3 policiers postés en embuscade. Au moment où nous passons, ils se jettent en travers de la route. Ce n'est pas pour nous, mais pour tenter de procéder au contrôle de la voiture qui nous suit. La voiture visée ne se démonte pas. Elle accélère, klaxonne les malotrus et passe le barrage en force. Cela ne semble pas émouvoir plus que ça nos trois compères qui se disent sûrement qu'ils feront mieux à la prochaine.

RizièresLe soir venu nous débarquons dans une ville qui possède un unique hôtel et comme nous nous y attendions, le prix est déconnecté de la gamme de la chambre. Sûr de sa position de monopole et rassuré de l'heure tardive, le propriétaire qui n'a pourtant pas beaucoup de clients ce soir reste fermement campé sur sa première offre. Ce à quoi il ne s'attendait pas par contre, c'est notre opiniâtreté. Trop c'est trop aujourd'hui. Nous reprenons les vélos et mettons le cap vers Hanoï quitte à pédaler toute la nuit s'il le faut. Cette dernière expérience nous a définitivement déçue et nous décidons de mettre les voiles. Le Vietnam ça sera pour un prochain voyage. Nous savons que nous ratons de belles choses, mais nous ne sommes pas disposés aux batailles systématiques qu'il faudra livrer quotidiennement et nous ne sommes pas non plus prêts à nous résigner à les laisser piocher directement dans notre porte-feuille. Amer et franchement frustrés nous pédalons dans la nuit noire quête d'un hôtel. Au bout de plusieurs kilomètres nous nous arrêtons pour poser la question à un couple en bord de route. "3 kilomètres" dit l'homme. "Non c'est 3 et demi !" lui répond sa femme sèchement. Alors que le ton monte, nous leur disons que le nombre exact n'est pas d'une grande importance et les remercions de l'information. Au final c'était 23 kilomètres. Ils étaient prêts à se disputer sur une distance dont ni l'un ni l'autre n'avait la moindre idée. Quand on décrits les vietnamiens comme un peuple tendu, c'est peu dire.

En cette unique journée fatidique nous avons réussi à revivre l'ensemble des désagréments que nous avons accumulés sur les 7 premiers mois de voyage. Résultat nous n'arrivons plus à faire confiance à personne, c'est pourquoi il est certainement mieux de passer notre chemin. Nous y reviendrons sans doute, mais dans d'autres conditions. Il paraît que le sud est différent, les montagnes du Nord Ouest ont aussi assez bonne presse. Mais cette fois n'était pas la bonne et la Chine est là à deux pas qui nous tend déjà les bras.

Remplis sous: vietnam, voyage Commentaires
4Avr/12Off

Impressions laotiennes

Ce pays n'est ouvert que depuis une vingtaine d'années. Malgré sa grande pauvreté, il parvient à résister un peu aux pressions, chinoises entre autres, et il y reste de nombreux endroits bien préservés. On sent une réelle envie de la part du gouvernement du Laos qui à compris l'intérêt de conserver une partie de ses forêts et de sa culture. Cette culture de la contemplation qui peut impressionner parfois par sa lenteur, mais qui prend tout son sens lorsqu'on flâne dans les petits villages de campagne.

les plus les moins
Luang Prabang, une belle ville avec des croissants au beurre ! La culture sur brûlis qui rend la saison sèche assez triste et par endroit dure à respirer
Muang Noi et ses villages de campagne typiques Les routes en mauvaise état qui sont empirée par les équipes de maintient
La culture lao ancestrale qui est encore préservée et en action, tissage des vêtements à la main, maisons en bambou faite main, etc. La cuisine moins intéressante que dans les pays voisins.
Les montagnes raides avec leurs vues qui reste appréciable, même si elles sont un peu bouchées par les fumées de brûlis Les prix. Autant voir plus cher qu'en Thaïlande pour une qualité sans commune mesure.
La route 10, belle alternative à la route 13 au sud de Viang Vieng La route 13 au sud de Viang Vieng, de la poussière, du bitume défoncé et un trafic intense.
La portion de la route 13 entre Luang Prabang et Kasy, raide, rude, mais très belle (plus de 4000m de dénivelé sur moins de 400 km)
L'ambassade chinoise de Vientiane, moins chère que son homologue de Bangkok, plus sympathique, moins de monde, plus rapide. Que du mieux
Les gens. Patients, aidants et très relaxés dans leur écrasante majorité, ce qui génère un sentiment de confiance et de sécurité agréable.

2Avr/12Off

Laos, le sprint final

Nambak-Muang Ngoi

23 km

marchéAvant de démarrer la journée, nous passons ravitailler au marché du village. En cette heure matinale il grouille de monde et les étals sont bien plus appétissants que ce que nous avions vu jusqu'à présent. En fait, il semblerait que les marchés fonctionnent surtout tôt le matin, entre 5h et 7h, après quoi de nombreux vendeurs replis leur étal et filent travailler dans les champs.

Remplis sous: laos, voyage Lire la suite
1Avr/12Off

Impressions thaïlandaises

La Thaïlande est réputée pour 3 choses : ses plages de rêve, sa cuisine et son tourisme sexuel. Nous n'en avons testé qu'une, la cuisine, mais nous l'avons fait de manière approfondie ! Du classique Pad Thai à la moins classique soupe d’œufs de fourmis rouges, nous aurons vu un panel de nourriture plutôt sympathique. Pour le reste nous avons préféré aller nous perdre dans ses campagnes un peu plus au nord, pour un résultat assez mitigé au final. En cette saison sèche, le pays est très sec et ses merveilleuses cascades sont un peu pâles. Ajouté à cela des techniques de brûlis qui enfument toute la frontière birmane jusqu'à Chiang Mai et vous transformez un petit bijoux en terre désolée assez irrespirable. Un pays à voir plutôt à la sortie de la saison des pluies.

Les plus Les moins
Marchés du matin, de l'aprem et du soir Beaucoup de voitures et de circulation un peu partout
Des hôtels partout pour 5 euros il suffit de les prendre sans la clim À partir de début Janvier la campagne est brûlée partout. Champs, forêts, rien n'est laissé, une épaisse brume recouvre alors le nord de la Thaïlande. On a très vite la gorge irritée et beaucoup de locaux souffrent de maladies respiratoires. On ne voit pas a plus de 200m, il vaut mieux visiter le pays en novembre ou décembre. En plus Les cascades doivent être spectaculaires.
Des cartes routières détaillées trouvables facilement Les rabatteurs. On a l'impression que des locaux sympas veulent nous aider, mais ils font la négociation à notre place, le tarif est plus haut que ce qu'on peut espérer tout seul et c'est difficile de s'en débarrasser. Ils doivent avoir une commission. Nous nous sommes fait avoir une fois mais pas 2. La technique imparable, nous nous séparons pour que l'un de nous deux puisse aller seul chercher la bonne occase.
Un réseau de magasins 7/11 très répandu. On peut y acheter des cartes, de la nourriture, recharger son tel, etc. Les gros sites touristiques gérés par le gouvernement ont des prix hyper gonflés pour les étrangers. Par ex le palais royal est à 400 baht. Les tarifs ont pris 200% à 400% en 5 ans. Jusqu'où ça va aller ?
Des bouteilles d'eau d'un litre à 5 bahts (12 cts) Tout un tas de produits coûte le même prix que chez nous ou plus cher encore. Électronique et produit de beauté par exemple.
Il y a tout ce qu'il faut pour partir léger, certains cyclistes arrivent a voyager avec seulement 6kgs de bagage
Très peu de gens gonflent les prix en dehors de Bagkok et Chiang Mai (et les plages du sud apparemment)
La route 1093 au bord du Laos, des vues superbes
Quand on arrive à obtenir de la nourriture pas trop épicée, on mange très bien
Du super bon café
Beaucoup de gens parlent anglais
Un réseau routier très bon, beaucoup de routes secondaires et toutes pavées
Les automobilistes sont patients et ils ne roulent pas très vite, juste quand ils ont décidé de doubler, il vaut mieux se pousser
Remplis sous: thailande, voyage Commentaires