30Nov/11Off

Sur la Carretera Australe 2

Sous la colère d'Eole

63km, +1100m

HuemulAprès une journée de repos à Coyhaique, nous reprenons la route sous un ciel qui se couvre et un vent qui nous porte sur cette route si passante. Nous avalons 50 kms en quelques heures dans un paysage de prairies et de vallons. Les montagnes sont plus basses et ont des allures de canyons. La région est exploitée depuis plus longtemps et les arbres et fleurs ne sont plus présents. Nous trouvons un emplacement dans un jardin de 2 personnes âgées, la vue sur la vallée est superbe mais le vent froid nous pousse à rapidement nous mettre à l'abri sous notre tente.

Nous démarrons le matin sous un ciel menaçant et atteignons la Réserve National du Cerro Castillo par une longue montée vers un col à 1100m sous la neige et avec un vent violent de face.

20Nov/11Off

News of the World

Si jamais il se passe des choses là bas sur terre, n'hésitez pas à nous tenir au courant ... Nous venons d'apprendre que Kadhafi est mort.

Remplis sous: voyage Commentaires
17Nov/11Off

Sur la Carretera Australe 1

Premiers tours de roue sur la Carretera Australe

Les ravages de la cendreNous débarquons du bateau dans la petite ville de Chaiten qui a connu en 2008 un cataclysme violent. Une éruption de poussière est apparue brusquement de sous la terre et à ensevelie une partie de la ville. A la suite de ça, le gouvernement chilien a tenté de fermer la ville, mais une poignée d'irréductibles sont revenus déblayer et depuis la ville vivote doucement au rythme des bateaux. Une grande majorité des maisons sont condamnées et il reste encore beaucoup de travail pour remettre la ville en état.

Dès la sortie de la ville, ça y est nous y sommes sur la mythique Carretera Australe ou la route 7 construite sous Pinochet en Patagonie Chilienne pour éviter que les argentins ne prennent possession de ce territoire. La route est en passe d'être goudronnée, mais reste encore pour nous une piste poussiéreuse, d'autant plus avec les travaux sur la route. Elle passe le long des montagnes ou au bord des fjords dans des paysages magnifiques à la végétation dense. La région est très peu habitée et tous les véhicules que nous croisons nous saluent amicalement.

Nous profitons du beau temps pour pique niquer dans la pelouse du parc Pumalin dans lequel se trouve les termes d'Amarillo. Nous hésitons à y aller car il y a 5 kms de montée à se farcir quand une voiture passe. Laetitia la joue au culot et demande à son unique passager s'il peut nous déposer. Par chance il s'y rendait lui aussi et accepte donc. Nous cachons rapidement les vélos dans les fourrés et partons nous plonger brièvement dans ces eaux à 38°C qui nous font un bien fou. En plus le lieux est charmant. Puis notre chauffeur nous raccompagne gentiment aux vélos.

Baignade aux thermesTrès vite le peu de goudron qu'il y avait ce transforme en ripio. Nous arrivons au grand lac de Yelcho où nous pouvons applaudir les belles prises de pêcheurs dans leur barque. Puis vers le bout du lac, nous apercevons avec émerveillement le glacier de Yelcho, une grande langue de glace qui descend de la montagne.

Nous établissons notre campement non loin, au bord du torrent qui descend du glacier dans un camping aux installations fermées. L'atmosphère est calme et il fait très doux, de sorte que nous prenons le temps de manger tranquillement dehors. En dessert, Laetitia tente une compote de pomme et nalca, la plante gigantesque qui pousse partout au bord des routes. La tige est comestible à condition de la prendre assez jeune pour qu'elle soit encore souple. L'aspect nous fait penser à la rhubarbe, mais le goût est très différent. Cru il y a une légère amertume et une fraîcheur agréable. Cuit, le goût se rapproche un peu plus, avec la pointe d'acidité en moins et une impression de menthe en arrière goût.

Sous le soleil de la Patagonie

66Km, +1000m

Vue sur la baieNous commençons la journée par une petite ballade pour aller voir le glacier de Yelcho, superbe langue de glace éblouissante aux crevasses qui semblent profondes et ne nous donne pas envie de nous y aventurer. Nous enfourchons nos vélos et entamons un col de 7 km à 10%. La montée est rude sur cette piste retournée récemment en vue de son bitumage prochain. Beaucoup de cailloux ressortent et nos vélos dérapent souvent. Dès nos 1ers coups de pédale dans la descente, Laetitia crève. Nos pneus encaissent difficilement cette piste et nos chambres à air se retrouvent régulièrement pincées contre la jante et finissent par céder.

Nous arrivons au petit village de Santa Lucia où les hommes travaillant sur la route sont venus se restaurer. Comme sur l'île de Chiloe, nous voyons au loin de la fumée sortir des cheminées malgré les températures clémentes. Ce sont les poêles qui sont en route, ils servent à la cuisson du pain, à réchauffer la maison et maintiennent au chaud toute la journée une théière. Laetitia se souvient qu'il y en avait un chez ses grand parents mais il a été remplacé par une cuisinière plus moderne. Nos provisions sont amoindries par nos appétits voraces et nous patientons le temps qu'une boutique ouvre. Ici les horaires à l'espagnole sont de mise. Tout est fermé jusqu'à 15h. Soudain un local tape a une des portes des boutiques et la propriétaire vient lui ouvrir pour le servir. Nous profitons de l'occasion et retenons la leçon.

Après quelques kilomètres dans une vallée ou gambadent des lapins et volent des rapaces, nous croisons un couple de cycliste de Saint Étienne. Ils ont prévu de remonter de Ushuaïa à Quito en Équateur. Ils sont sur la route depuis 1 mois et demi et nous parlent de vent, de froid et de pluie. Nous restons confiants car depuis 2 jours, nous avons un temps splendide avec une température autour de 30°C, du soleil et même les rougeurs qui vont avec. Nous avons souvent trop chaud la nuit dans la tente. Du jamais vu pour le coin. Nous finissons d'échanger quelques conseils et expériences et nous repartons.

Laeti en routeLes paysages que nous traversons sont magnifiques, la route suit des rivières de couleur vertes et tout autour des montagnes se dressent avec des pentes escarpées, certaines avec une végétation dense jusqu'à leur sommet, d autres plus hautes ont les cimes encore enneigées de cet hiver avec de ci de là quelques glaciers qui creusent leur roche. Nous voyons passer un cortège de 2 chevaux qui courent pour le trail des Baroudeurs. Encore un pays où nous croisons principalement des français. Il faut dire qu'avec nos congés payés et nos RTTs, nous sommes très chanceux.

Au moment de poser la tente, nous trouvons quelques difficultés à trouver un endroit. La végétation dense laisse peu place et les quelques fermes que nous longeons se sont enfermées derrière des kilomètres de barbelé pour le bétail. Nous n'osons pas trop rentrer dans les propriétés. Nous nous installons finalement au bord d'un ruisseau agité et lançons un feu de bois. Un des fermiers du coin nous a repérés et vient à notre rencontre. Il vient nous avertir qu'il y a des petits rongeurs porteurs d'un virus en ce moment. Leur morsure se sont avérées mortelles chez quelques personnes. Nous le remercions et prendrons garde de ne pas laisser la moindre nourriture en dehors des sacs.

Sous la pluie de la Patagonie

73km, +850m

Bivouac sauvage en bord de routeC'est une fine bruine qui nous accueille ce matin et qui a légèrement humidifié le bois pour le feu du petit déjeuner. Sébastien s'acharne donc un peu plus qu'hier soir pour faire chauffer la casserole, mais y parvient tout de même. Nous apprécions alors le porridge de Laetitia agrémenté de raisins secs et de bananes, bien meilleur que l'avoine seule.

La route se rétrécie de plus en plus dans ces paysages qui ne changent guère, à la différence près que les nuages nous bloquent la vue sur les cimes. Nous arrivons rapidement à la ville de La Junta. En passant le pont, 2 martins pêcheurs nous observent du haut de leur perchoir et en oublient de guetter le poisson. La ville est très calme quand nous y entrons et nous sommes bien heureux de trouver un supermercado ouvert pour y faire le ravitaillement de nourriture et d'essence. Après toutes les déboires que nous avons connues, nous tentons quand même le diable et prenons un œuf pour le repas de ce soir. Dans cette région si peu hostile, nous ressentons le besoin de prendre quelques risques pour pimenter le quotidien 🙂

La Junta ressemble fort aux précédents villages que nous avons croisés sur cette route 7. Un quadrillage de rues aux petites maisons de bois qui se ressemblent fort: un porche en bois pour s'abriter de la pluie, un poêle à bois fumant et de larges fenêtres pour capter un maximum de lumière et profiter de la vue sur le jardin qui entoure toute la maison. Souvent colorées, elles apportent un contraste apaisant face aux nuages gris. Ici, comme aux états unis il y a souvent un drapeau chilien qui flotte.

En repartant, le vent commence à se lever et à nous souffler au visage. Puis c'est la pluie qui se manifeste à son tour. Après 3 jours d'une chance inouïe, la météo reprend son rythme normal. Nalca de belle tailleNous essuyons d'abord quelques averses éparses qui ne nous mouillent quasiment pas, puis en vient une qui ne nous lâche plus. Aujourd'hui la route circule très peu et nous pédalons tranquillement avec cette impression d'être seuls au monde. Sur le bas côté les nalcas ont pris en taille et nous observons des spécimens impressionnants sous lesquels nous pourrions nous abriter à deux, une preuve de plus de l'abondance de l'eau.

En fin de journée, nous arrivons au village de Puyuhuapi situé au bout du fjord dans le parc naturel de Qeulat. Nous y trouvons le camping "La Sirena" où l'accueil est d'une gentillesse fort appréciable. Ici les tentes sont à l'abri sous des toits, les douches sont chaudes à toute heure et un local permet de faire la cuisine au poêle à bois que le propriétaire des lieux met en route pendant que nous finissons de monter la tente. Lui et sa femme ne sont pas non plus avares de discussions. Nous sommes les seuls campeurs et ils sont à nos petits soins. Ils nous apprennent qu'en ce moment il y a à peu près un couple de cyclistes par soir.

Après 7 jours à nous laver dans les rivières qui descendent parfois directement des glaciers, la douche chaude est dure à quitter. Mais heureusement, c'est le poêle à bois qui prend le relais pour la fin de la soirée avec un petit maté.

Le parc Queulat

73km, +1120m

Pédalage sous la pluieNous faisons nos adieux aux sympathiques propriétaires du camping et passons à la panaderia du village qui semble fermée. Nous entrons tout de même et tombons sur des vitrines entièrement vides. La boulangère arrive alors et nous propose 2 sortes de pain qu'elle va chercher dans l'arrière boutique, quel luxe !!!

La route démarre le long du fjord de Puyuhuapi qui nous offre des vues magnifiques avec la lumière matinale. Nous voyons soudain des traînées dans l'eau et quelques têtes qui dépassent par moment. Ce sont des loutres qui semblent sorties pour la pêche. Un peu plus loin, quelques ailerons dépassent de la surface de l'eau. Cette fois ci ce sont des dauphins, eux aussi en quête de leur petit déjeuner. L'eau est d'un gris métal étrange mais offre du coup des reflets très intéressants. La météo est correcte ce matin.

Nous passons les termes forts charmants situés au bord du fjord, mais leur tarif nous rebute un peu et nous poursuivons le chemin. Vers midi nous arrivons aux abords du parc de Qeulat. Un chemin amène à un site de glaciers à travers la forêt. Encore une fois, il faut mettre la main à la poche et les estranjeros sont priés d'y aller 3 fois plus fort que les chiliens. Vue sur le fjordAu vue de notre réserve de pesos et aussi sur ce principe de tarif spécial pour étrangers nous faisons demi-tour encore une fois et allons plus loin dans la forêt pour pique niquer. Le soleil irradie la petite clairière dans laquelle nous nous sommes posés et nous tardons à nous remettre en selle. Plus nous nous enfonçons dans la forêt dense, plus la route se rétrécie et plus le ciel s’assombrit.

Soudain nous tombons sur une zone de travaux où une file de voitures attendent le droit de passer. De nombreux hommes sont sortis des voitures pour aller cueillir de branches de nalca à grignoter et Sébastien fait de même. Derrière ce stop improvisé nous entamons une montée qui démarre par du sable dans lequel nous sommes obligés de pousser les vélos. Nous bataillons sur nos pédales pendant deux bonnes heures pour atteindre le col sous la pluie qui ne cesse plus. Ce col qui nous a tant fait baver culmine à 500m d'altitude et amène à une vallée surplombée de sommets acérés dont les glaciers donnent naissance à de puissantes cascades. Cette vallée, plate au début, nous fait redescendre par une piste abrupte pour atteindre une portion de route à nouveau asphaltée. Vers la fin de l'après midi, nous croisons un panneau qui indique une zone de camping et décidons de nous y arrêter. En guise de camping c'est en fait un abri en bois qui sert plus souvent d'étable pour les vaches qu'autre chose.

Une superbe journée

97km, +860m

Repos au soleilAprès une nuit passée à écouter les chœurs canins en canon, la journée démarre très bien. Il fait beau et la route est en descente au milieu de belles montagnes boisées. Nous avons immédiatement un large sourire qui nous traverse le visage. Des quelques fermes que nous croisons, sortent des gauchos sur leur chevaux accompagnés de leurs chiens. Ils ont fière allure avec leur chapeau et leur jean. Nous avançons à vive allure sur l’asphalte récent.

Lorsque nous arrivons au pied de notre première côte importante, une voiture s'arrête à notre hauteur et propose de nous emmener. Nous n'étions pas particulièrement demandeurs par cette météo sublime, mais il nous est difficile de refuser ce coup de main spontané. Pendant le trajet, le chauffeur nous dit qu'il n'avait pas vu un tel beau temps depuis de nombreuses années. Il nous dépose dans le village de Villa Amengual juste avant la fermeture des supermarchés. Finalement c'était une bonne idée de monter avec eux, sans quoi nous étions bons pour attendre à nouveau jusqu'à 15h.

La route repart à travers de larges vallées déboisées sur lesquelles nous trouvons de grandes fermes au milieu des pâtures enfermées derrière des kilomètres de clôtures. La vue reste jolie, mais nous avons un peu une impression de sur-exploitation de la terre. Il y a moins d'oiseaux dans le ciel et la végétation s'est sérieusement appauvrie. Le ciel est pratiquement vide de nuage et le thermomètre atteint même 34°C. Les lacs que nous passons sont superbes et les vues sur les sommets alentours nous donnent des envies de randonnées. Nous profitons d'un ruisseau pour une petite pause rafraîchissante les pieds dans l'eau.

Au dessus de la vallée, la nature est restée sauvage et certains lieux n'ont pas du voir passer beaucoup d'hommes. Au bout d'une descente appréciable nous entrons dans le petit village paisible et coloré de Villa Manihuales posé au bord d'un lac. Nous le traversons en quête d'un thé et d'une pâtisserie, mais rien ne nous attire jusqu'à ce que nous tombions sur une petite boulangerie qui ne paye pas de mine. A l'intérieur une machine a expresso et quelques gâteaux suffisent convaincre Laetitia. Les étals y sont pleins de choses appétissantes. Nous profitons de cette pause pour nous renseigner sur le projet de barrages en Patagonie ce qui démarre le boulanger au quart de tour.

Apparemment, peu de chiliens sont d'accord pour défigurer la Patagonie et ils le font savoir. Quand nous repartons, le boulanger nous indique qu'il y a une casa de ciclistas en ville. Ces casas sont tenus par des amoureux de la petite reine qui proposent de l'hébergement gratuit ou presque pour les personnes qui arrivent en vélo. Mais il n'est que 18h et nous préférons pédaler encore une heure ou deux. Nous regrettons presque notre décision aux premières rafales qui nous surprennent à la sortie de la ville. Le vent souffle fort et fait vaciller sur nos vélos. Encore un bivouac à la fermeMais nous lui tenons tête. Nous espérons nous poser à l'endroit où la route rejoins la rivière, mais arrivés sur place nous faisons face à un canyon profond au bas duquel rugit un torrent. Tout le long de la route, les rares parcelles de terrain sont toutes clôturées et nous n'y voyons pas d'habitation.

Nous finissons par tomber sur une petite maison au charme fou. Posée sur une petite butte au dessus d'un étang, elle dispose d'une vue imprenable sur la vallée que nous venons de remonter. Nous y allons au culot et demandons la permissions de poser notre tente au bord de l'étang. Les propriétaires des lieux nous accueillent avec de grands sourires et acceptent bien volontiers. Malgré l'envie de profiter de la vue qui s'offre à nous, nous montons la tente rapidement avant la tombée de la nuit. Le chat de la maison nous accompagne et nous passe entre les jambes pendant que nous nous affairons, fouillant curieusement au milieu de nos sacs. Il ne nous quitte pas d'une semelle, d'autant plus quand les odeurs de cuisine montent de la casserole qui chauffe. Un vrai pot de col qui nous grimpe dessus en ronronnant comme une vieille Harley.

Encore une journée ensoleillée

75km, +900m

VautoursDécidément nous sommes chanceux. Dès le lever, le ciel est d'un bleu azur impeccable. Pas une tâche blanche à l'horizon pour annoncer la pluie. Nous déjeunons face à l'étang avec notre ami le chat qui est revenu en courant dès qu'il a aperçu du mouvement hors de la tente. En discutant avec nos hôtes, nous comprenons pourquoi chaque terrain est barricadé derrière des kilomètres de barbelé. Quand nous lui posons la question, la maîtresse de maison nous parle de vols de bétail et de gens malhonnêtes. En effet, ici le bétail n'est pas marqué et la chose semble donc tout à fait envisageable. En rajoutant peu être une petite dose de paranoïa, on arrive à cet état de fait où tout est cadenassé quand bien même il n'y a pas grand monde.

La Patagonie est déjà belle par temps gris, mais elle resplendis encore plus sous le soleil. Les pâtures et les arbres sont pleins de fleurs rouges, jaunes ou bleues qui embaument l'atmosphère de leur parfum printanier. Les fermes aussi embaument à leur manière, mais tout cela sent bon la campagne et l'air frais de la montagne et encore une fois nous pédalons heureux. L'air se réchauffe vite et nous atteignons bientôt 36°C pour l'heure du repas. Nous choisissons un petit recoin éloigné de la route et en bord de rivière pour capter un peu de fraîcheur. Il faut régulièrement nous pincer pour vérifier que nous sommes bien en Patagonie, sous un soleil accablant ! Nous emmagasinons tout ce que nous pouvons en prévision du retour de la véritable météo locale.

Nous passons un près où sont posés une multitude de vautours dont certains se battent pour les quelques viscères restantes d'un cadavre de vache. Leur taille est impressionnante quand il s'envolent à notre passage, préférant fuir leur repas que de subir les flash de Sébastien.

Sur l'asphalteAu fur et à mesure que nous approchons de Coyhaique, la grosse ville de la XI région, le trafic automobile s'intensifie et nous fait pousser sur les pédales pour abréger. Mais la route se redresse bientôt et nous avons beau pousser tout ce que nous pouvons, le vélo n'avance pas très vite. Pour atteindre cette fameuse ville il nous faut franchir à nouveau un col à 500m et encore une fois, les chiliens se sont peu embarrassés de virage pour apaiser les mollets des cyclistes de passage. Alors que nous filions à toute allure, il nous faut 2h et demie pour finir les 12 derniers kilomètres de route pourtant asphaltée et nous n'arrivons à destination qu'à 17h passée.

Il nous faut frapper à plusieurs portes pour trouver un hospedaje à prix raisonnable avec de la place. Toutes les adresses conseillées par le lonely planet affichent complet et nous tentons donc notre chance à l'aveugle. Coyhaique est une drôle de ville. Il y a ici tout ce qu'il faut pour manger des glaces, mais dénicher un centre d'appel ou une laverie s'avère bien plus ardu et nous parcourons les rues de long en large pour découvrir ces perles rares. Nous voulions voir la laguna San Rafael, mais le prix des croisières en bateau est prohibitif. Comme il n'y a guère d'autres sites à visiter dans le coin, nous décidons donc de ne rester qu'une nuit au lieu des 2 envisagées.

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17Nov/11Off

Petite session randonnée à Cochamo

Ballade à Cochamo

Les sous-boisAprès un réveil matinal pour l'ascension du volcan nous sortons attendre le guide devant l'hôtel. Au bout d'un moment un affreux doute nous prend. Nous remontons lire nos mails à tout hasard et trouvons avec effroi un mail daté d'hier soir assez tard nous indiquant que finalement l'ascension ne sera pas possible. Nous retournons donc au lit très frustrés. Quand nous nous réveillons pour la 2è fois, la météo est excellente. Ça aurait été un jour idéal pour l'ascension, mais prévenus le matin même, nous sommes pris de court pour nous réorganiser.

Nous finissons par louer une voiture pour nous diriger sur le départ d'une petite randonnée histoire, tout de même, d'occuper notre journée. Nous repartons en direction d'Ensenada sur la route que nous avions prise la veille. Hormis le plaisir d'avancer sans effort nous avons moins le temps d'apprécier les paysages et sommes confortés dans notre choix de voyage en vélo. La route se poursuit par une piste qui serpente le long du fjord de Reloncavi, une avancée de l'océan pacifique dans les terres, qui nous amène au village de Cochamo. De là nous prenons une route encore plus petite pour nous enfoncer dans la vallée sauvage du rio Cochamo, dite secret de la Patagonie. A la fin de la piste, nous garons la voiture et partons à l'assaut du sentier qui part droit dans la forêt.

Très vite nous sommes plongés au cœur de cette forêt tropicale à la végétation dense et luxuriante. Les alercés immenses, couverts de mousses et autres lianes abritent une foule d'oiseaux et d'autres animaux dont nous sentons la présence sans toutefois pouvoir les apercevoir. Nous passons des ruisseaux sur des troncs d'arbres et naviguons dans un labyrinthe d'ornières immenses dont nous nous demandons bien ce qui a pu les creuser comme ça. Est ce le seul passage des animaux ? Est ce le ruissellement de l'eau ? Régulièrement des planches de bois ou des petits troncs d'arbres ont été placés pour pouvoir passer les endroits les plus marécageux.

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17Nov/11Off

L’île de Chiloe

Direction Chiloe

58km, +550m

Les route vallonnéesAprès un déjeuner copieux de crêpes, et quelques recherches infructueuses pour trouver des vis pour nos béquilles, nous réussissons a nous mettre en route. Nous faisons un petit tour en vélo dans Bariloche pour observer des maisons centenaires tout en bois puis nous prenons la direction de Chiloe par les petites routes. Des nuages menacent mais il ne pleut pas, nous avons même droit à quelques éclaircies.

Nous parcourons une piste de fermes fleuries nichées dans des petits vallons verdoyants. Nous apprécions de pédaler dans un paysage qui nous rappelle nos campagnes françaises, un peu de Bretagne avec ces vallons, d'Auvergne avec ces genets et de Normandie avec ses vaches. Nous nous arrêtons pour boire un thé chaud a un petit stand aux abords d'une école, c'est justement l'heure de sortie et les enfants nous regardent curieusement, certains même vienne nous poser des questions. Un chilien curieux nous demande où on va ,et pourquoi nous passons par la piste alors qu'il y a l'autoroute. Bivouac à la fermeNous essayons d'expliquer que c'est justement pour ce type de rencontres que nous sortons des sentiers battus.

Nous poursuivons la piste qui est faite en montagnes russes avec quelques belle montées à plus de 10% aura raison de nos jambes mais permet de beaux points de vue sur les environs. Nous passons de petits villages avec des églises charmantes tout en bois. Un paysan nous propose un bout de sa cour pour poser la tente, nous acceptons avec joie. Après un petite visite de la ferme, où courent cochons, moutons, vaches, oies, poules, chat, chien, nous nous installons au milieu des moutons.

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17Nov/11Off

La région des lacs

San Carlos de Bariloche

Seb dans la poussièreAprès une journée de transport en avion et en bus, nous arrivons à Bariloche, station de ski au nord de la Patagonie. Nous trouvons l'atmosphère de la ville brumeuse et poussiéreuse contrairement à la région des lacs que nous venons de traverser en bus. Nous sommes accueillis par un couple qui a décidé de passer une retraite paisible ici plutôt qu'à Buenos Aires. Aurora, d'origine italienne, parle un français impeccable.

Ils nous expliquent qu'un volcan situé à 120km à l'est, en territoire chilien, s'est réveillé le 4 Juin dernier et à déversé des nuages de sable sur la ville. Nous comprenons alors pourquoi il y a tant de sable partout sur le bas côté et la visibilité réduite par la poussière soulevée par le vent. Aurora nous montre ses massifs de fleurs avec à leur base plusieurs centimètre de sable. Le volcan continue à déverser des cendres, mais en moindre quantité. Ils nous expliquent qu'il y en avait partout des quantités énormes et que certains toits ont cédé sous le poids de la cendre accumulée.

Nous nous rendons le lendemain à l'office du tourisme et au club de montagne qui nous confirment que tout ce que nous voulions faire à Bariloche est vivement déconseillé. Nous sommes déçus mais décidons tout de même de rester 2 jours dans cette petite ville charmante, capitale argentine du chocolat, à l'architecture suisse, pour réparer notre réchaud, nos vélos, faire quelques achats d'affaires perdues ou non réparables, préparer la suite des aventures et remplir nos estomacs. En effet, depuis que nous sommes en Argentine nous mangeons très bien et apprécier la viande tendre sans avoir peur d'être malade.

Lors de notre passage à l'office du tourisme nous avons la grande surprise de croiser Beltran, un ami de l'ENAC.

7Nov/11Off

Sur les volcans chiliens

L'ascension du Lascar (5600M)

Au bord du cratèreVers 5h du matin, Freddy notre guide passe nous prendre à l'hôtel. Première surprise, il parle français. Ça nous reposera un peu les méninges de pouvoir utiliser une langue que nous maîtrisons. La route dure 3h dont une bonne partie sur une piste défoncée dans la montagne Ce qui nous laisse le temps de faire la connaissance avec ce sympathique chilien, bourlingueur à ses heures. Arrivés au pied du volcan, il nous sert un petit déjeuner de sandwich jambon/fromage, de fruits et de noix assez copieux pour démarrer l'ascension. Il nous donne ensuite notre "ration de marche": du chocolat, des barres de céréales et des fruits. Le Lascar est un petit volcan par rapport à ses voisins. Du pied au cratère il y a autour de 500m et 100m de plus pour le sommet. Une petite ballade assez simple le long d'un chemin bien tracé où notre guide n'a pas grand chose à faire; Nous discutons donc de tout et de rien, de son séjour en France, de notre voyage. Nous échangeons nos impressions sur les différents pays, les gens et la politique. Résultat la montée se fait toute seule, d'autant que notre séjour prolongé en altitude nous à déjà bien acclimaté. Comme la journée est belle et que le vent se fait discret, nous profitons à loisir du cratère béant qui nous envoie ses fumerolles soufrées et du panorama sur les nombreux autres volcans qui nous entourent. Dans toutes les directions nous pouvons en voir 5 ou 6. Leur densité est impressionnante. Tout en bas dans la plaine, la laguna de ce matin revêt maintenant une couleur nacre et un aspect satiné, contraste de douceur dans ce monde volcanique si aride. Mais l'aspect est trompeur et il ne faut pas s'y méprendre. Comme beaucoup d'autres, elle contient un joli cocktail d'arsenic de souffre et d'autres sympathiques composants chimiques qui auraient vite fait de vous brûler la peau. La descente est vite expédiée. Nous croisons le couple de brésiliens que nous avons passés à la montée et qui semblent un peu à la peine. Nous prenons le temps de nous poser, de contempler et de poursuivre les discussions avec le guide, puis c'est le retour en voiture. Nous pouvons voir cette route qui nous a tant secoué à l'aller. Vers 16h nous sommes à nouveau à San Pedro. Après cette journée agréable et ce petit sommet de mise en jambe, nous retournons à l'agence pour payer l'ascension de demain l'Aucanquilcha, un sommet à 6100m un peu plus costaud.Au sommet du volcan Mais quand nous arrivons soudain ce n'est plus possible et on nous propose d'autres sommets moins intéressants. Au plaisir de cette journée agréable succède la frustration et le sentiment de s'être fait avoir quand la promesse de pouvoir faire un sommet costaud après avoir consenti à faire un sommet simple vole en éclat. A nouveau nous faisons le tour des agences pour trouver une solution de secours pour occuper la journée de demain. Les ballades en 4x4 que proposent la plupart des agences ne nous excitent pas et les sommets qu'on nous proposent sont encore plus simples que le Lascar. Nous finissons par atterrir dans une jeune agence. D'entrée le courant passe bien et nous cherchons ensemble sur la carte un sommet qui pourrait nous plaire. L'heureux élu et le Sairecabur sur la frontière. Il fait 5980m, est un peu plus dur et bénéficie d'une belle vue sur la dernière partie de notre périple désertique en vélo. Le départ est fixé à 4h30 demain, nous pouvons maintenant aller sereinement observer les étoiles lors de la visite d'un centre astronomique. Le ciel du désert d'Atacama se prête particulièrement bien à l'observation des étoiles et l'astronome Alain Maury en professeur expert nous passionne pendant 2h avec ses explications. Il nous refait l'histoire de l'astronomie de façon captivante, puis viennent les observations de Jupiter et de ses satellites, de nébuleuses, de galaxies lointaines appelées nuages de Magellan qu'on observe que dans l'hémisphère sud, d'une géante rouge, d'une étoile naissante et d'une étoile mourante. Tout un tas d'objets célestes forts intéressants. Nous sommes de retour à l'hôtel à minuit ... la nuit sera courte.

L'ascension du Sairecabur (5980m)

Vue sur le LicancaburLe réveil sonne bien trop tôt ce matin. Dehors il fait toujours nuit et la température est fraîche ce qui aide un peu à réveiller nos esprits sommeillants. Le pickup arrive avec à son bord Sergio, notre guide, ainsi que Pablo et Paula, deux de ses amis. Sergio étant un peu malade, il leur a demandé un coup de main pour assurer la sortie. Nous trouvons cela assez pro de sa part. La route qui mène au démarrage de la randonnée est encore plus remuante que celle d'hier et finit même par devenir impraticable à cause de bloc de glace. Tant mieux, ça fera moins de voiture et plus de marche. Nous remontons donc à pied la fin de la route jusqu'à la base de la montagne. 2 choix se posent à nous. Soit nous remontons la voie normale par un chemin tracé qui nous amène quasiment en haut, soit nous faisons notre propre voie en partant droit sur le flanc qui nous fait face. Nous choisissons la 2e option qui s'annonce un peu plus intéressante. Le Sairecabur est un gros tas de cailloux posé là au milieu des volcans.Du bas il ne paraît pas si haut. En réalité le sommet est caché et la montée dans les pierres fait bien 500m dans une pente autour de 45°. Parfait pour nous réchauffer rapidement. C'est Pablo qui mène le groupe. Nous naviguons de pierre en pierre en faisant très attention de ne rien faire tomber sur les collègues qui sont dessous. Nous faisons une petite halte en cours de route pour admirer le panorama sur le désert d'Atacama et sur le Licancabur tout proche avec sa forme conique parfaite. L'ascension se poursuit avec de la neige qui vient un peu perturber notre cheminement. Puis nous atteignons le sommet par un beau soleil, sans une trace de vent. Nous en profitons pour faire une belle pause, de faire quelques offrandes à la Pachamama et de dévorer notre ration de marche. Du sommet, les deux cols qui nous ont donné tant de mal en vélo paraissent si inoffensifs, à peine 2 petites bosses discrètes dans le paysage. Nous prenons plaisir à observer sous un angle différent tous ces lieux qui nous ont marqués et à nous remémorer quelques anecdotes. Après seulement deux jours sans vélo, toutes les situations difficiles sont déjà transformées en bons souvenirs. Malgré le soleil qui nous berce, nous finissons quand même par redescendre. Nous décidons de passer par l'autre côté et de rejoindre le chemin de l'ancienne mine de souffre. Comme à la montée il faut se frayer un chemin au milieu des rochers. Nous progressons tranquillement quand nous nous apercevons au bout de 20 minutes qu'il manque Pablo à l'appel. Sergio et Paula nous rassurent en nous disant qu'il a une bonne expérience de la montagne et une connaissance toute particulière de ce sommet. Nous poursuivons donc en ralentissant le rythme pour qu'il nous rattrape. Après 1h, toujours pas de signe de lui. Nos alarmes commencent à s'allumer, mais pour Sergio et Paula, il a sans doute pris un autre chemin. A force du temps qui passe à scruter régulièrement dans toutes les directions pour essayer de l'apercevoir, les mines deviennent de plus en plus graves. Nous finissons la descente sans plus de nouvelles. Côté chilien, l'espoir est encore fort de le retrouver à la voiture. Côté français, nous nous plions bien malgré nous à la décision de poursuivre sans retourner en arrière pour rechercher une trace de Pablo. A la voiture il n'est pas là et bien entendu les portables ne passent pas. La décision est alors prise pour redescendre un peu en quête de signal pour appeler des amis guides de montagne à la rescousse et lancer les recherches. Ici, point de PGHM sur le qui-vive et pas plus d'hélicoptère. Au sommet du volcanC'est donc naturellement qu'on appelle les connaissances en premier. Pendant ce temps là, l'heure tourne. Une fois les amis contacté, Sergio décide de se coordonner à San Pedro, à 1h30 d'ici. Le scénario commence à prendre une tournure tragique aux yeux de Sébastien. Laetitia pense plutôt qu'il a dû se perdre dans la descente et qu'il est descendu trop bas. Nous continuons de proposer notre aide, mais pour des histoires de responsabilité nous sommes déposés à l'hôtel tandis qu'ils retournent chercher leur ami dans la montagne. Au bout de 3h alors que nous sommes affairés sur les vélos, Paula vient frapper à la porte de l'hôtel pour nous annoncer la nouvelle. Il était descendu un peu trop bas et a préféré passer par un autre chemin plutôt que de devoir remonter. Tout est bien qui finit bien, même si le principe de redescendre de la montagne tout en laissant quelqu'un derrière nous nous aura profondément marqué. Et nous continuons à douter de la pertinence des décisions qui ont été prise cet après midi. Le soir venu, nous allons fêter notre dernier jour à San Pedro dans un restaurant qui nous a été conseillé par les guides : les Délicias de Carmen. Au menu, un bel empenada de queso pour démarrer suivi d'un pastel de choclo savoureux pour Laetitia, une sorte de gratin de maïs légèrement sucré et délicieux. Quant à Sébastien, il se laisse tenter par de la langue de bœuf servie fondante et accompagnée de pommes de terres rissolées et d'une farce froide dont la composition restera un mystère. Les assiettes sont succulentes et généreusement servies. Il nous faut chercher au fin fond de notre gourmandise pour trouver un peu de place pour un dessert. En cadeau bonus nous avons le droit à une nuit de 7h de sommeil.

Remplis sous: chili, voyage Commentaires
5Nov/11Off

Les désert de sable du Sud Lipez

Ce n'était pas le bon chemin

40km

La laguna mystèreLa journée démarre bien. Le lieux de bivouac a été bien choisi et nous profitons rapidement des rayons du soleil qui viennent réchauffer la tente. La température est correcte et nous sommes rapidement en ordre de marche. Nous sommes bien motivés, il n'y a pas de vent, il fait beau et ce paysage de western ouvre notre appétit de découverte. Très vite le chemin se perd dans le sable. Le topo indiquait un col à 4300m et le compteur nous indique déjà 4500m. De même il nous indiquait une montée de 2km et nous grimpons de 7km. Les premiers doutes commencent à pointer dans notre tête et les traces de vélos que nous suivons semble de même chercher leur chemin. Au loin quelque chose attire notre attention. Une voiture roule à vive allure sur une route qui semble aller dans la bonne direction. Passer la frustration de réaliser que nous ne sommes probablement pas au bon endroit, nous savons au moins quelle est la direction à suivre. Le chemin est difficile, mais il serpente dans des paysages magnifiques. Nous franchissons de petits canyons secs où l'érosion à donner aux roches des formes étonnantes, le tout à l'ombre de sommets aux cimes enneigées. Il fait bon, il fait beau et les paysages sont beaux. Tout autour de nous conspire à nous faire oublier la difficulté du parcours.

Nous rejoignons enfin la route qui se trouve être en bon état et nous mène rapidement à notre première lagune de couleur gris-bleuâtre à l'aspect de nacre dans laquelle patauge une foule de flamands roses. Le tableau est sympathique, mais l'odeur de vase est prenante. Nous refaisons le plein d’énergie tout en observant les volatiles. Bizarrement nous n'avons toujours pas vu le ballet quotidien des 4x4. Les doutes précédents reprennent de l'ampleur. Après avoir pris plein sud et n'ayant pas vu de trace de 4x4 ni d'autre lagune, nous sommes à présents sûrs de ne pas être dans la bonne vallée. Il est 15h, nous sommes dans le désert et nos réserves d'eau chutent. Nous avions tout bien planifié avec ce topo qui nous lâche. Après l'avoir maudit, nous prenons plein est vers la vallée qu'indiquait le premier topo. Le vent s'est levé et il nous souffle de face. La piste ondule au pied d'un beau volcan. Derrière un des nombreux relief apparaissent soudain des bâtiments vides et déserts. Certains sont en ruines tandis que d'autres sont presque neufs. Un panneau indique que nous nous trouvons au campamento Corina, un projet de tourisme euro-bolivien. Après en avoir fait le tour, nous dénichons en contre-bas un petit cours d'eau claire où nous pouvons faire le plein. Le moral remonte aussitôt. Après avoir rempli les 12l qui nous permettent de tenir un jour et demi nous poursuivons vers l'est en direction des lagunes Canapa et Hedionda.

Derrière un col à 4450m, une étendue blanche et plane se dessine au loin. Serait-ce Canapa ? Nous sommes encore un peu loin pour pouvoir distinguer grand chose. En tout cas le relief qui s'étend sous nos yeux pourrait bien correspondre aux descriptions des topos. Notre route part sur la gauche et rejoins un plateau plus bas. Les traces de 4x4 se font de plus en plus nombreuses. Le vent s'accentue encore et il faut pousser sur les pédales pour atteindre le bout de se petit plateau et découvrir une grande lagune. L'altitude correspond, la direction aussi, mais il faudra attendre d'avoir descendu les chemin qui nous mène au bord pour avoir la preuve. Un panneau indique l'hôtel Los Flamingos, seul hôtel à des kilomètres à la ronde. Plus de doute, nous avons retrouver le chemin. Au final, ce petit détour d'à peine 30 ou 40km nous aura coûté une bonne journée d'effort, à pousser les vélos plus qu'à pédaler ainsi qu'une bonne sueur froide. Reste encore un détail à régler. Il faut trouver un endroit où dormir alors que le vent est puissant et que le paysage manque de relief derrière lesquels s'abriter. Nous allons donc frapper à la porte de l'hôtel qui est connu pour être très cher.

Est ce Canapa ? Le gérant nous annonce une première volée de tarifs qui démarrent à 85$ US par personne, alors qu'un hôtel classique coûte en moyenne 60 à 80 $B pour 2, soit plus de 10 fois moins ! Comme il n'y a personne ce soir, nous finissons par négocier la chambre à 15$ US par personne avec le petit déjeuner. Une belle prouesse pour nous autres qui sommes généralement de piètres négociateurs. Cela reste tout de même de loin la chambre la plus chère depuis notre départ. Mais quel plaisir de prendre une douche chaude après 2 jours de salar et 3 jours de désert. Nous pouvons même utiliser la cuisine. Sébastien sort alors le réchaud qui ne veut pas fonctionner. Après démontage et nettoyage complet, toujours rien. Sur les conseils d'un garçon de l'hôtel, il tente une dernière manœuvre, aspirer un grand coup au niveau de l'arrivée d'essence pour tout décoincer. Pendant ce temps, Laetitia se voit autoriser l'accès à la gazinière et la cuisine reprend son cours. Après quelques époumonages et un léger arrière goût d'essence qui est rincer à l'aide d'une bière locale, le réchaud accepte enfin de fonctionner. Nous nous dirigeons ensuite vers le lit et son énorme couette pour une nuit de repos amplement méritée.

Dans le désert

46km, +700m

Laeti et les vigognesAprès une nuit sous cette couette épaisse et bien chaude ainsi qu'un petit déjeuner frugal pour des cyclistes du désert, nous reprenons la route vers le sud le long des lagunes où les flamands roses patientent à moitié endormis que l'eau dégèle enfin. Nous passons 4 lagunes : Hedionda, Chiar Khota, Honda et Santa Cruz. Passé cette dernière, nous entamons un faux plat montant de sable où rien ne pousse. Les couleurs tout autour se résument à nouveau à des tons d'ocre et de brun. Nous entrons dans une partie vraiment désertique. Nous entamons la montée vers un col à 4650m qui nous prend une bonne partie de la journée. Arrivés en haut nous sommes surpris par le paysage. A perte de vue s'étendent des dunes de sable. Une autre surprise nous attend. Des reste de glace subsistent de ci de là alors que la température est autour de 23°C. Ces petits blocs de quelques dizaines de centimètres de haut sont sculptés par le vent et résistent étonnamment aux chaleurs de la journée.

Tiens, du sable A la descente du col Sébastien fait une petite pause réparation pendant que Laetitia part en quête d'eau dans un hôtel tout proche. En effet, ce matin nous avons constaté des trous dans le pneu arrière et la chambre à air qui tentait de s'y faufiler. Puis nous repartons sur un plateau tout aussi désertique qu'avant le col. Bien que le terrain ne semble pas si difficile, nous avançons lentement dans tout ce sable. En fin de journée nous arrivons à une formation rocheuse à l'abri de laquelle nous posons notre tente, sous l’œil de viscachas curieux. La température descend vite une fois le soleil couché. Dernière surprise de la journée, le réchaud refuse catégoriquement de fonctionner. Après avoir tenté près d'une heure les mêmes manipulations qu'hier soir, nous finissons par nous résigner. Nous ouvrons une boîte de sardines que nous accompagnons de pain et en dessert un bol de céréales. Nous nous couchons le ventre plein, mais regrettons le plat de féculents que nous avions prévu ainsi que la casserole d'eau chaude pour se laver.

Nous fîmes feu de tout bois

59km, +500m, -300m

Le bivouac providentielAprès une nuit fraîche, nous nous réveillons à l'aube par -4°C et une tente couverte de givre. Ça faisait 2 semaines que la tente était sèche tous les matins. La surprise est donc de taille. En sortant de la tente, Laetitia se souviens d'avoir vu un tas de branches non loin et nous louons la personne qui a eu l'amabilité de nous préparer tout ça. Nous allumons donc un feu pour pouvoir démarrer la journée avec un bon thé bien chaud. La température reste assez basse, le feu providentiel nous réchauffe donc en plus les os. Le démarrage du vélo s'effectue sur une route assez propre. Nous arrivons même à atteindre les 20km/h, une éternité que ça ne nous était pas arrivé. Heureusement les choses reviennent vite à la normale et nous retrouvons régulièrement quelques bancs de sable et un peu de tôle ondulée. Nous évoluons dans un paysage de dunes de sable aux couleurs variées, tantôt jaunes, tantôt oranges ou rouges. Finalement la température se met à augmenter et il fait très vite 23°C. Nous croisons un 4x4 qui s'arrête à notre hauteur. Un jeune homme en sort et se précipite vers nous.
"Vous êtes français ?
_ Oui
_ Vous savez qui a gagné ?
_ Gagné quoi ... ? Ah oui le rugby!
_ Oui, les français étaient en final hier soir
_ C'est vrai que c'est en ce moment ...
_ Vous savez qui a gagné alors ?
_ Nous ne savions même pas qu'il étaient en final."
L'arbol de piedra
Il repart donc sans sa réponse. Nous n'étions pas les bonnes personnes à qui demander. Sébastien espère que les bleus ont gagné pour pouvoir faire le malin lorsque nous iront en Nouvelle Zélande. Nous poursuivons ensuite vers le fameux Arbol de Piedra que nous avons pour nous tout seul. Contrairement aux photos que nous avions vu et l'idée que nous nous en étions fait, il n'est pas tout seul au milieu du désert mais en périphérie d'un site d'où émergent d'autres formations rocheuses. Cette pierre n'en reste pas moins étonnante et porte bien son nom avec sa base étroite qui supporte une masse plus important au dessus, à la manière d'un arbre et de ses branches. Contrairement aux jours précédents, la piste est suffisamment bonne pour que nous avancions à bonne allure. Nous arrivons sur le coup de midi à la laguna colorada, un record pour nous dans cette région. Au niveau de la lagune débute une réserve nationale pour laquelle l'entrée est payante. Sur notre topo de 2009, le tarif était de 30$B. En 2010, le prix à augmenté et est passé à 150$B. Nous n'avions pas du tout prévu cette dépense et nos stocks de bolivianos se trouvent être insuffisants. Nous nous retrouvons donc à la boutique du village attenant pour changer quelques dollars. Pas facile de connaître le taux de change ici et la propriétaire des lieux se montre particulièrement méfiante à notre égard. Après moult discussions, nous parvenons à un taux de 6.5 au lieu de 6.91 à La Paz. Comme elle n'est toujours pas sûre et à peur que nous cherchions à l'entourlouper, elle s'en va demander des conseils dans le village. Manque de chance pour elle, tout le monde lui annonce un taux autour de 6.80. Nous parvenons donc finalement à acheter quelques bricoles et à payer l'entrée du parc après que le gardien ait consenti à nous offrir un des billet au tarif des locaux.

La laguna colorada offre vraiment une vue surréaliste avec ses flamands roses, son eau mauve, ses berges vertes et ses quelques roches blanches. Ce paysage extraterrestre est dû à aux nombreux composants chimiques présents dans l'eau qui ont favorisé le développement d'une foule de micro-organismes qui donnent toutes ces Par contre, la route qui la borde et que nous remontons sur 17km est l'une des pires qui soient. Nous mettons 2h30 sur cette piste pourtant plate et nombreuses sont les occasions où nous sommes forcer de pousser les vélos. Après la route de ce matin, nous retrouvons les conditions plus classiques du Sud Lipez. S'en suit une montée vers un col à 4600m, soit 300m à gravir en 7 kilomètres. Cette fois la piste est bonne, mais c'est la pente qui se charge de nous ralentir. Avant d'atteindre le col, nous trouvons un endroit pour poser la tente, puis Sébastien se charge de la cuisine au feu de bois avec le reste des branches que nous emportées du bivouac précédent. Auprès des flammes, la température est bien supportable et on peut en profiter pour contempler le ciel étoilé tout en gardant un oeil sur le foyer. Il n'y a pas à dire, une bonne plâtrée de pâtes est plus sympathique qu'une conserve de sardines.

En plein vent

77,5km, +980m, -1100m

Salar de ChalviriQue de froid ce matin. Un petit vent glacial souffle déjà et nous nous disputons la plqce auprès du feu. Le petit déjeuner est vite avalé et nous nous mettons en route pour finir la montée entamée la veille. La pente commence assez raide ce qui nous permet au moins de nous réchauffer rapidement. Par contre, le vent qui nous avait habitué à n'arriver qu'en fin de matinée est déjà coriace et de face. Pour arriver en haut du col, qui se situe aux alentours de 4900m, nous mettons un bon moment et dépensons une belle énergie. À cette altitude un désert de pierres rouges à remplacé le désert de sable. Dans ce paysage monotone nous ne traînons pas et entamons aussi sec la descente vent dans le dos. Au passage nous croisons un engin de chantier qui est là pour améliorer la route. Au final, il l'aplanit certes, mais la rend toute molle, faisant ressortir les cailloux. Un régal pour les voitures mais pas pour les vélos. La descente nous amène vers le Salar de Chalviri tout en couleurs. Contrairement au Salar d'Uyuni, il est tout humide. L'eau hésite entre le vert et le bleu turquoise et dans l'eau se nourrissent quelques flamands roses. Un bien joli tableau après cette demi journée de roches rouges. Au bout du salar se trouvent des thermes. Nous décidons de pousser jusque là malgré la faim. Arrivés sur place il y a déjà une trentaine de 4x4 et le bassin grouille de monde. Mais le temps de manger tranquillement nos sandwichs, tout ce petit monde se remet en route, nous laissant l'eau pour nous tout seul. La température de l'eau est exquise, sans doute autour de 35°C et nous prenons un grand plaisir à traîner un peu dans le bassin quelques minutes. L'idée de se débarrasser d'une partie de la crasse accumulée depuis la dernière douche est bien sympathique aussi. La sortie du bain est un peu plus délicate avec le vent frais. Un couple de français nous annoncent que le col est très venteux. Nous nous relançons donc sur nos vélos délassés mais un peu soucieux de ce qui nous attend.

Vers le dernier colEn effet le vent est là et bien là. Nous nous approchons du désert de Dali en essuyant régulièrement des rafales de sable. Ce désert est une petite poche de sable jaune au milieu d'un grand désert rouge-orangé d'où émergent quelques roches déformées par le vent. Il n'y manque plus que quelques horloges fondues et le tableau serait parfait. Nous avons tout le loisir de l'observer car le vent qui nous arrive de face nous empêche quasiment d'avancer. La pente se raidit pour l'ascension du 2e col de la journée qui monte à 4730m et nous filons à l'allure extravagante de 4 ou 5 km/h. Quand nous arrivons à tenir sur le vélo car il faut souvent poser le pied à terre à cause de la couche de gravier. Nous atteignons le col autour de 18h. 16km de descente nous séparent du refuge et il fait nuit dans 1h. Nous décidons de tenter notre chance quand même. La route est assez bonne au début, mais ce maudit vent nous accompagne toujours. Nous apercevons la Laguna Blanca au loin alors que le jour diminue fortement. Au final lorsque nous arrivons enfin à proximité des lagunes, il fait nuit noire et nous ne voyons aucun signe de refuge. Nous décidons alors de poser la tente. Tanpis pour la douche chaude, tanpis pour le repas chaud. Nous nous contentons une nouvelle fois de pain, de sardines et de biscuits avant de nous glisser dans les duvets.

Vers San Pedro

62km, +400m, -2100m

Ça cailleL'intérieur de la tente brille des premiers rayons du soleil. Il est 5h30 et notre respiration crée des panaches blancs épais. Un coup d'oeil sur le thermomètre. Il annonce -9°C. Les bouteilles d'eau sont dures comme du béton et il nous faut une bonne dose de motivation pour nous extirper du duvet. Heureusement la température monte rapidement et le temps de finir le rangement de l'intérieur de la tente il fait déjà un bon -4°C. Dehors par contre il fait encore -9°C et les doigts et autres orteils sont mis à rude épreuve. Nous voyons enfin l'endroit où nous nous sommes posés entre 2 routes qui heureusement sont encore peu fréquentées ce matin. Pas de vue sur la lagune par contre. En même temps, de nuit ça n'aurait rien changé. Nous partons en direction de ce refuge que nous n'avons pas réussi à atteindre. il restait 5km, un peu trop pour les faire par une nuit lipézienne. Aussitôt arrivés, nous demandons un guide pour l'ascension du Licancabur. Pas de souci, départ demain matin à 5h. Hmm hmm, nous serions bien partis à l'assaut du sommet maintenant. La perspective d'attendre ici toute une journée suffit à nous faire renoncer à cette ascension. Après un petit déjeuner et une soupe de pâtes pour Sébastien, nous prenons la direction de la frontière, laissant derrière nous les lagunes.

Le poste frontière bolivien est perdu au milieu des sables. Dès notre arrivée le ton est donné, pas de bonjour mais un "quinze bolivianos !" On rétorque que c'est la première fois que nous avons besoin de payer à une frontière bolivienne. A cette simple contestation, le policier s'énerve instantanément. "On ne vient pas ici pour poser des questions. C'est la dernière fois que vous mettez les pieds dans mon pays. Dégagez d'ici !" Il tamponne nos passeport et nous somme de quitter les lieux sur le champ sur un ton menaçant. Voilà une belle façon de terminer le séjour dans le désert. Nous reprenons donc la route, mais cette fois-ci en territoire chilien. Il faut grimper quelques dizaines de mètres encore avant de se lancer sur la belle descente asphaltée de 45 kilomètres vers San Pedro de Atacama. Nous dévalons la pente avec plaisir sous les flash de photo de quelques routiers intrigués. La température monte en flèche et s'arrête à 44°C alors que nous traversons une zone de désert où les panneaux indiquent "campo minada", nous invitant gentiment à ne pas sortir de la route.

Puis vient l'arrivée au poste frontière chilien. Cette fois-ci notre timing est meilleur. Nous arrivons vers 14h, le douanier vient de terminer sa pause déjeuner. Le contrôle sanitaire est lui aussi rapidement expédié, nous laissant l'accès à cette oasis qu'est San Pedro. Le charme des murs blancs et des rues en terre brune agit rapidement sur Laetitia. Après avoir déposé nos affaires à l'hôtel nous filons manger. Vue sur le LicancaburSan Pedro est une ville très touristique et ses tarifs nous changent de la Bolivie. Par contre le service est largement à la hauteur et nous nous régalons d'un menu de légumes et de jus de fruit frais après nos 2 semaines de pâtes et autres sandwichs au thon. Malgrès les airs de vacances à la plage et l'invitation à nous la couler douce, nous partons trouver une agence pour reserver des ascension de volcans. Nous choisissons de faire le Lascar demain. S'en suit une tentative de gros nettoyage de tout le sable et du sel que nous avons ramener du désert, mais qui se trouve écourtée par les protestations furieuses de la propriétaire de l'hôtel qui n'avait pas compris que nous souhaitions nettoyer autant de choses d'un coup et qui a dû relancer une seconde fois la machine à laver contenant notre linge tellement il était sale. Nous allons finir la soirée dans un restaurant bondé à l'ambiance chaleureuse avec ses cheminées et sa clientèle braillarde. Nous allons jusqu'à nous laisser tenter par une bouteille de vin chilien pour accompagner notre bonne humeur du soir avant d'aller nous reposer 4 ou 5h en attendant l'arrivée du guide pour l'ascension du lendemain.

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5Nov/11Off

Dans les déserts de sel de la Bolivie

Le retour en Bolivie : du sable au sel

Thermes d'Enquelga Cette nuit à était particulièrement venteuse et le vent sournois a réussi à infiltrer pas mal de sable et de poussière dans la tente. Nous reprenons la route en direction des termes d'Enquelga. En chemin nous apercevons au loin 4 ou 5 autruches, qu'on appelle "suri" dans le coin. Le panneau que nous avions vu le 1er jour n'était donc pas une blague. Il y en a bien. Par contre elles sont peu nombreuses et très farouches. Elles commencent par détaler , puis lorsque que nous nous approchons un peu plus, elles s’assoient dans les arbustes et nous ne les voyons plus. Arrivés aux thermes nous en profitons pour dépoussiérer un peu quelques affaires, nous tremper les pieds dans cette qui n'est pas si chaude que ça et manger un paquet de biscuits bien appréciable. Puis nous partons en direction de Colchane où nous attend la frontière bolivienne. Quelques kilomètres avant d'y arriver nous tombons sur un tronçon de bitume flambant neuf, pile poil dans la direction du vent : un régal.

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4Nov/11Off

Dans les parcs désertiques du Chili

L'arrivée au Chili

Volcan SajamaLa journée commence par une pointe de stress. Levés à 4h30 pour attraper un taxi à 5h qui doit nous emmener à la station de bus pour 6h, nous sommes sur le pied de guerre mais le fameux taxi arrive avec 30 minutes de retard, soit a peu près la marge que nous avions pour ne pas rater le bus. Nous arrivons au final à la dernière minute et chargeons en vitesse les vélos avant le démarrage. Il fait gris sur Lima, mais très vite le ciel se dégage le long de la route, les paysages s'assèchent et les montagnes alentour se parent de multiples couleurs.

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