30Déc/11Off

Impressions chiliennes et argentines

Chili

Ce pays tout en longueur s'étale sur pas loin de 5000km. Des parcs désertiques du Nord au Cap Horn à l'extrémité sud, la variété des paysages est énorme et d'où qu'on soit, on peut avoir une vue sur la Cordillère. Malgré cette taille impressionnante, le pays reste à échelle humaine, jusqu'à sa capitale, Santiago, où il fait bon flâner. Nous y avons rencontré les gens les plus charmants du voyage et nous savons déjà que nous y reviendrons.

Les plus Les moins
La Carretera Australe, un paradis pour les cyclos Les gens du Nord, surtout les atacamenos un peu froid
Les parcs désertiques du Nord avec leurs volcans enneigés et leur vigognes. Torres del Paine est magnifique mais beaucoup de monde et l'accès assez cher
Les gens du Sud et leur hospitalité impressionnante les agences chiliennes non fiables. 3 sorties, 2 annulées en dernière minute ...
La forêt de Cochamo, ses arbres gigantesques et ses ballades aériennes
Puerto Williams et le circuito de las Dientes, le vrai bout du monde
Chiloe et ses habitants
La tranquille Santiago
Les pinguoins de Punta Arenas
L'observation des étoiles à San Pedro de Atacama
les vins Chiliens
la région des lacs entre lacs et volcans enneigés
La simplicité de ce pays où tout est possible

Ce qu'on aurait voulu faire

  • Gravir un sommet dans la region des lacs comme l'Osorno
  • Aller voir les fjords chiliens
  • Faire un tour du côté d'Iquique au centre du pays

Indépendance énergétique

La Patagonie est une région sauvage et peu peuplée mais qui offre de nombreuses ressources à ceux qui ont l'envie de s'y installer. Ses habitants y ont appris à être autonomes et auto suffisants. Voici quelques images des solutions les plus courantes qu'ils ont mises en œuvre.

Énergie renouvelable

Un pays d'artistes ?

Même la DDE chilienne se laisse aller à un peu d’imagination lorsqu'elle fait ses panneaux de signalisation. Voici un exemple qui ne montre que les panneaux d'annonce de descente un peu raide ! Il faut dire qu'il y en a quelques unes sur le parcours.

Attention descente

Paysages chiliens

Vue du Lascar, Atacama

Vue du Sairecabur, Atacama

Vue de Patagonie, Carretera Australe

Vue d'un lac, Patagonie, Carretera Australe

Bivouac

Vue sur la vallée, Villa Cerro Castillo, Carretera Australe

Vue sur Caleta Tortel, Patagonie

Vue sur le glacier O'Higgins

Vue sur le Lago Nordenskjöld, Parc Torres Del Paine

Vue sur la Laguna Martillo, Isla Navarino

Argentine

Difficile de nous prononcer sur ce pays que nous avons traversé si furtivement. Nous n'en avons vu qu'une infime partie, à l'ouest, principalement le long de la route 40 avec sa pampa si sèche. Dans l'ensemble, nous n'avons pas eu le même coup de cœur que nous a inspiré le Chili et il faudrait sans doute y revenir pour voir le reste de ce pays si vaste.

Les plus Les moins
Le glacier Perito Morino La conduite sportive et agressive des argentins
Salta, vivante, dynamique et accueillante Ushuaïa, la ville la plus touristique qu'on ait vu et qu manque d'authenticité
la pampa Argentine désertique et inhabitée, un havre de paix à coté de El Chaten ou El Calafate El Calafate, construite pour les touristes et qui manque de charme
La traversée de la frontière par le lac Nahuel Huapi Le parc de la terre de feu, où l'on peut faire quelques ballades. Tout est faisable en une journée, mais le prix est aussi élevé que pour Torres del Paine
La région des lacs autour de Bariloche La complexité des Argentins. Beaucoup de choses sont impossibles, c'est la faute au "Système" et il faut souvent insister. Alors que nous n'avons jamais eu de problème pour tirer de l'argent ou en convertir au Chili, en Argentine, c'est souvent compliqué voir impossible.
Le superbe parc de Fitz Roy. Le principe de la double tarification pour les touristes. Les entrées des parcs, les excursions, les hôtels, les billets d'avion, l'argentine fut pour nous un pays plus cher que la France.
Le passage à la frontière argentine est beaucoup plus simple que le Chili L'impression d'être pris pour des portefeuilles et les quelques réflexions du type : "vous êtes européens, vous pouvez payer"
Le maté Le vent de la pampa qui a une fâcheuse tendance à venir de face.

Ce qu'on aurait voulu faire

  • visiter la région de Mendoza
  • La péninsule Valdes
  • Tout le Nord Est jusqu'à Igazu

Paysages argentins

Massif du Fitz Roy, Patagonie

Lacs du Fitz Roy, Patagonie

Perito Moreno

29Déc/11Off

Quelques jours de détente à Santiago

Santiago de Chile

Santiago de ChileAvant de décoller pour la Nouvelle Zélande, nous profitons de 3 jours de détente sous la chaleur de Santiago. Cette petite étape marque définitivement la fin de notre escapade latino américaine. Les guides de voyages parlent assez peu de cette Capitale qui manque un peu de visites culturelle. Toutefois nous avons beaucoup pris plaisir à errer dans ses rues, à prendre le pouls de cette ville tranquille en cette période de Noël. Ici, Noël se fête à l'occidentale avec les codes classiques du bon Père Noël, des rennes et des sapins alors que les enfants se rafraîchissent dans la fontaine de la plaza de armas sous 40°C.

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24Déc/11Off

Impressions boliviennes

La Bolivie est un pays des extrêmes entre l'altiplano et les plaines marécageuses avec des conditions climatiques a l'opposé, pays isolé le plus pauvre d'Amérique du Sud mais avec des ressources minières incroyables. Nous y avons côtoyé une population indigène démunie et des paceños vivants à l'occidentale. Nous n'avons malheureusement pas pu voir les plaines de l'Ouest et la partie amazonienne, mais le haut désert de l'ouest, les berges du lac titicaca, la Paz et le cordillère royale nous ont permis d'appréhender un peu ce pays étonnant.

Les plus Les moins
Les fabuleux paysages des lagnes au pied des volcans enneigés la cordillère royale avec sa météo excécrable, la froideur de ses habitants et les nombreux déchets qui jonchent les rues des villages de montagne.
l'isla del Sel et le trek qui en fait le tour en partant de la péninsule de Yampupata les Aymaras, peuple froid au visage dur et à la carapace épaisse. Ils ne sont pas ouverts et ne voient en nous que des portefeuilles. Ils sont tellements malhonnêtes qu'ils en ont perdu toute confiance envers les autres.
le climat méditerrannéen aux abords du lac Titicaca les douaniers malhonnêtes de la Laguna Verde.
La Paz, une ville qui s'étend de 4000m à 2500m d'altitude. Une ville où l'on peut flâner sur le Prado où dans les petites rues comme la calle Jaen, avec dans le fond une vue sur les montagnes comme le Huayna Potosi. le ripio, la calamina et le vent de face, le tout souvent combiné
le chocolat Breick !! l'entrée du parc des lagunes qui a quintuplé l'année dernière pour les estranjeros (équivaut à 7 ou 8 restaurants à La Paz !)
les truffi de La Paz la saleté abondante aux bords des routes.
l'immense désert de sel d'Uyuni et l'isla Inca Huasi avec ses cactus

Vers l'Isla del Sol

Sur l'Isla del Sol

Dans le désert bolivien

Arbol de piedra

Laguna Colorada

Laguna Colorada

Désert de Dali

Désert de Dali

Remplis sous: bolivie, voyage Commentaires
24Déc/11Off

Ballade au bout du monde

Au "bout du monde" de l'Argentine

FauconsUshuaïa, ce nom résonne dans la tête de tous les voyageurs et rempli leurs rêveries de paysages sauvages et d'idées d'aventures. Mais alors que nous déambulons dans les rues de la ville nous sommes bien obligés de constater que notre terre promise est devenu un Disney-land du bout du monde. Après nos errances patagonnes, tout ce tintouin sur la fin du monde, la bière "del fin del mundo", le chocolat "del fin del mundo", nous paraissent un peu surfaits.

24Déc/11Off

Treks dans les parcs patagons – côté Chili

Une lutte perdue d'avance

75km, +400m, -300m

CondorLe vent se met à souffler très tôt et de face ce matin. Sur la piste en ripio, le tandem est bien plus rapide que nous et nous le perdons assez vite de vue. Nous les rattrapons alors qu'ils se sont arrêtés pour observer une escadrille de condors en rase motte près d'une carcasse de mouton. Nous qui n'avions pas vu le moindre condor au Pérou et en Bolivie, cette fois nous en prenons plein les yeux. Au redémarrage, Erin et Allen repartent très vite au delà de l'horizon. Nous bataillons sur cette piste parfois très mauvaise au milieu de la pampa aride, mais régulièrement la nature nous offre un petit spectacle pour récompenser nos efforts, même si cela est parfois un peu macabre. Comme ce petit agneau qui bêle auprès de sa mère qui gît inanimée pendant qu'une foule de rapaces se bataillent les viscères.Sur ces dizaines de kms de pampas, nous aurons croisé beaucoup de moutons et que 2 fermes. Au bout de cette piste, nous retrouvons nos amis qui ont prolongé leur pause biscuit en nous attendant. Nous repartons donc sur une route asphaltée cette fois en profitant de la carrure imposante d'Allen pour nous abriter du vent qui n'a décidément pas envie de se calmer. Nous cheminons en file indienne jusqu'à 20h30 quand nous passons un pont qui nous semble intéressant pour y poser le campement du soir.

Ces deux américains sont bien loin des clichés habituels et nous épatent à faire cuire leurs lentilles, saucisses et brocoli forts appétissants. Ils nous disent leur grand étonnement de voir tous ces français et leurs sachets de lyophilisés ou de crackers et sont un peu rassurés de nous voir faire du pain et une belle salade de
fruits.

Bivouac sous le pont

Vers le parc de Torres Del Paine

25km, +/-100m

Jeunes pousses à l'abri du ventAu réveil, le vent semble avoir enfin lâché du lest. Nous laissons derrière nous Erin et Allen qui essuient à nouveau une panne de vélo. La fin de leur aventure transaméricaine est de plus en plus corsée et leur matériel montre de nombreux signe de fatigue. Les 10 premiers kilomètres de descente sont vite avalés. Mais aussitôt que nous bifurquons vers le poste frontière argentin, le vent se réveil à nouveau. L'arrivée au Chili se gagne à la force des mollets et nous arrivons rincés à Cerro Castillo après 7 kilomètres de lutte qui nous prennent un peu plus d'une heure. Comme la tempête s'empire, nous décidons de prendre le bus pour finir les 60 kilomètres qui nous séparent du parc. La nature est plus verdoyante qu'en Argentine. En quelques kilomètres nous retrouvons pâture d'herbe grasse et forêt dense au pied des montagnes.

Après avoir laissé la garde de nos vélos au guardaparques à l'entrée du parc nous filons sur le début du chemin pour rallier la première zone de campement où nous arrivons par une pluie battante. Nous y rencontrons 2 anglais et un français. Ce dernier, fidèle à l'image décrite par nos compagnons de route d'hier, mange son sachet de nourriture lyophilisée.

La Laguna Grey et la valle Francès

Premiers pas dans le parcLe vent à soufflé toute la nuit et n'est toujours pas d'humeur à se coucher. A l'abri dans notre tente nous avons tout de même plutôt bien dormi et nous attaquons cette première journée de marche d'un pas décidé. Nous longeons de beaux lacs sur des sentiers fleuris pour arriver au bout du Lago Grey d'où part la première branche du "W", le circuit de trek le plus connu du parc. On nous avait conseillé de faire le trek dans ce sens là car il offre plus de vue sur les montagnes. Le chemin démarre dans une vallée encaissée qui nous protège du vent jusqu'au mirador du glacier. Le point de vue est superbe. Nous restons toujours impressionnés devant les glaciers du Chili. Celui-ci ne démérite pas. Il finit sur un groupe d'îlots qui le séparent en 3 ou 4 branches crevassées. Le vent qui souffle sur ce mirador nous empêche de tenir debout. Nous nous allongeons sur le rocher pour pouvoir admirer la glace azure encore un peu.

Pour poursuivre le trek, nous rebroussons chemin et nous lançons sur la branche du milieu, la Valle Francès. A pied de cette vallée, le premier camping est surpeuplé. Nous poursuivons donc à l'assaut de la belle montée vers le campement Britanicos, plus difficile d'accès et donc un peu moins fréquenté. La montée se fait sur une moraine raide qui nous offre de belles vues sur les glaciers accrochés aux parois abruptes des sommets alentours. En cette fin de journée, le soleil réchauffe la glace qui laisse partir de grosses avalanches de glaces qui résonnent contre les parois. Il se fait 21h lorsque nous arrivons bien fatigués à la zone de campement. Ici, il y a 4 tentes et nous ne sommes pas dérangés par les voisins qui sont déjà dans leur sac de couchage.

Glaciar Grey

En marche vers la 3e branche du W

En haut de la Valle FrancèsComme nous l'avait annoncé les prévisions météo, pas un souffle de vent ce matin. Nous en profitons alors pour aller observer les montagnes d'un peu plus près. Après être vite arrivés au mirador du cirque . Tout autour du cirque, de grandes tours de roche dites les Torres s'élancent, verticales vers le ciel. Nous poursuivons l'ascension en direction d'un col qui semble atteignable. La fin de la montée se fait dans la neige et nous arrivons bientôt vers 1600m d'altitude pour profiter d'une vue splendide sur les Torres, ces pics abruptes qui font la renommée du parc. Pas une plante ne peut pousser sur leur flanc et les glaciers eux mêmes ont bien du mal à s'y ancrer. Autour de nous au loin, des chutes de roches ou de glace viennent parfois briser le silence. Nous restons un bon moment à contempler ce spectacle avant de redescendre dans les grandes coulées de neige qui nous portent un peu moins bien qu'à l'aller.

Sur la redescente vers le lac, 1400m plus bas, nous nous arrêtons un instant pour admirer à nouveau les avalanches de glaces qui partent du glacier Francès. En l'absence du vent habituel, le thermomètre à grimper de plusieurs degrés et nous arrivons vite à court de vêtements à retirer. En même temps, quelle chance de pouvoir se promener à Torres Del Paine par cette météo sublime.

Le chemin se poursuit ensuite au bord du lac et il nous est impossible de passer devant sans aller y tremper les pieds un moment. L'atmosphère paisible qui règne aujourd'hui nous pousse à nous arrêter souvent pour en profiter. Nous finissons tout de même par rejoindre une zone de campement. Il est alors 18h30 et la prochaine est annoncée à 4h de marche. Le choix est vite vu. Nous posons donc les rapidement les affaires et allons profiter d'une bonne douche chaude avant d'aller siroter un petit verre de vin rouge en regardant le soleil s'approcher doucement de l'horizon.

Détente au bord du lac

Las Torres

Laeti et les TorresDès le réveil, la vue sur le lac ensoleillé nous remplit d'énergie. Nous partons d'un pas léger en manches courtes sur les sentiers toujours aussi fleuris. Malheureusement assez rapidement le paysage s'assèche. Nous arrivons dans une zone où une ancienne estancia fait encore pâturer des animaux et le terrain en est du coup bien appauvri. Après avoir posé les affaires au camping, nous repartons le dos léger vers la 3è branche du W qui mène après une bonne grimpette au mirador des fameuses Torres.

Sur le chemin, le ciel se voile et les premières gouttes d'eau arrivent assez vite. Si bien qu'à notre arrivée au point de vue, il n'y a pas de vue. Tout est bouché et les Torres ne se devinent même pas. Nous patientons tout de même en espérant que le vent finissent par dégager la vue. Chacune leur tour, c'est massive tour de granit se dévoilent peu à peu, mais jamais toutes en même temps. Les nuages qui défilent pourtant à une allure impressionnante restent comme accrochés par les sommets. Après une heure et demi d'attente, nous sommes enfin furtivement récompensés et pouvons redescendre satisfaits vers le camping où la météo est bien plus douce.

A travers le parc en vélo

65km, +1350m, -1200m

Guanaco replions rapidement la tente et prenons le chemin de l'entrée du parc pour retrouver nos vélos. La météo n'est pas terrible ce matin. Les montagnes sont complètement dans les nuages et nous recevons même quelques gouttes en chemin. La route qui traverse le parc est particulièrement vallonnée et le vent de face ne nous aide pas à franchir les petits raidillons secs qui jalonnent le parcours. Nous sommes observés comme des bêtes curieuses par des centaines de guanacos qui hésitent entre la fuite et la curiosité. Nous nous arrêtons régulièrement pour observer les montagnes et les lacs qui se dégagent furtivement le temps de petites éclaircies. Au passage des lagunas Mellizas nous sommes arrosés par des bourrasques de vent qui emportent avec elles les embruns des vaguelettes qu'elles sculptent sur ces lacs si petits. Pas facile de s'habiller aujourd'hui. Sous le vent nous sommes frigorifiés et dans les quelques passages abrités, nous n'en pouvons plus dans nos vestes coupe-vent. Nous atteignons enfin la sortie du parc en soirée alors que le vent se calme enfin un peu. La route se poursuit sur un ripio heureusement peu fréquenté et nous finissons pas débusquer un petit coin tranquille au bord de l'immense lac XXX pour poser la tente. Nous finissons exténués par cette journée de vélo où nous n'avons fait pourtant que 60 km.

Lago Pehoe

Puerto Natalès

60km, +600, -750m

Puerto NatalèsLa route se poursuit comme nous l'avons quittée la veille jusqu'à l'intersection avec la route principale, asphaltée. Là nous y croisons un autre couple de cyclistes gaulois qui remonte vers l'Alaska. Les pauvres luttent depuis 3 semaines déjà face à un vent qui ne leur laisse que peu de répit et ils nous voient repartir à toute allure avec ce même vent qui nous poussent allègrement vers notre destination.

Puerto Natalès est un petit port tranquille posé entre les montagnes au loin et le Pacifique qui sert entre autre de point de départ aux visites des fjords chiliens. Il vit aussi beaucoup du tourisme généré par le parc Torres del Paine. Nous profitons de cette proximité avec l'océan pour nous faire un petit restaurant de poisson et prendre un peu de temps pour préparer la suite de nos aventures.

En route pour Punta Arenas

125km, +-800m

Arbre penchéComme à notre habitude, nous repartons un peu fatigué après un passage en ville où nous avons encore oublié de dormir. Nous avons 250 km devant nous et nous manquons un peu d'entrain pour les démarrer. Il faut dire que ce sont les derniers kilomètres de vélo que nous pédalons en Amérique latine et nous ressentons comme une pointe de nostalgie. La route passe à travers une pampa immense, plus verte que celle que nous avions trouvée en Argentine. Quelques arbres ont su résister aux incendies, mais seuls face aux vents violents de la région, ils ont poussé de travers, donnant une atmosphère étrange. Nous apercevons dans les prairies des hordes de moutons couverts d'une laine épaisse et quelques rhéas, cousines des autruches, qui rameutent leur rejetons en gonflant leur ailes à notre passage. Au passage de Moro Chico, nous nous chez les carabinieros pour refaire le plein d'eau. A la vue de l'heure avancée, ils nous proposent une chambre pour dormir. Malgré leur insistance bienveillante, nous avons envie de poursuivre un peu et de poser notre dernier bivouac dans cette pampa sauvage.

En plus, ce soir nous avons prévu un festin de rois. Riz, lentilles, saucisses, carottes, oignons et salade de fruits en dessert ! Le tout devant un coucher de soleil qui embrase le ciel. Après ce repas copieux, nous passons une nuit longue et paisible dans notre hôtel aux milles étoiles.

Rhéa

L'arrivée au détroit de Magellan

115km, +700m, -850m

Nous savourons particulièrement cette dernière journée de vélo. La route rejoins rapidement l'intersection avec la route 9 au niveau du détroit de Magellan que nous longeons sur 50 kilomètres. Ce détroit permet de passer d'un océan à l'autre en évitant le Cap Horn à la réputation terrible. Au fur et à mesure que nous nous approchons de la ville le trafic routier s'intensifie et nous nous retrouvons bientôt au milieu d'une agglomération impressionnante et de bouchons dont nous avions presque oublié l'existence. Le contraste avec la pampa est brutal.

La ville contient encore quelques belles demeures de familles qui ont fait leur fortunes dans la laine au début du XXè siècle et qui côtoient des immeubles récents et des centres commerciaux immenses. Cette taille importante de la ville est sans doute liée à la zone franche que le gouvernement chilien à créé ici. En cette période de fin d'année alors que Noël approche à grands pas, nous sommes surpris par le peu d'effervescence qui règne en ville. Quelques décorations à peine et relativement peu de monde dans les boutiques. Les chiliens seraient-ils plus raisonnables que nous ? Même dans les grandes surfaces, les rayons de jouets restent modestes.

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13Déc/11Off

Treks dans les parcs patagons – côté Argentine

Un petit soucis inattendu

Laeti en mode sieste dans les pissenlitsAlors que Laëtitia prépare les sacs pour partir à l'assaut des chemins de trek du Fitz Roy, Sébastien va faire un peu d'entretien sur les vélos qui en ont bien besoin après la traversée de la veille. Alors qu'il roulait parfaitement jusque là, la roue arrière est complètement voilée ce matin et le vélo est impédallable. Le cadre pourrait bien lui aussi avoir été légèrement vrillé. Avec l'autre Sébastien et un cyclo américain, Paul Gareau, nous essayons en vain de redresser la roue et finissons par le déposer chez un libraire qui se trouve être la seule référence de la ville pour les réparations de vélos. Nous sommes contraints d'annuler nos ballades pour voir ce que donnera la réparation.

En attendant nous ne nous laissons pas abattre pour autant et partons sur le chemin d'un mirador d'où l'on peut voir le Fitz Roy et le glacier qui gît à ses pieds. La ballade est fort sympathique. Le chemin monte tranquillement dans des champs de fleurs et quelques passages de sous bois. Nous prenons plaisir à marcher un peu et le soleil rajoute encore à l'ambiance printanière qui règne aujourd'hui. En haut le paysage se transforme soudainement en un désert de pierres semblable à ceux que nous avions connus au nord du Chili. Vue sympathique sur les montagnesLe Fitz Roy est là sous nos yeux, à peine habillé de quelques nuages qui ne nous empêchent pas de le voir dans toute sa splendeur. Il est clairement le plus impressionnant du lot, même si les autres sommets alentours ne sont pas en reste. Cette vallée glaciaire nous donnerai presque des frissons dans le dos. Nous grimpons un petit sommet à côté pour avoir une meilleur vue.

La montée se fait dans un gravier fin qui cède un peu sous nos pas et finit même par un peu de neige. Mais elle vaut bien l'effort. Nous voyons encore mieux les sommets et nous profitons de même d'une vue sur El Calafate en bas et sur l'immense lac Viedma que nous longerons d'ici quelques jours. Nous resterions bien plus longtemps à contempler ce paysage, mais il faut bien redescendre vers le confort de notre chambre. La roue de vélo a été un peu réparée, mais on nous conseille fortement de changer la jante prochainement.

Le trek du Fitz Roy

Seb en contemplation devant le glacierAfin d'économiser quelques dépenses dans la ville d'El chaten qui pratique des prix digne de nos stations de ski, nous logeons en dortoir et partageons notre chambre avec Paul Gareau le cycliste américain très sympathique et un israélien antipathique qui s'avère être en plus un gros boulet. En effet, cette nuit après son retour du pub, il s'aperçoit aux alentours de minuit et demi qu'il a égaré toutes les économies qu'il gardait dans sa poche. Il retourne alors la chambre plusieurs fois dans un vacarme qui réveille tout l'hôtel et ce jusqu'à 2h30 du matin. Malgré cette courte nuit nous nous levons aux aurores. En effet, nous avons bien étudié le parcours du trek du Fitz Roy et il semble faisable sur la journée à condition de partir tôt et de revenir tard. Ce matin le ciel est bien bleu, la journée s'annonce sous de bons auspices. Nous partons vers la Laguna Torre.

Le début de la randonnée se fait dans une succession de clairières jaunies par des tapis de pissenlits, puis s'enfonce dans un sous bois dense. Nous ne croisons que quelques randonneurs revenant de la zone de camping ce matin. A la sortie du bois, nous longeons un petit cours d'eau fleuri qui nous amène au pied d'une moraine qu'il faut remonter pour arriver au mirador de la lagune. Au bord du lac, de petits icebergs dérivent tranquillement sous l'effet du vent. Ils se sont détachés d'une langue de glace formée par 2 glaciers qui s'écoulent de part et d'autre du Cerro Torre. Dans nos montagnes, nous avons l'habitude de voir des torrents jaillir des glaciers. Ici la glace descend jusque dans des lacs et s'effondre régulièrement dans un fracas bruyant.

A la redescente, les hordes de randonneurs sont en marche. Nous repartons à nouveau dans un sous bois vallonné où piaillent de nombreux oiseaux. En passant un groupe de japonais équipés comme pour l'ascension de l'Everest et bardés comme à leur habitude d'un impressionnant arsenal numérique nous avons le plaisir d'observer un bel oiseau agrippé à un tronc d'arbre. Il s'agit d'un cousin de notre Pic Vert que les argentins appellent Pic Géant (Carpintero Gigante). Il sautille le long du tronc en martelant régulièrement avec son bec en quête d'insectes à grignoter. Alors que l'heure du pique nique arrive, nous retrouvons nos camarades québécois qui sont déjà confortablement installé entre 2 arbres. Nous les rejoignons et prenons à nouveau plaisir à discuter avec eux.

Après les sandwichs, nous repartons sur les chemins ensemble tout en continuant nos bavardages. Le sentier quitte le bois pour rejoindre une lagune paisible avec une vue dégagée sur les montagnes. Nous avons vraiment de la chance avec la météo aujourd'hui. Tous les sommets sont dégagés et s'offrent à nos yeux ébahis. Le sentier que nous empruntons longe le massif du Fitz Roy qui se découvre au fur et à mesure que nous avançons. Nous passons une zone de camping et Sébastien et Mia s'arrêtent pour y poser leur tente. De notre côté nous poursuivons le chemin. Après une petite grimpette bien raide en zig zag ponctuée de passages de marches assez hautes, la vue se dégage d'un coup sur La Laguna de Los Tres. Ce lac blanc recouvert de glace se trouve au pied d'un des 2 glaciers qui couvrent la face Est du Fitz Roy. Nous retrouvons Miha, le marcheur Slovène, qui nous conseille de poursuivre vers un promontoire rocheux offrant un point de vue sur une autre lagune plus bas. Laeti en contemplation devant le Fitz RoyNous suivons ses conseils et ne sommes pas déçus. Depuis notre perchoir, nous pouvons alors admirer une lagune d'un bleu turquoise sublime surplombée par une falaise d'une centaine de mètres où s'accroche désespérément un glacier qui laisse partir de belles avalanches de glaces. Subjugués par ce spectacle, nous restons un bon moment à contempler le panorama. Le Fitz Roy se dresse devant nous, impérial. Ses falaises verticales et les glaciers fracturés qui gisent à leurs pieds nous donnent des frissons. Rares sont les alpinistes capables de s'y frotter et nous n'en faisons clairement pas partie.

Nous repartons de là bien malgré nous car l'heure avance et il nous reste encore un peu de marche pour retourner au village. Il n'y a plus personne sur les chemins, ce qui nous laisse encore plus l'occasion d'apercevoir de la vie animale. Nous voyons entre autre un couple de Bécasses affairées à fouiller les rives d'un petit ruisseau de leur long bec pointu ainsi qu'un putois affolé par notre présence et qui courre dans tous les sens ne sachant pas dans quelle direction s'enfuir. Vers 21h nous voyons enfin les abords d'El Chalten. Après 13h30 de ballade aujourd'hui, nous ne sommes pas fâchés de retrouver l'hostal. Le plaisir est un peu gâché lorsque Laëtitia découvre avec effroi que la mousse au chocolat qu'elle avait préparée la veille à régalé les papilles d'un sans gêne qui ne nous en a pas laissé une miette. Décidément, nous sommes bien mieux dans la nature loin des pics assiette et des empêcheurs de dormir tranquilles.

La Route 40 et la pampa argentine

110km, +350m, -450m

TatouLa matinée est occupée à remettre les vélos en état de marche. La Carretera Australe avait fini d'user nos patins de frein et il fallait rajouter quelques rustines à des chambres à air qui fuyaient lentement et que nous regonflions tous les matins. Nous pouvons maintenant nous remettre en selle et partons le long du lac Yenma sur une route asphaltée, en légère descente avec un vent puissant à la patagonne qui nous souffle dans le dos et nous permet d'atteindre régulièrement les 40 km.h sans effort. Lorsque nous nous arrêtons faire des pauses pour observer la route, nous tenons mal debout, si bien que nous reprenons vite nos vélos pour nous sentir plus à l'aise.

Au détour d'un pont, un petit animal se met à traverser la route et rebrousse rapidement chemin à la vue des loustics qui lui arrivent dessus. C'est un petit tatou qui semble un peu plus dégourdi que notre putois de la veille et qui retrouve rapidement l'abri de son terrier. Quel drôle d'animal avec son museau pointu comme une souris et sa carapace.bivouac La route défile à toute allure sous nos roues. Heureusement d'ailleurs, car les 80 kilomètres qui nous séparent de la route 40 nous auraient semblé un peu long. Dans cette pampa desséchée, le paysage est assez monotone. Nous longeons en permanence des clôtures qui entourent les terrains des rares estancias qui jalonnent le parcours. Ces kilomètres de barrières s'avèrent fatals pour de nombreux Guanacos qui se retrouvent piégés en essayant de les franchir. Nous arrivons à la route 40 qui nous fait changer radicalement de cap et nous amène le nez droit dans le vent. Notre allure retourne alors sous les 10 km.h et il nous faut pousser sur nos pédales. Après plus de 100 kilomètres, nous franchissons notre première rivière depuis le démarrage et nous décidons de poser notre campement. Nous prenons une petite route sableuse qui monte dans un paysage de garrigue éparse. Nous nous posons sur le sable au milieu de petits arbustes secs et pleins d'épines qui nous rappellent fortement la Bolivie. Aussitôt arrivent un nuage de petits moucherons noirs que nous connaissons bien et qui ne nous avaient pas manqués.

Vers El Calafate

108km, +650m, -750m

la route 40Pas un bruit n'est venu perturber notre sommeil cette nuit et Sébastien a bien du mal à se tirer de son sommeil profond. Il fait beau ce matin, le vent est très calme mais le ciel est déjà assez couvert. Nous reprenons la route 40 que nous avions quitté pour la nuit. Elle est un peu plus passante que la veille, mais nous restons loin du trafic intense que nous avait décrit certain cyclos. Nous pédalons dans ce paysage toujours aussi sec en voyant au loin les chaînes de montagnes qui bloquent le passage de gros nuages menaçants. Quelque part, ça nous convient comme ça aujourd'hui. Au loin, quelques guanacos paissent le peu de plantes qui parviennent à pousser. De temps en temps ce sont des émeus que nous voyons s'enfuir à toutes jambes. Tous ces animaux ne prêtent pas beaucoup d'attention aux voitures, mais prennent leurs pattes à leur cou dès que nous arrivons. Nous apercevons aussi un bel oiseau de belle envergure qui nous parait bien être notre tout premier condor.

vers 12h, le vent se réveil un peu. Il nous arrive de côté avec une légère composante de face. Rien de bien méchant en comparaison des rafales d'hier. Nous passons un poste de la DDE argentine d'où parviennent des odeurs de grillades fort alléchantes. Comme nous arrivons à la fin de nos réserves d'eau et que la rivière est toujours derrière des clôtures, nous leur demandons un petit ravitaillement qu'ils acceptent volontiers. Ils en profitent pour nous poser plein de questions sur notre voyage et nous raconter quelques anecdotes sur les cyclos de passage. Attention ventNous finissons par les laisser à leur grillades et partons un peu plus loin pour nos sandwichs. Après quelques kilomètres de monotonie entrecoupée ça et là par quelques belles fleurs, des insectes et un renard, nous arrivons sur les hauteurs du lac Argentina, plus grande réserve d'eau du pays. Quelques icebergs dérivent lentement dans cette immensité bleu turquoise qui rehausse un peu les couleurs tristes alentour.

Au bout d'à peu près 80 kilomètres, nous arrivons à l'intersection avec la route 11 qui mène à El Calafate. La route part tout droit dans la direction du vent et un panneau nous annonce 32km. Il est 18h et nous nous disons que nous camperons certainement en cours de route pour finir tranquillement demain. Mais la route défile et nous ne voyons toujours pas d'eau, ni d'endroit pour camper non plus. De part et d'autre de la route s'étendent encore et toujours ces fameuses clôtures qui ne nous laissent que quelques mètres d'espace pour poser une tente. La perspective de dormir au bord de la route ne nous enchante guère. Nous poursuivons donc et finissons par arriver à El Calafate. La ville se dessine à peine dans la lumière du soleil couchant qui nous aveugle. En arrivant vers le centre, nous trouvons une ville animée avec de nombreux gens dans la rue. Nous prenons la direction du premier camping. Une fois la tente installée, en préparant la popote du soir, nous faisons le triste constat que le long de ces clôtures infinies, nous avons vu aujourd'hui plus d'animaux morts que vivants, dont une grande partie de guanacos qui se sont fait coincer par les clôtures.

Le glacier Perito Merino

PloufPour cette petite journée de repos, nous allons faire un tour au fameux Perito Moreno. Ce glacier gigantesque n'est en fait qu'une toute petite langue qui prend sa source dans le Campo de Hielo Sur. C'est un glacier très dynamique qui avance chaque jour de 2m. Un des rares glaciers qui grandi encore. Il est en permanence rechargé par les pluies abondantes qui viennent de l'océan Pacifique. Sa taille n'est pas son seul intérêt. C'est un glacier vivant qui offre un spectacle quotidien de bruits de glace qui travaille et de gros blocs qui s'effondrent bruyamment dans le lac. Une petite ballade sur un ponton de bois permet de l'apprécier sous différents angles et on ne se lasse pas de l'écouter craquer en espérant voir tomber tous ces blocs en équilibre précaire.
Perito Moreno

El Calafate: "c'est pas possible"

Nous avons repéré un petit col pour aller au parc de Torres Del Paine au Chili et qui nous ferait éviter le grand détour par la route principale. Comme il n'y a pas de poste frontalier à cet endroit, nous partons voir la gendarmerie pour étudier les possibilités de faire la paperasse depuis ici. En arrivant sur place, nous apprenons que ce col est fermé à la circulation et qu'il faut demander la permission de passer directement au ministère de l'intérieur. Autrement dit, ce n'est même pas la peine de tenter notre chance pour cette année.

Nous partons donc en ville pour faire le ravitaillement nécessaire aux jours de vélo et de trek que nous prévoyons de faire. Cette fois, c'est à l'agence de change que nous rencontrons des difficulté. A El Calafate, la seule agence de change qui officie refuse de changer les pesos argentins le Samedi. Les autres jours c'est possible, mais le Samedi "c'est pas possible". C'est la faute au système ! Nous espérons donc retirer de l'argent en banque, mais une nouvelle fois "c'est pas possible". Déjà que la veille nous ne pouvions pas retirer au guichet des banques (encore une fois la faute au système) cette fois ce sont les distributeurs qui s'y mettent: pas de dollars et très peu de pesos dans les caisses. Devant tant de difficultés qui s'enchaînent et l'heure tardive qu'il se fait déjà, nous retournons au camping retrouver le groupe de cyclistes et oublier nos malheurs.

A nouveau sur la route

115km, +925m, -600m

Le tandemQuelle belle journée aujourd'hui. Le ciel est bleu parsemé de quelques nuages et un vent puissant souffle vers l'Est, droit dans la direction que nous devons prendre. C'est donc sur les chapeaux de roues que nous quittons cette ville qui ne vit que du tourisme, avec ses nombreuses boutiques qui proposent toutes la même chose. Nous retrouvons la pampa sèche, déserte et clôturée. Au loin nous apercevons un couple sur le côté de la route. C'est Erin et Allen, les deux américains en tandem qui viennent de réparer une nouvelle crevaison. Leur compagnie égaye beaucoup les paysages monotones que nous traversons et nous prenons grand plaisir à faire route commune. Eux aussi sont assez attristés par tous ces cadavres d'animaux que nous voyons sans cesse en bord de route. Un chilien nous apprend que c'est l'hiver très rude de cette année qui a fait l'hécatombe que nous observons. En fin de journée nous établissons ensemble notre camp à l'abri du vent derrière un poste de police fermé.
Seb et Laeti

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